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Stellantis : Le redressement de Stellantis aux États-Unis patine trop à son goût, UBS jette l'éponge et ne recommande plus d'acheter l'action du constructeur automobile

Aujourd'hui à 14:52
Stellantis chute en Bourse

(BFM Bourse) - La banque suisse a abaissé son conseil à "neutre" contre "acheter" sur l'action du constructeur automobile, qui peine à translater dans ses résultats de meilleurs volumes alors que les niveaux de stocks inquiètent.

L'opération de reconquête de Stellantis n'a jamais vraiment séduit un marché qui exige des preuves.

Le constructeur automobile issu de la fusion entre Peugeot SA et Fiat Chrysler a vu son cours de Bourse plonger de 72% en trois ans, plombé par les choix de la précédente direction.

Sous l'ère Carlos Tavares, qui a violemment pris fin en 2024, le groupe avait érigé en religion le "pricing power" et la réduction des coûts. Ce qui a conduit la société à entrer en conflit avec l'ensemble de ses parties prenantes (grèves de salariés, concessionnaires en colère, tensions avec l'État italien).

Surtout, le groupe a mis bien trop de temps à prendre au sérieux ses soucis de stocks aux États-Unis, qui ont fini par plomber ses ventes et ses résultats (le groupe a brûlé plus de 10 milliards de cash en cumulé en 2024-2025).

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Les résultats déçoivent

Le nouveau directeur général, Antonio Filosa, a présenté en mai sa feuille de route "FaSTLAne 2030", qui prévoit un recentrage sur l'Amérique du Nord et sur quatre marques, à savoir Jeep, Ram, Peugeot et Fiat, et un retour à une bien meilleure fortune.

Mais les marchés veulent des chiffres concrets montrant que Stellantis se trouve dans la bonne voie.

Malheureusement, les résultats semestriels livrés la semaine dernière par le groupe automobile ont surtout illustré les difficultés de la société à traduire dans ses comptes le rebond réel de ses volumes.

La rentabilité en Amérique du Nord, sa région clef, a ainsi déçu. Le taux de marge opérationnelle courante s'est inscrit à 1,8% quand les analystes espéraient un chiffre plus proche de 2,4%.

"Les progrès sont lents, le chemin à parcourir est encore long et on attend toujours des preuves plus solides…", a déploré Oddo BHF.

Si bien que l'un des appuis de Stellantis les plus notables chez les analystes a décidé de jeter l'éponge. Ce lundi 3 août, la banque UBS a ainsi abaissé son conseil sur l'action à "neutre" contre "achat" précédemment, tout en réduisant son objectif de cours à 5,8 euros contre 9,5 euros.

L'établissement helvétique espérait précédemment que l'amélioration des comptes de la société en Amérique du Nord suffirait à porter l'action.

UBS reconnaît que sa thèse n'a pas fonctionné. Stellantis n'a accompli que "très peu" de progrès sur son redressement aux États-Unis et ce malgré un marché américain "solide".

Les stocks inquiètent

La capacité de la société à translater la hausse de ses volumes de ventes en progression de ses bénéfices a été "étonnamment basse", déplore la banque.

"Les nouveaux modèles (Jeep Cherokee, Dodge Charger) ne se sont pas non plus vendus aussi bien que prévu", poursuit la banque suisse.

UBS pointe également les niveaux de stocks à nouveau très élevés du groupe aux États-Unis, avec notamment 113 jours de ventes chez RAM. Selon la banque suisse, ces stocks obligeront Stellantis à réduire sa production et augmenter les promotions/ rabais pour écouler ces modèles, au second semestre.

L'établissement suisse est loin d'être le premier à s'inquiéter de ce dernier point. "Alors que les stocks sur l'ensemble de l'industrie américaine restent bien contrôlés à 2,7 millions d'unités, en hausse de seulement 100.000 depuis le début de l'année, mais encore à seulement 49 jours de ventes, les stocks de Stellantis ont bondi à 391.000 en juin, soit 94 jours", alertait récemment Citi.

"Nous voyons des risques pour Stellantis à cause de l'accumulation de stocks chez ses concessionnaires, ce qui pourrait entraîner des arrêts prolongés des usines et des baisses de prix (comme au second semestre 2024)", prévenait de son côté HSBC dans une note publiée le 23 juillet.

"Il sera essentiel pour Stellantis de démontrer qu'il est possible de réduire ses stocks au cours des prochains mois sans que les prix ne baissent", notait vendredi Deutsche Bank.

Au-delà de la situation aux États-Unis, UBS s'inquiète de voir des pressions concurrentielles sur l'activité de Stellantis en Europe et dans "son troisième moteur" (Moyen-Orient, Afrique).

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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