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Marché : BNP Paribas, Stellantis, Engie, Accor, Danone… Voici les valeurs préférées en Bourse d'UBS pour faire face au conflit au Moyen-Orient dans les prochains mois

Aujourd'hui à 07:00
BNP Paribas fait partie de la sélection d'UBS

(BFM Bourse) - Alors que le conflit au Moyen-Orient provoque une énorme période d'incertitude pour le marché, la banque suisse a listé ses actions préférées par secteur pour faire face aux incertitudes dans les trois à six prochains mois.

En l'espace d'un mois, les marchés actions ont dégringolé. Sur le seul mois de mars, le CAC 40 a chuté de 8,9%, le S&P 500, indice principal de Wall Street, a abandonné plus de 5%.

Avec l'éclatement de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran et l'envolée des cours des hydrocarbures, un climat d'aversion au risque a malmené les indices mondiaux. Les investisseurs redoutent un scénario de "stagflation", dans lequel la hausse des prix de l'énergie provoquerait à la fois une inflation galopante et un décrochage de la croissance chez les pays développés.

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"Choc stagflationniste"

"Face à un choc stagflationniste, il y a en général peu de protection", expliquait début mars à BFM Bourse Vincent Juvyns, responsable de l'investissement chez ING Belgium.

Dans une note publiée lundi, UBS explique que les perturbations dans le détroit d'Ormuz (par lequel transite l'équivalent de 20% de la consommation mondiale quotidienne de pétrole et de gaz naturel liquéfié), si elles ne durent pas plus de deux mois, auraient un impact limité sur la croissance mondiale de 0,4 point de pourcentage. Mais "un choc prolongé" pourrait être bien plus sévère, retranchant 1,4 point de pourcentage, prévient l'établissement helvétique.

Dans ce contexte, la banque a tenté de discerner quelles actions européennes sont les plus à même de résister à la tempête, secteur par secteur. Pour cela, "nous avons demandé à chacune de nos équipes sectorielles d'identifier, au sein de leur secteur, les titres qu'elles estimaient les plus sûrs à détenir à un horizon de trois à six mois, compte tenu de l'incertitude actuelle", explique l'établissement.

Par exemple, UBS a retenu l'irlandais Ryanair dans le secteur des transports, le britannique Tesco dans la grande distribution, le néerlandais ASML dans les semi-conducteurs ou encore Roche chez les groupes pharmaceutiques.

Au total, une quarantaine d'actions ont été choisies par UBS. Nous nous concentrons, dans cet article, sur les titres cotés à la Bourse de Paris, mais avons dressé la liste complète à la fin du papier. Les actions françaises constituent un important contingent dans la sélection de l'établissement suisse, avec onze titres. Tour d'horizon.

Stellantis parti pour rebondir aux États-Unis?

Le constructeur italo-américano-français est l'une des deux valeurs mises en avant par UBS dans l'automobile, avec le pneumaticien allemand Continental.

En raison notamment de l'annonce de la remise à plat de sa stratégie dans le véhicule électrique, qui s'est traduite par une perte annuelle de 22,3 milliards d'euros pour le groupe, Stellantis prend le bouillon en Bourse. Le constructeur chute de 30% depuis le 1er janvier, accusant la plus forte baisse du CAC 40.

UBS estime que la valorisation du groupe s'avère attrayante alors que Stellantis devrait redresser les performances de la région Amérique du Nord, la zone la plus importante et la plus rentable du groupe.

Ce grâce aux lancements récents ou à venir de nouveaux produits, comme des "muscle cars", des voitures équipées de gros moteurs très puissants et dont les Américains sont très friands.

"Des décisions stratégiques plus importantes sont également attendues concernant les activités européennes déficitaires, qui pourraient se traduire par un renforcement de la collaboration avec les constructeurs chinois", ajoute UBS.

"La journée dédiée aux investisseurs du 21 mai constituera un catalyseur majeur. Dans l'intervalle, nous tablons sur un retour à une marge d'exploitation positive en Amérique du Nord avec les résultats du premier trimestre", anticipe la banque suisse.

BNP Paribas avec une valorisation attrayante

Dans les banques, deux titres ont les faveurs d'UBS, à savoir la néerlandaise ABN Amro et la française BNP Paribas. En raison de l'incertitude liée au litige soudanais, la valorisation de l'établissement de la rue d'Antin évolue à la casse.

UBS estime que les multiples de valorisation sont trop bas pour passer à côté de l'opportunité, car les fondamentaux de BNP Paribas demeurent solides. Le titre ne s'échange que 6,4 fois les bénéfices attendus en 2027, alors que la banque devrait présenter à ses actionnaires un taux de distribution (rachats d'actions, dividende) de plus de 10% à l'avenir.

