Connexion
Mot de passe oublié Pas encore de compte ?

AIR FRANCE-KLM

AF - FR0000031122 SRD PEA PEA-PME
1.176 € -3.25 % Temps réel Euronext Paris

Air france-klm : Pourquoi le plan stratégique de Ben Smith pour Air France-KLM peine à convaincre le marché

mercredi 6 novembre 2019 à 16h40
Le plan stratégique de Ben Smith a été fraîchement accueilli par le marché

(BFM Bourse) - En dépit du retour du versement des dividendes dès 2022 et d'objectifs financiers ambitieux, le plan stratégique à horizon 2024 dévoilé mardi par le PDG canadien de la compagnie franco-néerlandaise s'est traduit par un repli du titre Air France - KLM de près de 6%. Le marché craint notamment que l'ampleur des investissements annoncés (20 milliards d'euros sur cinq ans) ne permette pas au groupe de générer suffisamment de cash avant 2023-2024.

Le nouveau plan de vol d'Air France - KLM pour les cinq prochaines années n'a pas convaincu le marché. Dévoilé mardi matin par le DG canadien de la compagnie Benjamin Smith, qui a succédé à Jean-Marc Janaillac à la tête du groupe en juin 2018, ce plan stratégique a été fraîchement accueilli, le titre bouclant la séance sur un repli de 5,68%. Mercredi au lendemain de cette présentation, le cours d'Air France-KLM reprenait 1,65% à 10,13 euros, un regain encore loin de combler le recul de la veille.

Ben Smith a pourtant pris soin de brosser les investisseurs dans le sens du poil en annonçant la reprise -tant attendue- du versement de dividendes, suspendu depuis 2008. Lors d'une conférence avec des analystes, le directeur général adjoint en charge des Finances d'Air France - KLM, Frédéric Gagey, a indiqué que le groupe devrait être en mesure de verser un dividende "dès que le résultat opérationnel dépassera 1,9 milliard d'euros" visant à un taux de distribution d'au moins 25% du bénéfice sous-jacent après impôts.

En termes d'objectifs financiers, la compagnie franco-néerlandaise vise "à moyen terme" une marge opérationnelle de 7 à 8%, quand les analystes tablent sur 4% pour l'exercice en cours. Pour ce faire, Ben Smith entend redresser la rentabilité du groupe, de 25 et 50% inférieure à celle de ses concurrents européens comme IAG, la maison-mère de British Airways. D'ici à 2024, le dirigeant souhaite également porter le résultat opérationnel à 2,5 milliards d'euros, contre 1,15 milliard d'euros attendu en 2019 par le consensus de place. Ben Smith compte pour cela augmenter le résultat opérationnel d'Air France de 900 millions sur les 5 prochains exercices, celui de KLM de 250 millions d'euros et celui de sa filiale à bas coûts Transavia de 100 millions d'euros également. Le solde de 100 millions proviendrait de synergies additionnelles.

Ces objectifs ambitieux, s'ils sont atteints, permettraient à Air France-KLM de financer les 20 milliards d'euros d'investissements prévus au cours des cinq prochains exercices. Afin de tenir cet objectif, le transporteur aérien s'engage à réduire ses coûts unitaires (mesuré en équivalent siège kilomètre offert, à prix du kérosène et changes constants) de 1% par an jusqu'en 2024.

Cette réduction passe entre autres par le renouvellement et la diminution de la flotte, qui dépasse aujourd'hui 500 avions. Pour rappel, Air France-KLM a déjà inscrit une charge de 100 millions d'euros dans ses comptes en raison de la sortie de l'A380 de sa flotte d'ici à 2022. Pour remplacer ce très gros porteur -dont Airbus va cesser la production- Air France va faire un choix dans les prochaines semaines, entre l'A350 du constructeur aéronautique européen et le 787 de Boeing. "C'est le bon moment pour acheter des avions long-courriers", a jugé Ben Smith.

