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Comment investir dans une action lors d'une introduction en Bourse

mercredi 6 novembre 2019 à 16h58
Comment participer à une IPO ?

(BFM Bourse) - Alors que les Français demeurent globalement très méfiants à l'égard des placements boursiers, ils semblent toutefois moins réservés vis-à-vis de l'introduction en Bourse de la Française des Jeux, 33% se déclarant ouverts à l'idée de participer à cette opération menée à grand renfort de communication par l'Etat. Mais au fait, comment participe-t-on à une introduction?

Seul un français sur cinq se déclare disposé à investir en Bourse d'une manière générale, selon un sondage réalisé en mars par Odoxa et LinXea pour "Les Echos". Pourtant, dans le même temps, 33% d'entre eux se disaient prêts à souscrire des actions de la Française des Jeux. C'est dire la popularité de la marque, détentrice du monopole des jeux de loterie et de grattage en France.

Très médiatisée, l'introduction de la FDJ qui débute le 7 novembre devrait donc faire date. L'Etat -dont c'est la première privatisation depuis de nombreuses années- ayant d'ores et déjà promis des conditions bonifiées pour séduire les petits porteurs. Plutôt que de miser leurs euros sur des grilles de loto, certains épargnants pas forcément coutumiers de la Bourse pourraient ainsi décider de franchir le pas en investissant en actions de la FDJ. Petit guide pour s'y retrouver, sous forme de questions-réponses.

Quelles sont les démarches préalables avant de souscrire à une introduction en Bourse?

Les actions ne sont pas un produit comme un autre qu'on vous attribue contre un reçu. Vous devez posséder un support de placement adapté. Cela peut être un compte titre ordinaire (CTO) ou un compte fiscalement avantagé appelé PEA (plan d'épargne en action). Un PEA permet, dans la limite de 150.000 euros investis par personne, d'éviter l'impôt sur les plus-values (avec un abattement progressif jusqu'à huit ans, durée à partir de laquelle aucun impôt n'est dû en dehors des prélèvements sociaux), c'est généralement la solution à privilégier. La seule condition est que le siège des entreprises dont on détient des actions soit situé dans l'Union européenne, ce qui est évidemment le cas de la FDJ. Notons toutefois que même au sein d'un CTO, la fiscalité sur les actions est moins prohibitive que par le passé (avec un prélèvement forfaitaire libératoire de 30% sur les plus-values). Les formalités pour ouvrir un compte-titres ou un PEA sont relativement simples, mais cela nécessite de prendre le temps de remplir un dossier d’ouverture auprès de sa banque, de son assureur ou de son courtier en ligne. Ensuite, il faut évidemment transférer sur ce compte les liquidités correspondant à la somme qu'on souhaite investir.

Est-ce qu'il y a des frais à prévoir?

Oui. Votre établissement financier peut exiger des droits de garde, pour compenser les frais administratifs de tenue du compte et de conservation des actions. Fixés librement, ces frais peuvent être ventilés de différentes façons (forfait mensuel ou annuel, en pourcentage de la valeur du portefeuille, voire un coût par ligne de titres…). Il convient de bien vérifier ce point car au bout du compte cela peut représenter chaque année plusieurs dizaines d'euros. Sur un gros portefeuille, c'est l'épaisseur du trait, mais pour un petit PEA qui ne compterait que quelques actions, il y a là de quoi écorner le rendement du dividende attendu.

Toutefois, en se passant d'un réseau physique, nombre d'acteurs, notamment parmi les courtiers en ligne, facturent des frais raisonnables, allant jusqu'à offrir les droits de garde et les frais de tenue de compte. Ce qui, par le jeu de la concurrence, tend à minimiser les frais de détention des actions. Par ailleurs, l'achat (et la vente) de titres occasionnent des frais dits de courtage, qui sont généralement un pourcentage du montant acquis (ou vendu), avec un forfait minimum pour les petits ordres.