L'établissement suisse pense que la banque convaincra progressivement le marché qu'elle peut atteindre un ratio de solvabilité de CET 1 (qui rapporte le capital à l'encours pondéré des risques) de 13% en 2027 et qu'elle rendra l'excédent de capital au-delà de cette cible à ses actionnaires. Ce qui permettra de déclencher un "re-rating", c'est-à-dire une réappréciation de ses multiples boursiers, anticipe la banque helvétique.

UBS juge par ailleurs que la division de banque de financement et d'investissement (BFI) de BNP Paribas et sa filiale de financement automobile de longue durée, Arval, constituent des moteurs de croissance de long terme.

Air Liquide ou l'éloge de la résilience

UBS vante la résilience du spécialiste des gaz industriels Air Liquide, valeur chérie des petits porteurs (33% d'actionnaires individuels à son capital, pour un total de plus de 900.000).

"Nous estimons que le caractère défensif du modèle économique du secteur des gaz industriels permet à Air Liquide de préserver ses marges, même en période de récession", écrit UBS.

La banque suisse pense que la croissance de la société devrait se situer autour de 4,6% par an en données comparables d'ici à 2028. Elle s'attend également à ce qu'Air Liquide accroisse sa marge opérationnelle de 0,8 point de pourcentage par an entre 2026 et 2030, réduisant ainsi l'écart avec son rival germano-américain Linde.

UBS souligne par ailleurs que l'endettement du groupe est voué à diminuer, ce qui devrait permettre à la direction d'augmenter le retour à l'actionnaire.

La volatilité de marché bénéficiera à Euronext

Dans une rubrique un peu fourre-tout appelé "financières diversifiées", UBS a opté pour l'opérateur de la Bourse de Paris (entre autres) Euronext.

Le groupe "bénéficiera de la reprise des activités de trading à la suite des changements significatifs intervenus ces dernières semaines dans les perspectives macroéconomiques", écrit l'établissement.

Quand bien même ce contexte économique se dégrade, UBS table sur une révision du consensus (la prévision moyenne des analystes) du bénéfice par action d'Euronext.

Ce car l'opérateur boursier devrait tirer parti d'une hausse des volumes d'activités sur les marchés actions au comptant (qui représentent 20% de ses revenus) "en raison des flux importants enregistrés par les fonds d'actions européennes à grande capitalisation au cours des 15 derniers mois".

Danone va tirer parti d'un monde plus soucieux de sa santé

Dans le secteur dit "HPC", c'est-à-dire les groupes spécialisés dans les produits d'hygiène, de grande consommation et alimentaires, UBS a retenu le groupe anglo-néerlandais Reckitt Benckiser ainsi que Danone.

Pour l'entreprise tricolore, UBS fait valoir que la société est "idéalement positionnée pour tirer parti du mouvement tectonique qui s'opère actuellement dans le secteur agroalimentaire".

"En effet, l'attention croissante que les consommateurs portent à leur santé et à leur bien-être constitue un formidable moteur pour la plupart des catégories de produits de Danone", ajoute la banque.

UBS ajoute que les gains de parts de marché sur le segment du lait infantile en Chine, l'expansion rapide de la catégorie 'nutrition médicale' et le succès des produits laitiers riches en protéines devraient ouvrir la voie à une nouvelle année de croissance des ventes de plus de 4% à périmètre constant et à une amélioration significative des marges.

Bilan et diversification, le succès de Vinci

Dans les infrastructures, UBS juge que Vinci est mieux positionné que ses concurrents pour résister à un conflit de longue durée au Moyen-Orient. "Nous estimons que son bilan solide, son exposition diversifiée et les excellents antécédents de sa direction constituent des atouts majeurs", souligne la banque suisse.

Certes, la division d'aéroports de la société n'est pas immunisée face à la baisse du trafic aérien provoquée par le conflit. Mais les aéroports portugais opérés par la société devraient bénéficier d'une relocalisation de la demande vers le bassin méditerranéen Ouest tandis que celui de Gatwick a démontré son "pricing power" face aux autres aéroports.

Par ailleurs, le groupe a la capacité de répercuter 70% de l'inflation sur les tarifs des autoroutes qu'il exploite.

De plus, sa division "énergies", spécialisée dans les infrastructures et les concessions énergétiques, est une bénéficiaire du conflit actuel car cette guerre "met davantage l'accent sur l'indépendance énergétique et les solutions d'efficacité énergétique, tandis que le secteur a fait preuve d'un fort pouvoir de fixation des prix dans des environnements inflationnistes", souligne UBS.

