(BFM Bourse) - Le secrétaire d'État à la Santé britannique a apporté un erratum à ses propos justifiant l'annulation du contrat d'achat du candidat vaccin contre la Covid VLA2001 : finalement, Sajid Javid n'était pas si convaincu d'un refus d'homologation...
Le feuilleton ouvert lundi dernier par la volte-face du gouvernement britannique, qui a dénoncé le contrat passé avec Valneva pour l'acquisition de 100 millions de doses d'un vaccin expérimental contre la Covid-19, se poursuit, mais l'épilogue n'est sans doute pas pour demain.
À quel moment exactement, et sur la base de quelles informations, le gouvernement britannique a-t-il perdu confiance envers le vaccin VLA2001, encore en cours de développement ? Dans un premier temps, le secrétaire d'État à la Santé et à la Protection sociale a expliqué, en réponse à la question d'une députée écossaise, que la décision de résilier le contrat a été prise parce que l'agence compétente, la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA), ne devrait vraisemblablement pas approuver le vaccin. "Il y a des raisons commerciales pour lesquelles nous avons annulé le contrat, mais il était également clair pour nous que le vaccin en question développé par l'entreprise n'obtiendrait pas l'approbation de la MHRA ici au Royaume-Uni", avait déclaré Sajid Javid mardi 15 lors d'une session parlementaire.
Une déclaration rapidement contredite par les chercheurs, aussi bien le responsable de l'essai à grande échelle (phase 3) destiné à démontrer, ou non, l'efficacité du candidat vaccin, que celui d'un essai indépendant mené par l'université de Southampton. À ce stade, les résultats ne sont encore connus de personne, pas plus de l'entreprise que de l'agence britannique du médicament - ce qui ne permet donc pas de préjuger de sa décision.
L'ancien numéro 2 de la propre Vaccine Taskforce mise en place par le ministère pour organiser la campagne de vaccination a même réagi sans équivoque, s'indignant de voir le gouvernement outrepasser les prérogatives d'une agence en principe indépendante en anticipant, sans aucune donnée à l'appui, un refus d'homologation.
Finalement, le ministre a transmis deux jours plus tard une correction à sa déclaration initiale. "Une erreur a été relevée dans ma réponse [à la députée pour la circonscription de Livingston, siège du site britannique de Valneva, Hannah Bardell, NDLR]". La réponse appropriée aurait dû mentionner que "il y a des raisons commerciales pour lesquelles nous avons annulé le contrat, mais il était également clair pour nous que le vaccin en question développé par l'entreprise n'avait pas encore obtenu l'approbation de la MHRA ici au Royaume-Uni, et pourrait ne pas [l'obtenir]", selon le document publié sur le site du Parlement.
Autrement dit, l'argument principal à l'appui d'une résiliation apparaît non avenu - laissant un doute encore plus grand quant aux motifs réels de l'annulation du contrat avec la biotech franco-autrichienne, avec qui le ministère organisait un comité de suivi hebdomadaire, documentant tous les obstacles rencontrés jusqu'ici.
Toute la question est maintenant de savoir ce qu'il adviendra dans l'hypothèse où les résultats de la phase 3, c'est-à-dire de l'étude "Cov-Compare", attendus à l'horizon du mois prochain, seraient concluants... Quant à la décision de la MHRA, elle pourrait faire polémique dans les deux cas: un feu vert rapide mettrait le gouvernement devant ses contradictions, tandis qu'un refus face à des données jugées positives soulèverait la question d'une influence politique.
En Bourse, le cours de Valneva affiche quoi qu'il en soit un retard de plus de 40% par rapport à son niveau d'avant l'annonce surprise du gouvernement britannique En recul de 6,8% à 10,79 euros, le cours reste sensiblement en deçà de l'objectif moyen des analystes, ramené à un peu moins de 14 euros l'action dans le sillage des ajustements à la baisse réalisés par les bureaux d'études la semaine dernière.
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