En revanche, acheter des actions en direct vous prémunit dans tous les cas des "droits d'entrée" (cette petite fraction des sommes investies qui file directement dans la poche de l'établissement) que connaissent bien les titulaires d'assurance-vie.

À combien vais-je acheter les actions?

Certains introductions en Bourse se font à prix ferme (ou fixe). Dans ce cas, plutôt rare, on connaît le prix unitaire de chaque titre et on souscrit en toute connaissance de cause. Mais la plupart du temps, comme ici avec la Française de Jeux, les introductions se font dans le cadre d'une offre à prix ouvert (OPO), où l'émetteur des titres communique une fourchette plus ou moins large. Cela offre à la société davantage de souplesse pour ajuster son prix, quitte à viser plutôt le bas de la fourchette si la demande en provenance des institutionnels apparaît insuffisante. Par précaution, il convient de faire ses calculs en retenant le prix maximum visé.

Puis-je me raviser?

Vous pouvez annuler vos ordres passés jusqu'à la clôture de l'offre assez facilement sur internet. Pour des offres physiques transmis au guichet de votre banque, attention, le parcours pour rattraper l'ordre de souscription peut être un peu plus ardu...

Quels sont mes droits en tant qu'actionnaire?

Vous devenez en quelque sorte copropriétaire de la société, avec le droit de voter en assemblée générale et de recevoir le dividende le cas échéant. Mais si les choses se passent mal, voire très mal, sachez bien que les actionnaires figurent au dernier rang des bénéficiaires en cas de liquidation. Autrement dit, ils ne récupèrent quelque chose qu'une fois que le fisc, les salariés et les créanciers se soient servis. On peut raisonnablement exclure ce risque pour la Française des Jeux, mais il faut bien être conscient que des entreprises cotées peuvent disparaître, ne laissant à leurs actionnaires que les yeux pour pleurer (voir en mai dernier le cas de Cellnovo, une entreprise qui a englouti en quelques années seulement les 31,6 millions d'euros levés à son introduction en 2015).

Est-ce que ça vaut le coup?

Voilà évidemment la question à 1000 euros... À laquelle il est bien difficile d'apporter une réponse binaire. D'une part, tout dépend de la situation patrimoniale de chacun. Il convient de n'investir qu'une partie mesurée de son patrimoine, en s'étant assuré de conserver intacte la part de son épargne nécessaire à faire face aux accidents de la vie. Il faut aussi s'efforcer de mitiger ses risques en investissant sur des actifs les moins corrélés possibles, et vérifier qu'une autre opportunité de placement correspondant mieux à vos objectifs n'est pas disponible. Enfin, il faut accomplir un travail de fourmi pour se faire sa propre estimation de la juste valeur d'une entreprise, ce qui nécessite déjà de bonnes connaissances en matière financière, et de bien creuser le document d'introduction communiqué par l'entreprise.

Vous entendez beaucoup d'avis, notamment sur une opération d'aussi grande échelle que celle de la Française des Jeux, mais les conseilleurs ne sont pas les payeurs : investir dans une entreprise n'engage que vous. Un peu d'introspection pour vérifier votre tolérance au risque ne peut pas non plus faire de mal. Par essence, le cours d'un titre va constamment fluctuer et une baisse n'est jamais exclue: fixez-vous dès le départ un seuil de perte maximal, et couper la position s'il est atteint.

Et si la période de souscription est close, est-il trop tard ?

Pas du tout ! Le principe même de la Bourse est de confronter en permanence les ordres des vendeurs et des acheteurs pour établir un cours en continu. Même si vous ne vous positionnez pas dès l'introduction, vous pouvez achetez des titres plus tard au prix du marché. Fiscalement, il n'y a aucune différence sur des titres acquis à l'introduction ou ultérieurement. Le seul avantage s'agissant de la FDJ est qu'une décote de 2% sera proposée aux particuliers par rapport au prix dont s'acquitteront les institutionnels. Mais par la suite, le cours évoluera et sur le principe, une baisse encore supérieure à ces 2% reste tout à fait possible.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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