(BFM Bourse) - Les différentes actions européennes ont nettement progressé ce mercredi alors que les positions ukrainiennes et russes quant à un éventuel cessez-le-feu divergent toujours.
Encore une fois la défense a été la locomotive des Bourses européennes ce mercredi 18 février.
Thales a pris 4,3% à Paris, signant la plus forte progression du CAC 40, tandis que Dassault Aviation a gagné 2,8%. À Francfort, Rheinmetall, qui produit des blindés et des missiles a gagné 5%, Hensoldt, spécialiste de l'optronique militaire, a pris 3,4%. À Londres, BAE Systems, qui publiait également ses résultats trimestriels, s'est adjugé 3,8% tandis qu'à Milan, Leonardo a gagné 5%.
Encore une fois, ces actions n'ont pas été portées par les fondamentaux mais par la géopolitique.
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Renversement de tendance
Des pourparlers ont actuellement lieu à Genève entre la Russie et l'Ukraine pour tenter de nouer des accords en vue d'arrêter le conflit qui a débuté il y a quasiment trois ans.
Or les échanges ne se passent pas très bien. La deuxième réunion a été arrêtée au bout de 90 minutes, selon Bloomberg, alors que le président ukrainien Volodymyr Zelensky a accusé le camp russe de volontairement faire traîner les choses en longueur.
"On peut voir qu'un certain travail préparatoire a été fait, mais pour l'instant, les positions diffèrent" sur les questions "sensibles" des territoires et de la centrale nucléaire de Zaporijjia occupée par l'armée russe, a déclaré le président ukrainien, cité par l'Agence France Presse (AFP).
En Bourse, cela se traduit "par le renversement de la pression (sur les valeurs de défense, NDLR) qui s'était précédemment observé du fait qu'il n'y a pour l'heure aucun impact des discussions entre la Russie et l'Ukraine", explique un spécialiste du secteur.
"On avait l'impression que Zelensky allait potentiellement céder aux pressions américaines sur la question des territoires mais il semble se montrer plus combatif qu'on pouvait le penser. Cela inverse le sentiment de marché négatif précédent" sur les valeurs de défense, ajoute-t-il.
La fin du conflit en Ukraine ne changera pas la donne en Bourse
La possibilité d'une paix en Ukraine constituera l'un des grands sujets de 2026 pour le secteur de la défense.
"Un accord de paix entre l’Ukraine et la Russie pourrait pousser certains pays à réorienter leurs investissements, ce qui pourrait par conséquent impacter les activités à cycle court à l’image des munitions", a expliqué Oddo BHF, début décembre.
"Certes, l’absence de stocks pour la plupart des catégories de munitions garantit un certain volume mais nous pensons que les prix pourraient être plus fortement sous pression compte tenu du quasi doublement visible par rapport à 2021. Dans notre couverture, les sociétés les plus exposées à l’Ukraine sont Rheinmetall, Hensoldt et Renk alors que les titres les plus exposés aux munitions (hors missiles) sont Rheinmetall, BAE Systems et Thales", développe encore le bureau d'études.
"L'engagement de l'Europe à augmenter ses dépenses de défense est un thème clé. Nous pensons que malgré une résolution potentielle en Ukraine, l'Europe maintiendra probablement son engagement à porter ses dépenses de défense à 3,5% du PIB d'ici 2035", a de son côté jugé Citi, également en décembre.
Jefferies, de son côté, s'attend à ce que 2026 constitue encore "une année robuste pour la défense avec aucune accalmie des tensions géopolitiques".
"La fin de la guerre en Ukraine pourrait exercer une pression sur le secteur, mais nous pensons que celle-ci sera de courte durée tant que les engagements en matière de dépenses en Europe resteront solides", jugeait aussi l'intermédiaire financier dans une note publiée le 30 janvier.
La banque remarquait que la récente appréciation des multiples boursiers du secteur "semble refléter quelque chose de plus structurel, à savoir un regain d'intérêt pour les investissements européens dans le domaine de la défense, motivé par l'escalade des tensions autour du Groenland".
"La perspective d'une refonte de l'OTAN, et en particulier l'incertitude quant à la portée future du parapluie de sécurité américain, a renforcé les arguments en faveur du maintien des dépenses européennes en matière de défense, quelle que soit l'issue finale du conflit entre la Russie et l'Ukraine", concluait Jefferies.
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