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Comment la Française des Jeux compte séduire les petits actionnaires avec sa privatisation

vendredi 18 octobre 2019 à 12h48
L'introduction en Bourse de la FDJ débutera le 7 novembre

(BFM Bourse) - FDJ a donné le coup d'envoi de l'opération d'introduction en Bourse par laquelle l'Etat va céder 52% du capital de l'entreprise. L'objectif est de restaurer l'attrait des Français pour les placements boursiers, sérieusement entamé depuis la crise financière. À cet effet, le détenteur du monopole des jeux de loterie dans l'hexagone met en avant son modèle de "croissance régulière et raisonnable", avec un solide rendement à la clé.

Faites vos jeux ! Faisant suite à la réflexion sur le rôle de l'Etat-actionnaire menée par le gouvernement Macron depuis 2017, l'emblématique privatisation de la Française des Jeux (FDJ) est désormais lancée. La société, héritière de la Loterie Nationale créée en 1933 dans le but de venir en aide aux blessés de guerre, n'appartenant pas à un domaine touchant la souveraineté du pays (comme la défense ou le nucléaire) et n'assurant pas une mission de service public, l'Etat n'a plus besoin de rester majoritaire à son capital, a expliqué Martin Vial, le commissaire aux participations de l'Etat.

Parallèlement, l'essentiel de la manne que représente les loto, euromillion et jeux de grattage provient de la taxe sur les jeux de hasards: 3,3 milliards d'euros l'an dernier, et même 3,5 milliards avec le reversement au budget de l'Etat de l'excédent du fonds permanent (fonds destiné à couvrir le risque financier en cas de gains pour les joueurs supérieurs à ce qui est modélisé). En comparaison, les dividendes n'ont apporté que 94 millions d'euros aux finances publiques. Financièrement, passer de 72% à 20% ne change donc aucunement la donne pour l'Etat, sur ce plan. Au contraire, la vente de ses parts devrait lui rapporter instantanément un montant à 9 chiffres, sans obérer ses revenus futurs.

Concrètement l'opération sera ouverte aux particuliers du 7 au 19 novembre selon le calendrier prévisionnel, avec des conditions bonifiées. Par rapport au prix dont s'acquitteront les institutionnels, les petits porteurs bénéficieront d'une décote de 2%. En outre, à condition de conserver leurs parts pendant au moins 18 mois, ils recevront une action gratuite pour dix détenues.

Rendre l'opération attrayante en période de taux bas

En proposant ces conditions, "le gouvernement souhaite que l'opération connaisse le plus grand succès possible" auprès des épargnants français, a indiqué Martin Vial. Si le prix exact demeure confidentiel jusqu'au lancement de la période de souscription, le commissaire a souligné qu'en cette période de taux bas, le cédant veillerait à rendre l'opération attrayante en termes de rendement.

Par rapport aux 130 millions d'euros de dividendes versés au titre de 2018, une simple règle de trois permet donc d'estimer la capitalisation en fonction du niveau où le gouvernement et les banques introductrices voudront placer le curseur en termes de rendement: à 2,6 milliards d'euros, pour prendre un exemple purement illustratif, le rendement du dividende de l'action serait ainsi de 5%.

80% des bénéfices reversés en dividendes

À terme, FDJ entend continuer à reverser 80% de ses bénéfices sous forme de dividendes, un taux largement soutenable s'agissant d'une activité aussi mature, insensible aux cycles économiques et dont le monopole a été confirmé pour les 25 prochaines années.

L'opération sera aussi une façon de rendre plus attrayant le marché boursier, duquel les épargnants se sont nettement détournés depuis la crise de 2008, à une période où les solutions habituelles d'épargne -à commencer par l'assurance-vie en euros- devient de moins en moins intéressante.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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