(BFM Bourse) - Le groupe pétrolier grimpe en Bourse ce mercredi après avoir livré des comptes en ligne avec les attentes. Les analystes retiennent la résilience de la génération de trésorerie et la durée de vie des réserves prouvées.
Dernière grande major pétrolière européenne à livrer ses résultats du quatrième trimestre après Royal Dutch Shell et BP, Totalenergies passe sans encombre l'épreuve.
La société basée à La Défense gagne 2,2% à la Bourse de Paris en milieu d'après-midi ce mercredi 11 février.
Sur le papier, la copie rendue par le groupe tricolore s'avère globalement en ligne avec les attentes des analystes.
À titre d'exemple, Totalenergies a dégagé au quatrième trimestre un résultat net ajusté de 3,837 milliards de dollars, contre 3,8 milliards de dollars attendu par le consensus (la prévision moyenne des analystes).
Toutefois dans le détail, plusieurs petits éléments constituent une source de satisfaction.
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L'endettement se réduit
Oddo BHF souligne la vigueur de la génération de cash. Totalenergies a dégagé un flux de trésorerie opérationnel hors variation de besoin en fonds de roulement de 7,2 milliards de dollars, chiffre à la fois supérieur au consensus (7,1 milliards selon Royal Bank of Canada) et au montant du précédent trimestre (7,1 milliards également).
Ce alors que le prix moyen du baril de Brent a été inférieur de plus de 5 dollars à celui du troisième trimestre (63,7 dollars contre 69,1 dollars), remarque Oddo BHF. Le courtier qualifie cette performance de "résiliente".
Par ailleurs, le ratio de dette nette sur capitaux propres a diminué, tombant à 14,7% à fin décembre contre 17,3% à fin septembre.
"Le ratio d'endettement est de retour dans les clous, comme Totalenergies l'avait assuré au marché lorsque l'endettement avait commencé à augmenter légèrement au cours des deuxième et troisième trimestres 2025", apprécie Citi.
La banque américaine souligne, plus largement, que les résultats du groupe sont appréciables, car ils répondent aux attentes. En comparaison, "ses concurrents parmi les majors ont connu des résultats plus problématiques au quatrième trimestre", souligne la banque américaine.
Totalenergies a notamment été porté par la hausse de 30% des marges de raffinage en Europe sur le trimestre.
Des réserves qui laissent la concurrence sur place
Un autre élément a tapé dans l'œil des analystes: les données sur les réserves d'hydrocarbures de la société.
La durée de vie des réserves prouvées (les gisements qui ont une probabilité d'environ 90% d'être extraits), un indicateur qui montre le nombre d'années de production au rythme actuel qu'assurent ces réserves, a atteint 12,2 années, avec un taux de renouvellement de 116% en 2025.
Plus cette durée de vie est élevée, moins un groupe pétrolier se retrouve sous pression pour investir dans de nouveaux actifs pétroliers, en les rachetant ou en les découvrant via l'exploration. Ce de sorte à maintenir la croissance de sa production.
Or, Totalenergies dépasse ses rivaux sur ces indicateurs tant en termes de renouvellement que de durée de vie, constate Royal Bank of Canada.
Les chiffres du groupe français contrastent avec "Shell et BP avec une durée de vie des réserves en baisse et des profils de production stagnants", appuie la banque canadienne.
Selon une présentation de Totalenergies, seul l'américain Chevron affiche une durée de vie des réserves prouvées comparables à la sienne (environ 12 ans) quand Shell et BP restent sur un chiffre plus proche de 7-8 années.
Pour Barclays, cette durée de vie des réserves reste l'élément "clé" de la publication, et rappelle que Totalenergies est embarqué "sur une croissance de plusieurs années de ses flux de trésorerie".
Des rachats d'actions (trop?) prudents
Concernant la distribution à ses actionnaires, Totalenergies a décidé de verser un dividende de 3,40 euros par action au titre de 2025.
Au premier trimestre, le groupe a annoncé qu'il rachèterait pour 750 millions de dollars d'actions, en se basant sur un prix du baril moyen de 60 dollars.
Cette décision se situe dans la fourchette basse des indications données par le groupe en septembre dernier. Totalenergies avait alors expliqué qu'il rachèterait pour 750 millions à 1,5 milliard de dollars d'actions par trimestre en 2026, en fonction des prix du pétrole.
"Nous pensons que la prudence (du groupe, NDLR) est la bonne approche, mais aux cours actuels du pétrole, nous voyons un potentiel pour relever ce rythme tout au long de l'année", écrit Royal Bank of Canada.
Patrick Pouyanné, le PDG de Totalenergies, a d'ailleurs déclaré ce mercredi dans un communiqué, que sa société pourrait "ajuster le niveau des rachats d’actions au cours de l’année 2026 en fonction de l'évolution des prix".
La décision de Totalenergies tranche quelque peu avec celle du britannique BP qui avait décidé de suspendre ses rachats d'actions, mardi, pour renforcer son bilan financier.
Son ratio d'endettement (22,7%), qui peine à descendre, s'avère bien plus élevé que celui de Totalenergies (14,7%) ou même de Shell (20,7%).
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