Toujours dans le cadre de son plan à cinq ans, Air France-KLM veut simplifier son portefeuille autour de ses trois principales marques -Transavia outre Air France et KLM- après avoir fermé plus tôt cette année sa filiale low-cost Joon et réduit son autre filiale Hop à une déclinaison régionale baptisée "Air France Hop", à l'instar de KLM Cityhopper en déclinaison de la marque néerlandaise.

Enfin, si le groupe a renoncé en septembre à reprendre Aigle Azur, l'une des victimes de la vague actuelle de faillites dans le secteur aérien (avec Thomas Cook et XL Airways), Air France-KLM "envisagera les opportunités de consolidation de façon pragmatique", a dit le groupe mardi.

Un marché difficile à contenter

Plusieurs éléments de ce plan stratégique ont soulevé des questions chez les investisseurs. Selon un trader, qui s'est confié à Reuters, l’un des motifs de déception vient du fait que le retour du dividende ne devrait pas se matérialiser avant 2022, si l'on s'en tient aux perspectives de progression du résultat opérationnel avancé par Air France-KLM.

Pour Rishika Savjani, analyste en charge du dossier chez Barclays, "si la stratégie du groupe concernant sa marge opérationnelle est à la fois limpide et impressionnante, ces prévisions ont été établies hors effets de changes potentiels, évolution du prix des matières premières et du contexte macroéconomique". Le secteur aéronautique étant particulièrement volatil, "le chemin tracé par le groupe vers l'amélioration de la rentabilité est donc encore à risque" ajoute-t-elle.

La spécialiste a également été surprise par le montant des dépenses d’investissements annoncé par Ben Smith. "Avec un capex de 4 milliards d'euros par an, les flux de trésorerie disponible devraient rester négatifs au moins jusqu'en 2023" estime-t-elle. "Compte tenu de l'avancement actuel du cycle économique, et de la situation du secteur, la forte hausse des dépenses d'investissements peut constituer une source d'inquiétude pour les investisseurs, et nous pensons que c'est cet élément en particulier qui a tiré le cours de l'action vers le bas" mardi, conclut Rishika Savjani.

Du côté de Berenberg, Adrian Yanoshik soulève également ce sujet des dépenses d'investissements. "Très clairement, ce chiffre de 4 milliards d'euros par an a effrayé certains investisseurs... mais c'est injustifié" selon l'analyste. Nombre des ses confrères "s'attendaient visiblement à un chiffre nettement en-deçà" de celui annoncé. Toutefois, précise le spécialiste, Air France-KLM a passé une commande pour 60 A220 fin juillet dernier, ce qui allait de toute façon mécaniquement porter ses dépenses à un minimum de 3 milliards d'euros par an à compter du prochain exercice, selon les estimations du broker allemand.

Autre son de cloche chez Yan Derocles, analyste qui suit le dossier pour Oddo BHF. Interrogé par La Tribune, le spécialiste juge que la principale crainte des investisseurs est d'ordre sociale, et qu'il existe "un risque pour que l'amélioration des résultats soit récupérée par les syndicats". Ce qui justifie, selon lui, la chute de près de 6% enregistrée par le titre Air France - KLM mardi. "Le plan est crédible", explique-t-il, "mais en raison de l'historique des grèves à Air France, les investisseurs anglo-saxons estiment que la marque française n'est pas à l'abri des conflits sociaux".

Après une série de grèves qui ont coûté 335 millions d'euros au groupe en 2018, le climat social s'est pourtant apaisé sous la direction de Ben Smith. Le dirigeant canadien a en effet conclu, en janvier dernier, des accords salariaux avec les pilotes qui ont certes augmenté le coût de la main d'oeuvre d'environ 4% mais doivent également conférer au groupe une plus grande agilité opérationnelle.

Quentin Soubranne - ©2022 BFM Bourse
Vous suivez cette action ?

Recevez toutes les infos sur AIR FRANCE-KLM en temps réel :

Par « push » sur votre mobile grâce à l’application TradingSat Bourse


Par email

Votre avis
TradingSat
Portefeuille Trading
+315.70 % vs +21.28 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

Newsletter bfm bourse

Recevez gratuitement chaque matin la valeur du jour sélectionnée par Logo TradingSat