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"Ne pas rattraper un couteau qui tombe", "acheter au son du canon"... Voici les adages boursiers à connaître (mais qu'il ne faut pas prendre pour argent comptant)

Aujourd'hui à 12:00
Les dictons boursiers à connaître

(BFM Bourse) - La Bourse est souvent perçue comme un univers difficile d'accès, recourant à des mécanismes et à un vocabulaire obscurs. Pour autant, cet univers jugé austère a aussi généré au fil du temps son lot de dictons et proverbes.

Après une forte baisse d'une action ou plus globalement d'un actif, la première interrogation qui vient à l'esprit d'un investisseur est la suivante : est-ce que cet important plongeon est une opportunité d'achat telle qu'il ne faut pas la rater?

Cette réflexion a donné lieu à un célèbre adage boursier – qui ne constitue pas pour autant une règle d'airain – qui veut qu'"on ne rattrape pas un couteau qui tombe".

"On ne rattrape pas un couteau qui tombe"

Cet adage explique qu'il faut éviter d’acheter un titre ou un actif qui ne cesse de plonger en pensant qu’il a atteint le fond de la piscine. L’image du couteau montre qu’en essayant de se positionner sur le titre, et donc de saisir le couteau au vol, l’investisseur a toutes les chances de se couper.

"Dans la cuisine, quand un couteau tombe, c'est évident. Sur le marché boursier, c'est plus difficile", explique le gérant d’actifs DWS.

Un titre passé de 100 à 10 euros peut en effet parfaitement chuter à 1 euro, voire beaucoup moins, les actionnaires d'Atos en ont eu l'amère expérience. La limite basse à la valeur d'une action étant toujours zéro.

"Quand on a eu la chance ou quand on a eu l’intelligence, de ne pas se placer sur un dossier qui connaît une brusque cassure à la baisse, même si on aime l’action concernée, il faut éviter de se précipiter pour acheter. Il faut attendre que le cours se stabilise à un nouveau niveau, plus bas, pour intervenir", expliquait Marc Girault co-fondateur de HMG, à l'antenne de BFM Bourse lundi dernier.

"C’est assez vrai, le momentum (dynamique, NDLR) accentue de plus en plus les mouvements, à la hausse, mais surtout à la baisse et les cours qui rebondissent aussi vite qu’ils ont plongé existent, mais ne sont pas la généralité des cas", ajoute Marc Girault.

"Mieux vaut se couper un doigt, que la main, et la main que le bras"

Savoir couper ses pertes représente sans doute la première qualité d'un investisseur. Rappelons qu'un trader peut tout à fait dégager une performance positive avec une minorité de positions gagnantes sur le total de ses investissements, à condition de fixer au moment même où il achète le niveau de perte maximal qu'il est prêt à supporter, et de solder la position dès que ce seuil est atteint.

Pas vendu, pas perdu

Voici l'adage à ne surtout pas prendre au pied de la lettre. Par cette phrase, beaucoup d'investisseurs essaient de se voiler la face sur le fait qu'ils ont opéré un mauvais investissement, en refusant de constater que la valeur d'un titre n'est pas (ou plus) le prix qu'ils ont payé. Il faut appliquer un raisonnement comptable et prendre acte de la dépréciation de l'investissement qui est tout à fait réelle. Le mieux étant de se préparer dès le départ à l'éventualité d'une baisse de la valeur du titre.

"Acheter au son du canon, vendre au son du clairon" ?

Cet adage sous-entend qu’il faut acheter dans les mauvaises nouvelles et vendre quand les nouvelles sont bonnes. "Cela a pu être vrai, mais ça ne marche plus", prévient Marc Girault.

"Quand les nouvelles des sociétés sont mauvaises, les cours baissent… Mais ils continuent maintenant à baisser souvent longtemps après car les mauvaises nouvelles viennent de plus en plus en chaîne", ajoute le spécialiste.

"Inversement, les bonnes nouvelles appellent d’autres bonnes nouvelles et les cours continuent à monter. Avec en plus le momentum (dynamique, NDLR) qui se met de la partie, suivre ce précepte, c’est une recette sûre pour acheter trop tôt et vendre trop tôt", remarque-t-il.

"La Bourse est le temple des regrets" ?

Pour clôturer cette série des adages boursiers, Marc Girault décrit non pas un adage mais plutôt une constatation de la nature humaine : quelles que soient les décisions que l’on a prises, on peut trouver des raisons pour les regretter…

"Et la Bourse est un beau révélateur de cela : j’ai acheté et ça a baissé.. Je n’ai pas acheté et ça a monté… J’ai acheté mais vendu trop tôt, j’ai raté une bonne partie de la hausse…J’ai bien acheté et bien vendu, mais j’aurais dû en acheter beaucoup plus… etc. etc. Quand on est dans cet état d’esprit, toutes les occasions sont bonnes pour regretter ses actes", conclut Marc Girault.

Vends en mai et va-t'en

Ou "Sell in may and go away" en version originale. Il s’agit du célèbre pendant du "Halloween effect". En clair, comme nous l’avons expliqué dans un précédent article, la croyance veut qu’il convient de s’abstenir en Bourse à compter du 1er mai avant de réinvestir à partir de la veille du 1er novembre et donc jour d’Halloween. Si un effet saisonnier correspondant à cette injonction a effectivement tendance à s’observer, les chercheurs ne sont jamais réellement parvenus à l’expliquer…

Deutsche Bank ironisait déjà sur cet effet calendaire : "Vous pouvez vendre en mai, mais vous pourriez tout aussi bien tirer à pile ou face et vos chances de succès seraient les mêmes".

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