La stratégie d'Accor malgré les incertitudes

Dans le secteur des loisirs/hôtellerie, UBS a retenu Accor, un choix qui peut quelque peu surprendre. L'exploitant a récemment souffert en Bourse, attaqué par le vendeur à découvert, Grizzly Research. Ce dernier a accusé la société d'avoir failli à ses obligations de suivi d'hôtels en franchise ou en gestion pour prévenir des risques de trafic humain et de prostitution infantile.

"Le groupe dément fermement toute implication dans l’exploitation systémique supposée liée à la traite d’êtres humains ou d’enfants", a assuré l'entreprise. Accor a lancé une enquête interne approfondie et a mandaté un cabinet externe pour vérifier les faits reprochés. Ce risque, avant tout réputationnel, constitue une épée de Damoclès pour l'action, juge Barclays.

"Si le récent rapport publié par un vendeur à découvert a suscité un certain intérêt à court terme – et pourrait, s'il s'avérait fondé, entraîner des risques juridiques et de réputation –, les autres cas récents liés à la traite des êtres humains dans des hôtels n'ont généralement entraîné que des réactions boursières limitées, ce qui s'explique par la longueur des procédures judiciaires", souligne toutefois UBS.

La banque estime qu'Accor est mieux positionné que les autres groupes de loisirs car le groupe hôtelier possède une empreinte géographique diversifiée, a pivoté vers un modèle "asset light" (c'est-à-dire sans détenir les murs des hôtels) et présente plusieurs catalyseurs.

La direction d'Accor attend une croissance unitaire de son parc "solide" de 4% cette année, rappelle la banque.

Par ailleurs la rentabilité devrait être tirée par la bascule de contrats de managements (avec davantage de redevances mais aussi d'implications d'Accor chez les propriétaires d'hôtels) en contrats de franchises, ainsi que par des programmes d'efficacité.

"Accor se distingue également comme l'un des principaux bénéficiaires de l'IA, grâce à son partenariat avec OpenAI visant à optimiser en temps réel la disponibilité des chambres, la tarification, les tarifs du programme de fidélité ALL et les services proposés", avance encore UBS.

Essilorluxottica est désormais trop bon marché malgré les craintes sur les lunettes d'IA

Les classifications des analystes sont parfois sujettes à débat. Dans le luxe, UBS a ainsi retenu le groupe d'optique et de verres correcteurs Essilorluxottica et non pas un acteur plus évident du secteur. Précisons que la banque suisse n'est pas la seule à ranger le groupe franco-italien dans le compartiment "luxe" (c'est aussi le cas de Royal Bank of Canada).

Essilorluxottica a vu sa croissance être dopée ces derniers trimestres par l'essor des ventes de ses lunettes d'intelligence artificielle (IA), grâce à son partenariat avec Meta. Mais les récentes annonces et informations de presse sur des lancements de produits concurrents par des géants de la tech (Apple, Alibaba, Google) ont malmené le titre.

UBS explique toutefois que la baisse de l'action s'avère exagérée. En 2023, avant que les lunettes d'IA décollent, l'objectif de cours moyen des analystes sur le titre se situait à 197 euros, soit un peu plus que le cours actuel.

"Depuis lors, les perspectives pour l'activité principale (hors lunettes d'IA, NDLR) se sont améliorées, avec de multiples sources de croissance, notamment Stellest (une gamme de verres pour corriger la myopie infantile, NDLR) aux États-Unis, qui a obtenu l'autorisation des autorités sanitaires américaines l'année dernière", écrit UBS.

Autrement dit, même en ramenant la valeur de l'activité à zéro pour les lunettes d'IA, Essilorluxottica est sous-valorisée.

Par ailleurs, la société constitue "l'une des valeurs les plus défensives du secteur, avec une exposition minimale à la région du Moyen-Orient", ajoute UBS.

Elis, une action pour se prémunir de l'inflation

Pour Elis, UBS n'a pas choisi la société au sein d'un secteur mais de l'univers des "petites et moyenne capitalisations en Europe/Royaume-Uni".

La banque rappelle que le groupe de blanchisserie industrielle est tiré par la tendance à l'externalisation des entreprises, ce qui augmente la demande pour ses services.

