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En France, un actionnaire salarié possède pour plus de 36.500 euros de titres en moyenne

mardi 10 septembre 2019 à 11h00
2018, un grand cru pour l'actionnariat salarié

(BFM Bourse) - L'enveloppe magique pour l'investissement en Bourse s'appelle souvent FCPE (fonds commun de placement d'entreprise). En France, l'actionnariat salarié a le vent en poupe, selon le baromètre annuel d'Eres. L'an dernier, le total des opérations d'actionnariat salarié -hors stock-options- a porté sur 3,4 milliards d'euros, un record.

Pour gagner en Bourse, certains disposent d'une arme redoutable: acheter avec une décote et/ou un abondement de la part de l'employeur. En effet, les conditions offertes en France dans le cadre de l'actionnariat salarié sont souvent très avantageuses, et les personnels à qui cette possibilité est offerte se font rarement prier. Ils sont 36,5% à saisir l'occasion parmi les entreprises françaises cotées, dont 43% parmi les groupes appartenant à l'indice SBF 120, selon le dernier baromètre Eres. Un chiffre bien supérieur à la moyenne européenne, de 20,7% seulement. Et d'autant plus remarquable que le périmètre de l'étude ne couvre que l'actionnariat salarié "démocratique", c'est-à-dire les plans collectifs, le plus souvent au travers de l'enveloppe FCPE, en excluant les actions détenues par les dirigeants ainsi que les stock-options ou actions gratuites qui peuvent être ponctuellement attribués à certains salariés clés.

Parmi les grandes entreprises, plus de 80% ouvrent leur capital aux employés

En 2018, 81,4% des entreprises du SBF 120 avaient obtenu de l'assemblée générale de leurs actionnaires le feu vert à procéder à une augmentation de capital au profit des salariés, une autorisation généralement donnée pour 26 mois. En moyenne, le plafond moyen accordé porte sur 1,81% du capital. Et les entreprises de l'indice ont été particulièrement nombreuses à lancer effectivement des opérations d'actionnariat salarié : 38 l'an dernier, recense Eres, ce qui constitue un record historique (à comparer à une moyenne de 31 opérations au cours des dix dernières années). L'année écoulée a notamment vu Fnac Darty, Elior, L'Oréal ou Renault proposer pour la première fois depuis au moins dix ans à leurs salariés de devenir également actionnaires.

Le montant total de ces opérations a aussi atteint un niveau historique, soit 3,4 milliards d'euros, contre 2,3 milliards en moyenne sur dix ans. En moyenne, ces opérations ont eu lieu avec une décote de 18% sur le cours de Bourse

Le montant moyen souscrit par salarié souscripteur est ressorti à 5.569 euros, en baisse par rapport à 2017 mais au-delà de la moyenne historique de 5.291 euros. Depuis 2013, le montant moyen par salarié souscripteur a grimpé de près de 30%.

Le taux de souscription est resté pratiquement stable à 33,8% (après 33,6% en 2017). Quant au "taux de démocratisation", c'est-à-dire le nombre de salariés actionnaires (qu'ils aient acquis des titres en 2018 ou lors de précédents plans) rapporté à l'effectif total, ressort à 43% dans le SBF 120 et même à 48% dans le CAC 40.

À noter que malgré la réticence des Français à l'égard de la Bourse, le taux de démocratisation est en fait plus élevé (vers 50%) en ne considérant que les salariés des entités françaises des firmes de l'indice tricolore, les plans trouvant moins d'écho auprès des salariés des filiales à l'étranger faute notamment de cadre fiscal et réglementaire aussi incitatif qu'en France.

La France reste championne d'Europe de l'actionnariat salarié

Sur un échantillon plus large permettant la comparaison à l'échelon européen, ce taux ressort à 36,5% pour les firmes françaises, contre 20,7% en moyenne en Europe. Ainsi, les salariés des groupes français détiennent 3,81% du capital de leurs entreprises respectives -soit 2,5 fois plus qu'en Grande-Bretagne, pays où l'actionnariat salarié est plus développé après l'hexagone, ou 4 fois plus qu'en Allemagne. La moyenne européenne étant de 1,7% du capital aux mains des salariés.

En moyenne, les employés des firmes cotées au sein du SBF 120 détiennent un matelas d'actions valorisé 36.580 euros par salariés souscripteur, calcule Eres.

Un outil de fidélisation apprécié des employeurs

Pour l'entreprise, favoriser la culture d'actionnariat salarié semble avoir un effet positif sur toute une série d'indicateurs relatifs aux ressources humaines. Les entreprises disposant d'une très forte culture d'actionnariat salarié (définies comme réunissant au moins deux critères parmi : un taux de démocratisation supérieur à 60%, plus de 2,5% du capital détenu et mise en place d'une opération tous les trois ans au plus) affichent également un taux de départs volontaires mais aussi un taux de licenciements inférieur. Elles pâtissent également d'un moindre absentéisme. "Un excellent outil pour sécuriser l'emploi et fidéliser les talents", note Eres.

Certains secteurs se démarquent par leur forte culture d'actionnariat salarié. Le BTP se distingue avec 57 opérations d'actionnariat salarié, et 8,1% en moyenne du capital des entreprises du secteur aux mains des collaborateurs (incluant Bouygues, chez qui les salariés détiennent au total... 19% soit près d'un cinquième du capital). Les entreprises industrielles, les holdings ainsi que les foncières sont également porteuses d'une forte culture d'actionnariat salarié. Inversement, les médias et le luxe sont à la traîne: une seule opération d'actionnariat salarié "démocratique" est intervenue dans chacun de ces deux secteurs sur toute la période 2009-2018.

Guillaume Bayre - ©2020 BFM Bourse
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