(BFM Bourse) - L'indice parisien clôture en repli ce jeudi 10 septembre, encaissant à la fois la hausse des prix de l'or noir, la décision de la BCE sur ses taux et les tensions sur le marché obligataire.
En légère hausse à la mi-journée, la Bourse de Paris a basculé dans le rouge après le rendez-vous de la semaine en Europe. Comme prévu, la Banque centrale européenne a relevé, cet après-midi, ses taux de 25 points de base (0,25 point de pourcentage), portant le taux de dépôt à 2,50%.
Mais ce sont surtout les commentaires de sa patronne Christine Lagarde sur les perspectives d'inflation qui ont crispé les investisseurs, et le CAC 40 qui a encore rendu 0,49% à 8.116,76 points.
La BCE garde la porte ouverte
L'institution pointe le conflit au Moyen-Orient comme moteur principal des tensions inflationnistes et concède que l’inflation "devrait rester largement supérieure à l’objectif pendant une période prolongée". L’inflation de la zone euro a atteint 3,3% en août et devrait rester nettement supérieure à l’objectif de 2% pendant une période prolongée.
"Après une première hausse préventive, la décision d’aujourd’hui reflète la menace d’une inflation plus persistante. Le conflit prolongé impliquant l’Iran a poussé le Brent au-dessus de 100 dollars le baril, ravivant les craintes inflationnistes et conduisant la BCE à relever ses prévisions d’inflation pour l’année", avance Nicolas Forest, CIO de Candriam.
Les prévisions d’inflation et de croissance ont en effet été largement revues par rapport aux prévisions de juin : l’inflation à la hausse pour 2027 et 2028 et la croissance à la baisse pour 2026 et 2027.
"La décision prise aujourd'hui par la BCE, ses prévisions et sa conférence de presse confirment notre anticipation d'une nouvelle hausse du taux directeur. Nous continuons de tabler sur une prochaine hausse en décembre et constatons un risque croissant de resserrement monétaire au-delà de cette date", remarque Christian Schulz, chef économiste d'AlianzGI.
Pour Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour etoro, le ton de Christine Lagarde est resté ferme sur l’inflation, prudent sur la croissance et volontairement ouvert sur la suite, dans le but de ne pas effrayer les marchés financiers, qui restent sur plusieurs séances de baisses consécutives.
Les cours du pétrole continuent en effet leur ascension ce jeudi 10 septembre alors que le conflit au Moyen-Orient s'étend et continue d'entraver la navigation maritime dans la région du Golfe.
Le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en octobre, gagne 5,6% à 101,55 dollars, au plus haut depuis mai. Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en novembre, progresse de 5,7% à 106,83 dollars.
Les prix à la production aux États Unis ont accéléré en août à +5,4% sur un an contre +4,8% en juillet, en raison des coûts énergétiques. Ces craintes liées à l'inflation ont poussé le taux d'intérêt de la dette publique des Etats-Unis à 4,92%, son plus haut niveau depuis 2023.
Course de petits chevaux pour L'Oréal et LVMH
L'Oréal (-1,6%) et LVMH (-1,2%) se disputent la place de première capitalisation boursière à Paris. La veille en fin de séance, le groupe de cosmétiques avait récupéré la couronne au détriment du propriétaire de Louis Vuitton qui l'a reprise depuis...
Du côté des petites et moyennes capitalisations, Carvolix a gagné 3,9% après avoir déposé le dossier réglementaire européen de son logiciel Tavipilot, en vue d'obtenir un marquage CE d’ici fin 2026.
Sur le marché des changes, l'euro est en légère baisse de 0,1% face au billet vert à 1,1627 dollar.
