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Or : Newmont Mining refuse de se faire avaler par le géant de l'or Barrick Gold

mardi 5 mars 2019 à 17h59
La consolidation du secteur aurifère a du plomb dans l'aile

(BFM Bourse) - Après avoir avalé son concurrent britannique Randgold en décembre dernier, la société canadienne Barrick Gold vient de voir son offre de rachat repoussée à l'unanimité par le conseil d'administration du groupe minier américain Newmont Mining... qui tente lui-même de mettre la main sur le canadien Goldcorp.

Le conseil d'administration du groupe minier américain Newmont Mining a rejeté à l'unanimité, lundi, l'offre de rachat de Barrick Gold, estimant que la demande en mariage du groupe canadien, numéro un mondial de l'or, "n'est pas dans le meilleur intérêt des actionnaires". Par le biais d'un échange d'actions au terme duquel il aurait détenu 55,9% de la nouvelle entité créée, Barrick Gold proposait l'équivalent d'environ 18 milliards de dollars (soit 15,9 milliards d'euros) à Newmont, qui veut pour sa part racheter une autre société canadienne du secteur, Goldcorp, pour une dizaine de milliards de dollars.

Newmont avec Goldcorp, futur n°1 mondial ?

"Notre revue en détail de la proposition non sollicitée de Barrick nous a renforcés dans notre conviction que l'union entre Newmont et Goldcorp offre la meilleure occasion de créer de la valeur pour les actionnaires de Newmont et d'offrir le meilleur retour sur investissement du secteur pour les décennies à venir", a affirmé Gary Goldberg, PDG du groupe américain, dans un communiqué. Ce rapprochement, sur lequel les actionnaires du canadien doivent se prononcer le 4 avril, permettrait à la nouvelle entité née de la fusion de ravir la place de numéro un mondial à "Barrick", le groupe issu de la fusion entre Barrick Gold et Randgold. De fait, en 2017, Newmont et Goldcorp avaient au total produit 7,9 millions d'onces d'or, quand Barrick et Randgold réunis en avaient extrait 6,6 millions.

Dans son communiqué, Newmont souligne que l'offre hostile de Barrick ne comporte aucune prime, ce qui est "inhabituel pour une transaction de cette taille", qui plus est non sollicitée. Le PDG de Barrick, Mark Bristow, avait expliqué aux analystes que la prime était constituée par les synergies que les deux groupes pouvaient espérer tirer de la fusion, dont il estime le montant à plus de 7 milliards de dollars.

Pour l'instant, cependant, la proposition de Barrick valorise le titre de Newmont à 32,24 dollars par action, nettement sous le dernier cours de clôture du groupe américain en Bourse, à 34,46 dollars à New York. L'action des deux géants a progressé de près de 2% lundi, Barrick clôturant de son côté à 12,55 dollars à New York.

Vers une coentreprise ?

Toujours dans son communiqué, Newmont affirme également que le portefeuille de sites de Barrick Gold comporte de nombreuses zones à risque alors que, d'un autre côté, le mariage avec Goldcorp rassemblerait des actifs "dans des juridictions minières favorables et dans des districts aurifères prolifiques sur quatre continents". Si un rachat semble donc exclu, Newmont a proposé à Barrick Gold de créer une coentreprise pour exploiter leurs principaux gisements respectifs, au Nevada, voisins ou très rapprochés les uns des autres. Cet État de l'Ouest américain est un des territoires les plus prometteurs pour l'extraction aurifère et déjà une des principales sources d'approvisionnement de métal jaune dans le monde.

Une proposition qui "permettrait aux actionnaires des deux entreprises de concrétiser les synergies existantes tout en évitant les risques importants et les complications liées à la proposition non sollicitée de Barrick", a indiqué le PDG de Newmont, en proposant un modèle d'alliance comme le groupe en a déjà discuté avec Barrick. Ce dernier a aussitôt repoussé cette offre, la qualifiant d'"irréaliste" car elle confierait la direction de la coentreprise à Newmont, ce qui, selon lui, ne reflète pas la valeur des actifs en cause sur le terrain.

"L'expérience nous a montré que les coentreprises ne fonctionnent bien que lorsque l'actionnaire majoritaire en est aussi l'opérateur", a répliqué Mark Bristow, PDG de Barrick, dans un communiqué. Pour rappel, les deux groupes avaient déjà cherché à fusionner dans le passé, la dernière tentative remontant à 2014. L'opération avait alors échoué au dernier moment car les deux géants miniers n'étaient pas parvenus à s'entendre sur la gouvernance de la nouvelle entité ainsi que sur la localisation du siège social.

Concernant les cours du métal précieux, ils évoluent en dents de scie depuis la fin de la flambée des cours en 2013. Vers 17h30, ce mardi, une once d'or se négocie autour de 1.284 dollars à New York.

(avec AFP)

Quentin Soubranne - ©2019 BFM Bourse
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