(BFM Bourse) - L'indice parisien a ouvert en nette baisse, ce lundi 2 mars alors que les opérateurs de marché tentent tant bien que mal d'évaluer les conséquences des frappes en Iran du week-end.
Début de semaine sous haute tension pour l'ensemble des places boursières mondiales. Le CAC 40 a débuté la séance en nette baisse, perdant 2% vers 9h05 à 8.408,27 points, ce lundi 2 mars, alors que les investisseurs doivent décortiquer l'ensemble des informations du week-end autour des frappes en Iran.
Les États-Unis et Israël ont lancé dans la nuit de vendredi à samedi l'opération "fureur épique" contre le pays, avec notamment la mort du guide suprême iranien Ali Khameini, samedi. L'Iran de son côté enchaîne plusieurs frappes contre ses voisins du Golfe en réponse aux raids américano-israéliens.
"Compte tenu de l'ampleur des représailles iraniennes, de l'issue incertaine du conflit et des incertitudes entourant la succession après la mort de Khamenei, nous pensons que les marchés pourraient continuer à évoluer de manière défensive à court terme" face à ce conflit, écrit Barclays.
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Questions autour du détroit d'Ormuz
"La situation reste très instable et la durée du conflit est incertaine, avec des risques potentiels pour l'approvisionnement énergétique, le fret maritime dans le détroit d'Ormuz, le transport aérien et le tourisme", poursuit la banque.
Comme le souligne Deutsche Bank, le trafic des tankers dans le détroit d'Ormuz, par lequel transite normalement l'équivalent de 20 millions de barils par jour de pétrole (environ 20% de la consommation mondiale) est actuellement à l'arrêt.
Si le détroit n'est pas officiellement fermé, l'Iran a attaqué trois navires durant le week-end, ajoute Deutsche Bank.
En conséquence, le pétrole flambe, le marché redoutant de nombreuses perturbations sur l'offre d'or noir. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord, référence internationale des prix du pétrole, prend 9,8% à 79,57 dollars le baril.
"Dans l'état actuel des choses, nous pensons que le Brent pourrait atteindre 100 dollars le baril, alors que le marché est confronté à la menace d'une éventuelle perturbation de l'approvisionnement dans un contexte d'escalade de la situation sécuritaire au Moyen-Orient", écrit Barclays.
Une issue incertaine
L'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et ses alliés (Opep+) ont, face à ces risques, annoncé une augmentation de leur production de 206.000 barils par jour à compter d'avril.
Deutsche Bank cite par ailleurs un article du New York Times qui aurait un tantinet rassuré les marchés. Selon cet article, "Trump a déclaré qu'il était disposé à lever les sanctions contre l'Iran si ses nouveaux dirigeants se montraient pragmatiques, tout en précisant que les États-Unis pourraient poursuivre leur campagne contre l'Iran pendant "'quatre à cinq semaines'", explique Deutsche Bank.
"Les États-Unis étant peu susceptibles d'envoyer des troupes sur le terrain, il n'est pas certain qu'un changement complet de régime soit possible et son issue serait hautement imprévisible, ce qui soulève naturellement la question de savoir si une solution négociée peut encore être trouvée", ajoute la banque allemande.
Face à ce regain de tensions, l'or grimpe, prenant 2,43% à 5.407 dollars l'once.
