LONDRES/NEW DELHI, 3 mars (Reuters) - Le géant pétrolier saoudien Aramco tente de rediriger une partie de ses exportations de brut vers la mer Rouge afin de contourner le détroit d'Ormuz, où le risque d'attaques a quasiment paralysé le trafic maritime, ont déclaré mardi plusieurs sources.
La plus grande compagnie pétrolière au monde cherche ainsi à éviter des réductions de production en redirigeant le pétrole vers son terminal de Yanbu, sur la mer Rouge, mais des sources, notamment des acheteurs, des traders et des analystes, soulignent que l’oléoduc Est-Ouest dispose d’une capacité limitée et pourrait lui-même devenir une cible d’attaques pour les alliés de l’Iran.
L'oléoduc a une capacité de 5 millions de barils par jour (bpj) et a pu, en 2019, transporter temporairement jusqu’à 7 millions de bpj après la conversion de conduites de gaz naturel liquéfié (GNL) pour le transport de brut.
Selon des sources secondaires de l'Opep, l'Arabie saoudite a produit un peu plus de 10 millions de bpj de brut en janvier.
Aramco a informé certains acheteurs de son brut Arab Light que leurs cargaisons devront être chargées à Yanbu, selon trois sources, ajoutant que l’entreprise évaluera la demande et la disponibilité de brut avant de confirmer les modalités.
Selon Richard Bronze, cofondateur du cabinet de conseil Energy Aspects, il existe des compromis logistiques, notamment la réduction de la capacité de transport des GNL et le débit auquel le terminal pétrolier de Yanbu peut charger durablement les navires.
Aramco s’est refusé à tout commentaire.
La société a fermé sa plus grande raffinerie domestique à Ras Tanura lundi après une attaque de drone, selon une source.
(Alex Lawler et Ahmad Ghaddar à Londres, Nidhi Verma à New Delhi ; version française Elena Smirnova, édité par Augustin Turpin)
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