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Vivendi : Universal Music permet à Vivendi de rembourser ses dettes et d'accélérer dans les contenus

jeudi 4 mars 2021 à 12h23
Vivendi rend une partie de ses gains de février dernier

(BFM Bourse) - Porté par la croissance de ses deux plus grandes divisions, Universal Music Group (UMG) et le groupe de télévision payante Canal+, le conglomérat a bien résisté en 2020, affichant notamment un résultat d'exploitation en hausse de 3,7%. Le titre retombe néanmoins légèrement.

Le géant français des médias Vivendi est parvenu en 2020 à compenser l'impact de la crise sanitaire sur certaines de ces activités, et fort d'un endettement qui sera quasi nul à l'issue de la distribution sous forme de dividende de 60% du capital d'Universal Music Group (UMG), le groupe entend poursuivre ses acquisitions dans les contenus.

"C'est une situation extrêmement favorable pour se lancer dans le mouvement de consolidation du secteur des industries de contenus", a déclaré mercredi le président du conseil de surveillance Yannick Bolloré, fils du premier actionnaire du groupe Vincent Bolloré, dans un entretien au Figaro. "Nous regardons beaucoup de dossiers et nous serons opportunistes. C'est le bon moment pour investir afin de construire un champion mondial", a-t-il ajouté.

Une dette bientôt quasiment inexistante

Vivendi a investi ces derniers mois dans une foule de médias : il a pris en octobre une participation minoritaire dans le leader de la télévision payante en Afrique Multichoice, est entré au capital de Prisa en Espagne, et a signé une promesse d'achat avec une filiale de Bertelsmann pour l'intégralité du groupe de magazines Prisma. Il a également pris pied il y a un an au sein du groupe Lagardère, attiré par la radio Europe 1 et fait bonne figure parmi les prétendants potentiels au groupe M6. Le président du directoire Arnaud de Puyfontaine a ainsi fait savoir ce mercredi matin à l'occasion d'une conférence téléphonique avec les investisseurs que le groupe étudie de près une possible cession -par le groupe Bertelsmann, encore- de sa participation de contrôle dans M6. Vivendi s'est par ailleurs positionné pour le rachat de l'éditeur américain Simon & Shuster.

En 2021, Vivendi compte ramener son endettement net de 4,95 milliards d'euros à 300 millions d'euros grâce d'une part aux 2,8 milliards d'euros reçus de la vente d'un dixième de sa major UMG à un consortium mené par le champion chinois du numérique Tencent, récemment monté à 20% du capital, et d'autre part au "remboursement par UMG de l'emprunt qu'il a contracté auprès de Vivendi", a-t-il expliqué dans un communiqué.

L'introduction en Bourse aux Pays-Bas d'Universal pourrait intervenir dès cet année, a rappelé le président du directoire Arnaud de Puyfontaine lors d'une conférence avec des journalistes, et Vivendi avait déjà annoncé qu'il comptait distribuer 60% des parts de sa filiale à ses actionnaires, via un dividende exceptionnel en nature, si une résolution en ce sens est votée lors d'une assemblée générale exceptionnelle le 29 mars.

Retour à la croissance des abonnés à Canal+

Dans une note fin février, l'agence de notation Standard & Poor's avait considéré que l'opération visant UMG, "moteur de croissance" et seule activité du groupe avec une position de leader mondial, allait affaiblir le profil de risque de Vivendi. S&P avait abaissé sa note sur le groupe et s'interrogeait également sur l'influence de la politique financière du groupe Bolloré, pas forcément alignée avec les intérêts des créanciers de Vivendi.

Le groupe proposera également à ses actionnaires, cette fois lors de son assemblée générale annuelle en juin, la distribution d'un dividende de 60 centimes par action, similaire à l'année dernière où il avait augmenté de 20%.

Le chiffre d'affaires de Vivendi a progressé en 2020 de 1,2% à 16 milliards d'euros, porté notamment par la performance d'UMG (+3,8%) et du groupe Canal+ (+4,4%), qui revient à la croissance grâce l'international (60% des abonnés) mais aussi la France avec 262.000 abonnés nets supplémentaires en métropole.

L'activité d'Editis a bénéficié d'un fort rebond au deuxième semestre, explique le groupe. En revanche, l'activité du groupe de communications Havas a reculé de 10% sur l'année à 2 milliards d'euros, affectée notamment par l'effet de la pandémie sur le marché publicitaire. Le plan d'économies engagé par Havas au début de la crise n'a pu absorber qu'une moitié de la baisse des revenus.

En 2021 en raison de la crise sanitaire, "les métiers liés à la publicité et au spectacle vivant risquent d'être plus impactés que les autres", a indiqué Vivendi dans son communiqué. Le bénéfice net annuel du groupe ressort en baisse de 9% à 1,3 milliard d'euros sur l'exercice 2020, qu'il impute notamment à un "produit d'impôt courant de 473 millions d'euros" qui avait gonflé son résultat en 2019. Sans cet élément, le bénéfice net progresse en 2020 de 29,7%, affirme Vivendi. Quant au résultat opérationnel ajusté (Ebitda), il s'est établi à 1,627 milliard d'euros, très légèrement au-dessus du consensus qui misait sur 1,6 milliard.

Le titre reflue légèrement

Malgré ces résultats solides et "supérieurs aux attentes" qui "confirment la bonne résilience du groupe dans le contexte de 2020" selon Thomas Coudry, analyste en charge du dossier chez Bryan Garnier, le titre Vivendi cède 2,8% à 28,44 euros peu après 11h30, dans un marché parisien qui subit quelques prises de bénéfices (-0,4% pour le CAC) au lendemain d'un nouveau record annuel. L'action du conglomérat de médias ne profite ainsi pas de plusieurs relèvements d'objectifs de la part de courtiers, notamment de JP Morgan (de 42 à 43 euros), d'Oddo BHF (de 28 à 29,5 euros), de Bryan Garnier (de 29,5 à 31,5 euros) ou encore de Barclays (de 29 à 31 euros), ce dernier abaissant néanmoins sa recommandation de "surpondérer" à "pondération en ligne" sur le titre.

Parmi les éléments qui peuvent expliquer la baisse, Jérôme Bodin, analyste chez Oddo, souligne que "le groupe n'a fourni aucune orientation pour 2021", tandis que Thomas Coudry juge que "la génération de liquidités soulève des questions". Pour rappel, le titre Vivendi avait flambé de près de 20% mi-février dernier à l'annonce du projet de scission d'UMG, et affiche toujours près de 8% de hausse depuis le 1er janvier à ce stade.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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