(BFM Bourse) - Les valeurs du secteur européen de la défense progressent encore ce mercredi 7 janvier, alors que Donald Trump dit étudier "plusieurs options" dont une intervention militaire pour s’accaparer le Groenland, territoire autonome du Danemark. Le royaume explique envisager d'allouer une enveloppe d'environ 12 milliards d'euros pour réarmer son territoire arctique.
Sur le plan géopolitique, l'année 2026 a commencé par une démonstration de force américaine au Venezuela. Samedi 3 janvier, les États-Unis ont mené une opération militaire qui s'est soldée par la capture de son dirigeant, Nicolás Maduro.
"Donald Trump marque déjà 2026 de son empreinte en livrant une "étrenne" géopolitique aussi spectaculaire qu’imprévisible: la capture éclair de Nicolás Maduro exfiltré dans la foulée vers les Etats-Unis pour y être jugé pour trafic de drogue", remarquait mardi, Joffrey Ouafqa Directeur des Gestions chez Auris Gestion.
Le président américain n'envisage pas de se contenter d'une intervention au Venezuela. Il a clairement pris pour cibles d'autres pays comme Cuba ou la Colombie, et réitéré ses menaces envers le Groenland, un territoire autonome danois et donc membre de l'Organisation du traité de l’Atlantique Nord (Otan).
"Le président ne cache d'ailleurs plus ses ambitions : entre l'évocation d'une opération en Colombie, les velléités persistantes d'annexion du Groenland et la surveillance accrue des troubles en Iran, Donald Trump dessine les contours d'un agenda global. Un programme vaste qui suggère que Donald Trump ne cherche plus seulement à remporter un scrutin, mais à marquer durablement l'ordre mondial, bien au-delà de l'horizon de son propre mandat", poursuit Joffrey Ouafqa.
La fin de "tout"
Le Groenland est la prochaine cible de Washington. La Maison Blanche a évoqué réfléchir à "plusieurs options" pour s'emparer l'île arctique, dont une intervention militaire.
Mardi 6 janvier, Karoline Leavitt, porte parole de la Maison Blanche a remis de l'huile sur le feu. "Le président et son équipe discutent de plusieurs options pour remplir cet objectif important de politique étrangère, et bien sûr, utiliser l'armée américaine est toujours une option à la disposition du commandant en chef", a-t-elle déclaré.
Cette nouvelle sortie s'ajoute aux nombreuses menaces proférées par Donald Trump et son administration, ces derniers jours. "Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", selon des déclarations de Donald Trump à des journalistes à bord d'Air Force One dimanche soir, citées par l'AFP.
"Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... parlons du Groenland dans 20 jours", a-t-il ajouté. Ce territoire automne danois est convoité par le dirigeant depuis son premier mandat (2017-2021) pour ses importantes ressources minières et son emplacement stratégique.
"Dans le cas du Groenland, l'objectif est double: contrôler la nouvelle route commerciale qui s'ouvre du fait de la fonte des glaces, et accéder à des métaux indispensables pour assurer le développement économique américain et son hégémonie dans l'IA. Cela implique d'avoir le contrôle des réserves d'uranium du Groenland", expliquait Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM en janvier 2025.
Le Danemark, soutenu par plusieurs pays européens, est rapidement monté au créneau après les revendications de Donald Trump sur le Groenland. "Si les États-Unis choisissent d'attaquer militairement un autre pays de l'Otan, alors c'est la fin de tout. Y compris notre Otan et donc la sécurité mise en place depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale", a déclaré lundi 5 janvier, la Première ministre danoise, Mette Frederiksen à la télévision TV2.
Un flux acheteur sur la défense
Pour protéger son territoire, le Danemark compte muscler son arsenal pour protéger son territoire. Le ministre danois de la Défense et vice-Premier ministre Troels Lund Poulsen a déclaré que le royaume envisagerait de dépenser 88 milliards de couronnes danoises, soit environ 12 milliards d'euros pour réarmer le Groenland, rapporte CNBC.
Des déclarations qui n'ont pas manqué d'alimenter le flux acheteur, déjà bien solide, sur les valeurs européennes de la défense, dont Thales qui gagne 6,7% et prend la tête du CAC 40, Dassault Aviation progresse de 3,6% à la Bourse de Paris. En Allemagne, Rheinmetall grimpe de 3,5%, Renk prend 2,3%, et à Stockholm Saab progresse de 4,3%.
Ces menaces sur le Groenland propulsent aussi la société américaine Critical Metals, qui gagne encore 10,75% ce mercredi, vers 15h45 à Wall Street au lendemain d'une hausse de plus de 25%.
Cette société minière, qui développe le projet Tanbreez au Groenland, est spécialisée dans l'extraction de métaux critiques pour la transition énergétique. La société Energy Transition Mineral, qui développe pour sa part le projet Kvanefjeld, a gagné 45% ce mercredi à la Bourse de Sydney.
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