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Sbf 120 : Les fonds activistes bousculent les groupes cotés français en assemblée générale

lundi 21 juin 2021 à 14h57
La saison des assemblées générales touche à sa fin

(BFM Bourse) - Vivendi, Lagardère, Scor, Atos, Solutions 30, les groupes cotés au SBF 120 sont chahutés comme rarement, alors que se clôture la saison des assemblées générales dans 10 jours.

Dernière ligne droite pour la saison des assemblées générales, avec d'ici là des rendez-vous sensibles qui se profilent pour bon nombre de grands groupes cotés français, mis sous pression par des fonds actifs comme rarement, tant sur les enjeux climatiques (Total, Vinci) que sur les questions de gouvernance (Lagardère, Scor). Ces assemblées générales à risques interviennent par ailleurs dans un contexte où les commissaires aux comptes ont émis des réserves sur les comptes d'Atos et ont même indiqué ne pas pouvoir donner leur opinion sur les comptes de Solutions 30.

Premier groupe à lancer cette dernière salve d'assemblée générale: Vivendi est notamment chahuté par le fonds Bluebell, qui lui réclame des éclaircissements sur la distribution en nature de 60% du capital d'Universal Music Group (UMG) à ses actionnaires. Pointant un manque d'informations au marché de la part du groupe contrôlé par Vincent Bolloré, il demande une enquête de l'Autorité des marchés financiers (AMF) d'évaluer la situation et de prendre les mesures correctives appropriées pour s'assurer que les actionnaires de Vivendi reçoivent une information "suffisante" avant la grand-messe annuelle qui se tiendra ce mardi. Le fonds -ainsi que d'autres actionnaires minoritaires selon l'un de ses dirigeants- soupçonne Vincent Bolloré de vouloir utiliser ce cash pour lancer un vaste programme de rachat d'actions et prendre ainsi le contrôle de Vivendi, qu'il ne détient actuellement qu'à 27%.

Chez Scor, le fonds Ciam, qui détient 1% du tour de table, milite pour la dissociation des fonctions de président et de directeur général et a appelé jeudi dernier à voter contre la réélection de Denis Kessler en tant que président du conseil d’administration lors de l’assemblée générale du réassureur (le 30 juin prochain), arguant d’une gouvernance “défaillante et opaque”. Pour Catherine Berjal, directrice générale de Ciam, il s’agit d’un “vote sanction” pour le “fiasco de la succession“, qui s’ajoute à “un cours de Bourse désastreux“, a-t-elle expliqué à l’AFP. Mi-mai, l’actuel PDG du réassureur, en poste depuis 2002, avait annoncé son retrait de la direction générale cette année, au lieu de 2022, comme prévu auparavant.

Changement de statut sous haute tension pour Lagardère

Chez Lagardère, les actionnaires doivent se prononcer (le 30 juin) sur le projet de transformation du groupe en société anonyme, qui verrait l'héritier Arnaud Lagardère abandonner son statut de gérant en commandite. "Il faut convaincre une majorité des actionnaires, c'est là tout l'enjeu d'une assemblée générale" rappelle Loïc Dessaint, directeur général du cabinet de conseil Proxinvest, invité ce lundi sur BFM Business. Et contrairement à l'année dernière où le fonds activiste Amber Capital avait tenté d'avoir la tête d'Arnaud Lagardère (qui avait été sauvé par le soutien de Vincent Bolloré et Bernard Arnault entre autres), "les cartes ont changé" cette année constate-t-il. En obtenant le soutien de Vivendi ainsi que de nombreux minoritaires, le rapport de force a évolué, souligne l'expert. Or, "une fois que la majorité du capital change de mains, la composition du conseil peut également changer" précise Loïc Dessaint, qui imagine déjà l'arrivée de "tous les grands actionnaires", à savoir Amber, le Qatar, Vivendi, la financière Agache (Bernard Arnault), "et ça, ça change tout" ajoute-t-il, précisant que la société "est désormais OPable, alors qu'elle ne l'était pas du tout auparavant".

Autre dossier sensible: Solutions 30. Fait rarissime, les commissaires aux comptes ont cette année indiqué qu'ils n'étaient pas en mesure de formuler une opinion sur les comptes de l'entreprise pour l'exercice 2020. Avant son assemblée générale également prévue le 30 juin, Solutions 30 doit ainsi répondre à l'occasion d'une réunion d'analystes à de nombreuses interrogations soulevées par le fonds activiste Muddy Waters, qui l'accuse notamment de manipulations comptables et d'entretenir des liens troubles avec du potentiel blanchiment d'argent. Des accusations qualifiées de mensongères par Solutions 30 qui a porté plainte.

Sous le feu des projecteurs pour des problèmes de comptabilité dans deux unités aux Etats-Unis (les comptes 2020 ont été certifiés par les auditeurs mais avec des réserves, du jamais-vu pour un groupe du CAC 40), Atos a également été désapprouvé par ses actionnaires, qui ont rejeté à 63% la résolution portant sur l’approbation des comptes consolidés 2020. "La société est pleinement mobilisée pour répondre au besoin de clarté que ce vote exprime et mener à bien, sous supervision du conseil, la revue des comptes des deux entités concernées. Un point sur l’avancement sera fait à l’occasion de la publication des résultats du premier semestre" a pris acte Bertrand Meunier, président du conseil d’administration d’Atos

Cette saison mouvementée a par ailleurs marquée sur le fond par la question climatique, un thème abordé dans l'immense majorité des assemblées générales. Total et Vinci ont ainsi fait voter leurs actionnaires sur la stratégie climat à adopter.

Quentin Soubranne - ©2021 BFM Bourse
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