(BFM Bourse) - L'indice vedette parisien termine en forte baisse, sous les 8.000 points, ce vendredi 15 mai ployant sous les tensions sur le marché obligataire, liées aux craintes sur l'inflation.
La Bourse de Paris termine la semaine dans les cordes. Son indice phare, le CAC 40, clôture cette séance du vendredi 15 mai en forte baisse, de 1,60% à 7.952,55 points.
Sur la semaine, il abandonne près de 2%, 1,97% pour être précis.
La séance du jour a notamment été caractérisée par de vives tensions sur les marchés obligataires. Les dernières statistiques d'inflation publiées cette semaine aux Etats-Unis ont alimenté ces craintes. En Asie, les dernières données sur l'inflation en Corée du Sud et au Japon ont montré que les pressions sur les prix se sont généralisées et intensifiées en avril.
"Si les mesures prises par les gouvernements pour contenir la hausse des prix devraient se poursuivre, les banques centrales devraient réagir en relevant leurs taux d'intérêt afin de limiter les répercussions de la flambée des prix mondiaux de l'énergie", explique Min Joo Kang, économiste senior chez ING.
Les taux d'emprunt grimpent
Le rendement de l'obligation japonaise à 30 ans a dépassé la barre des 4% pour la toute première fois depuis son lancement en 1999, tandis que le taux à 20 ans a atteint son niveau le plus élevé depuis 1996.
Ces pressions sur les taux s'observent aussi en Europe et aux États-Unis. Le taux du titre de dette à 10 ans des États-Unis est à 4,59% actuellement sur le marché secondaire (là où les investisseurs s'échangent entre eux les titres). Le taux à même échéance pour l'Allemagne se tend à 3,116% actuellement.
Du côté de la France, le rendement de l'obligation assimilable du Trésor (OAT) à 10 ans se tend à 3,96%. La hausse est encore plus importante du côté du Royaume-Uni, où le taux sur le "Gilt" à 10 ans s'établit à 5,18% au plus haut depuis la crise financière de 2008, alors que le pays est en proie à une grave crise politique qui secoue l'exécutif.
Les cours du pétrole restent fermes, attisant les craintes sur l'inflation et la croissance. Le contrat de juillet sur le Brent de mer du Nord reprend 3,2% à 109,11 dollars tandis que celui de juin sur le WTI coté à New York rebondit de 3,7% à 104,93 dollars le baril.
Des accords "fantastiques"
Aucune issue ne semble se dessiner au conflit en Iran qui s'apprête à rentrer dans sa douzième semaine. L'absence d'avancées concrètes lors de la rencontre entre les dirigeants des États-Unis et de la Chine entame aussi le moral des marchés.
Selon un analyste cité par Reuters, les marchés jugent ce sommet "stratégiquement rassurant, mais décevant sur le fond", avec peu de résultats concrets.
Ce qui n'est pas l'avis de Donald Trump qui revendique "des accords commerciaux fantastiques, excellents pour nos deux pays".
Du côté des valeurs, Exail Technologies a cédé 3,8%, après avoir annoncé la cession de son activité "automation", dédiée à l'aéronautique. Exail Technologies explique que cette branche présentait des synergies limitées avec ses activités principales de robotique maritime et de systèmes de navigation.
Sur le marché des changes, l'euro recule de 0,3% face au billet vert à 1,1624 dollar.
