(BFM Bourse) - Le groupe de spiritueux a publié des résultats inférieurs aux attentes au titre de la première moitié de son exercice 2025-2026. Mais sa direction a réussi à redonner de l'entrain au marché durant la conférence téléphonique.
Les spiritueux demeurent un secteur soumis à une forte pression depuis plusieurs trimestres. Les différents groupes de ce compartiment se sont retrouvés pris en étau, entre les menaces de droits de douane et une demande en berne en Chine comme aux États-Unis.
Si la visibilité sur les droits de douane s'est améliorée depuis les accords noués l'été dernier, les fondamentaux demeurent encore dégradés avec d'importants niveaux de stocks aux États-Unis.
>> Accédez à nos analyses graphiques exclusives, et entrez dans la confidence du Portefeuille Trading
Les résultats semestriels publiés par Pernod Ricard, ce jeudi 19 février, en attestent. Sur le seul deuxième trimestre, période qui s'étire d'octobre à fin décembre chez Pernod Ricard, le chiffre d'affaires de la société a chuté de 5% en données comparables à 2,87 milliards d'euros.
Le groupe de spiritueux a particulièrement souffert dans la zone "Amériques" où ses revenus se sont contractés de 12% en données comparables, tandis qu'ils ont reculé de respectivement 2% et 1% en "Asie-Reste du Monde" et en Europe.
Sur l'ensemble du premier semestre, les revenus ont chuté de 5,9% en données comparables. Le groupe a expliqué avoir été pénalisé par "des conditions de marché modérées" et des "ajustements de stocks" qui se sont traduits par une chute de 15% de l'activité aux États-Unis.
Les ventes s'effondrent en Chine
En Chine, les revenus ont plongé de 28%, également pénalisés par des ajustements de stocks mais aussi par un "environnement réglementaire durci qui affecte le segment haut de gamme dans le circuit 'on trade' (les ventes dans les bars et les restaurants, NDLR)". Pernod Ricard évoque aussi la "faiblesse persistante de l’environnement macro-économique et de la confiance des consommateurs".
Pernod Ricard a également publié un résultat opérationnel courant en baisse de 7,5% en données comparables à 1,61 milliard d'euros pour une marge correspondante de 30,7% en repli de 1,4 point de pourcentage.
Le bénéfice par action a chuté de 20% à 4,04 euros. La génération de trésorerie s'est inscrite à 482 millions d'euros, en hausse de 9,5% sur un an grâce à la maîtrise du besoin en fonds de roulement.
L'ensemble de ces résultats sont globalement inférieurs aux attentes, pointe Oddo BHF puisque le consensus retenait une baisse de chiffre d'affaires de 5,4% en données comparables au premier semestre, une marge opérationnelle de 30,7%, une baisse du bénéfice par action limitée à 18,5% et un flux de trésorerie de 580 millions d'euros.
À l'issue de cette publication, Pernod Ricard a confirmé que "l’exercice 2025/26 ser(ait) une année de transition avec une amélioration des tendances en chiffre d’affaires organique, se matérialisant au deuxième semestre".
Du mieux aux États-Unis sur ce début d'année
Toutefois, l'action Pernod Ricard a clôturé la séance de ce jeudi sur une hausse de 2,7%, la troisième plus importante du CAC 40.
Selon Barclays, la direction a envoyé des messages convaincants lors de la conférence téléphonique qui a suivi l'annonce des résultats.
"Le principal enseignement de la conférence téléphonique est que la trajectoire du deuxième trimestre s'est améliorée et que la direction reste confiante quant aux prévisions pour l'exercice 2026, avec une vision plus claire d'une amélioration au second semestre. Malgré un contexte difficile aux États-Unis et en Chine, Pernod semblait plus sûr des facteurs en jeu derrière la reprise", écrit la banque britannique.
Barcalys ajoute que la direction a adopté un ton "plus positif" sur les États-Unis pour le début de 2026, avec des "greens shots" (des signes d'éclaircie) du côté des distributeurs.
Citi, pour sa part, estime qu'"étant donné la faiblesse du cours de l'action à l'approche de ces résultats, l'absence de révisions à la baisse des prévisions pour l'exercice, ainsi qu'un nouvel engagement à atteindre environ 80 % de conversion de flux de trésorerie disponible, et l'augmentation des recettes provenant de cessions de portefeuille au cours de l'année pourraient suffire à apporter un certain soulagement à l'action".
À noter que Bloomberg a rapporté la veille au soir que le groupe de spiritueux songeait à introduire en Bourse ses activités en Inde, citant des sources proches du dossier.
L'Inde constitue l'éclaircie de la société en matière de croissance, avec une progression des revenus de 4% en données comparables au premier semestre, et de 8% hors cession de la division d'"Imperial Blue".
Barclays rapporte que la direction a indiqué, lors de la conférence, que son plan de désendettement à l'horizon 2029 ne s'appuyait pas sur une cession des activités indiennes, ce que la banque interprète comme le signal qu'aucune décision n'a été prise quant à une introduction en Bourse.
"La direction a souligné que l'évaluation des options stratégiques fait partie du cours normal des affaires, mais n'a pas fait d'autres commentaires", a rapporté la banque britannique.
Recevez toutes les infos sur PERNOD RICARD en temps réel :
Par « push » sur votre mobile grâce à l’application BFM Bourse
Par email