"Son solide positionnement sur le marché et la grande visibilité sur sa structure de coûts lui confèrent un fort pouvoir de fixation des prix, tandis que la réduction continue de son endettement renforce sa capacité à générer du retour aux actionnaires (dividendes, rachats d'actions, NDLR) – un domaine auquel la direction accorde la priorité par rapport aux fusions-acquisitions visant une transformation", développe UBS.

Par ailleurs, Elis présente un bilan enviable en termes de repassage des coûts auprès de ses clients, protégeant ainsi ses marges. Le groupe constitue ainsi un choix de référence dans un contexte d'inflation causée par les cours du pétrole, note UBS.

Orange a de multiples catalyseurs

L'ex-France Télécom reste la valeur préférée d'UBS dans les télécoms. Comme nous l'avons écrit dans un précédent article, Orange présente une multitude de catalyseurs, qui sont rappelés ici par UBS.

La concentration du marché des télécoms en France avec un retour à trois opérateurs, SFR pouvant voir ses activités être partagées entre Orange, Iliad et Bouygues Télécom, n'en constitue qu'un seul.

La consolidation de ses activités à 100% en Espagne en représente un autre car la société devrait être capable de récupérer des synergies. La journée dédiée aux investisseurs réussie de février dernier a par ailleurs permis au marché de prendre conscience des perspectives prometteuses du groupe français en matière de génération de cash et de progression de son dividende.

UBS pense que la consolidation en France "constituera le prochain catalyseur", et estime "qu'une annonce d'accord pourrait intervenir à court terme".

"Dans ce scénario, le titre progresserait grâce aux synergies potentielles et à la reprise sur le principal marché de la société. Nous estimons que la valeur d'un accord pour Orange pourrait se situer entre 3 euros et 5 euros par action, dont moins de 50% sont, selon nous, déjà pris en compte dans le cours actuel", élabore la banque suisse.

Engie a changé de dimension

Dans les "utilities", un secteur difficile à définir mais qui regroupe les sociétés distribuant de l'électricité, du gaz et de l'eau aux collectivités, UBS a retenue Engie.

L'ex-GDF a annoncé fin février le rachat du groupe britannique de distribution d'électricité UK Power Networks (UKPN) pour 18,1 milliards d'euros. Malgré la taille de l'opération et le fait que la transaction doit être financée via notamment une augmentation de capital et de la dette hybride, le marché à salué cette décision, le titre prenant plus de 7% dans la foulée.

"L'acquisition récemment annoncée d'UKPN contribue à faire évoluer le profil de l'action, qui passe d'un titre axé uniquement sur le rendement du dividende à un titre davantage orienté vers la croissance", apprécie UBS.

"Cette opération s'inscrit également dans la stratégie d'Engie visant à accroître la part des activités à forte valeur ajoutée (réseaux, énergies renouvelables) et contribuera à accélérer la croissance en données comparables du groupe", ajoute la banque suisse.

L'établissement helvétique écrit également qu'Engie est bien positionné pour tirer parti de la volatilité du marché des matières premières, comme cela avait été le cas pour la période 2022-2023 via ses activités de trading et de fourniture et gestion des risques d'actifs énergétiques.

En conséquence, UBS estime que la décote actuelle du titre par rapport à son secteur est injustifiée compte tenu de la mise en œuvre de la stratégie, de l'évolution vers des bénéfices plus visibles et prévisibles, et d'un dividende supérieur aux autres noms de son secteur.

La liste complète d'UBS

Aéronautique défense

Rolls-Royce et Bae Systems

Automobiles

Stellantis et Continental

Banques

ABN Amro et BNP Paris

Boisson

Carlsberg

Construction

CRH

Biens d'investissements

Siemens

Chimie

Air Liquide

Financières diversifiées

Euronext

Pétrole

Eni

Groupes alimentaires et d'hygiène

Danone et Reckitt Benckiser

Grande distribution

Jeronomo Martins, Tesco et Next

Infrastructure

Vinci

Intenet/média

Auto1 et RELX Group

Assurance

Admiral Group

Loisirs/hôtellerie

Accor et Lottomotica

Luxe

Essilorluxottica

Medtech

Alcon

Mines

Norsk Hydro

Paiements

Wise

Papier et acier

Smurfit

Pharmacie

Roche

Immobilier

Shafesbury Capital et WDP

Acier

SSAB

Petites valeurs

Inficon et Elis

Semis-conducteurs

ASML et ASM International

Logiciels

Sage et Indra

Telecoms

Orange

Tabac

British American Tobacco

Transport

Ryanair

Utilities

Engie

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Forum suspendu temporairement
Portefeuille Trading
+329.50 % vs +60.17 % pour le CAC 40
Performance depuis le 28 mai 2008

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