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Les incroyables volumes d'échanges sur le marché de l'or de Londres

dimanche 2 décembre 2018 à 12h00
Le marché des lingots londonien vient de révéler ses volumes d'échanges quotidiens

(BFM Bourse) - Le marché des lingots de Londres, créé au XVIIe siècle, a divulgué pour la première fois de son histoire des données sur les volumes d'or -colossaux- qui y sont échangés quotidiennement. L'opacité qui a longtemps prédominé sur ce marché semble désormais toucher à sa fin.

Après avoir révélé l'an dernier les quantités d'or conservées dans ses coffres-fort (environ 7.500 tonnes), le marché des lingots d'or et de métaux précieux de Londres a commencé à dévoiler les volumes colossaux d'échanges quotidiens sur cet actif. Selon les données de la London Bullion Market Association (la "LBMA" est l'entité qui supervise ce marché) recueillies par Simplitium, 939 tonnes d'or ont changé quotidiennement de main au cours de la semaine allant du 12 au 16 novembre, soit 39,6 milliards de dollars - ou environ 32,3 milliards d'euros par jour. C'est près de dix fois plus les volumes traités sur un indice tel que le CAC 40 (3,73 milliards d'euros en moyenne sur la semaine considérée).

Dans le détail, 63% de ces échanges concernent le marché spot (vente directe), 31% portent sur des contrats à termes (engagement d'achat à une date et un prix convenus à l'avance) et 6% sur des options et des prêts.

Ces volumes dépassent de très loin les besoins matériels en or dans l'industrie et la joaillerie. "Quelqu'un peut-il citer une seule activité économique dont le négoce artificiel excède l'activité économique physique réelle dans une disproportion aussi folle ? Le marché mondial de la joaillerie ne consomme que 90 milliards de dollars d'or - par an", a ainsi réagi sur Twitter le fondateur de la plate-forme de courtage en métaux précieux Goldmoney, Roy Sebag.

"Le marché de l'or est le deuxième marché le plus liquide au monde après les bons du trésor américain" affirme ainsi Jean-François Faure, fondateur et président de AuCoffre.com, une plate-forme en ligne sécurisée pour l’achat et la vente de métaux précieux (or, argent, diamant).

Moins gros que le marché de New York

Tout gigantesque qu'il soit, le marché des lingots de Londres est dépassé, en taille, par le marché à terme new-yorkais, le Comex (pour "Commodity Exchange") de New York, où 34 millions d'onces d'or ont été échangées quotidiennement la semaine dernière, contre 30,9 millions d'onces "seulement" à Londres. D'autres marchés comme "ceux de Shanghai, Mumbai, Istanbul et Tokyo" sont également "très dynamiques", ajoute le fondateur de AuCoffre.com.

Si Jean-François Faure estime que la publication des données de ce marché de gré-à-gré est "plutôt une surprise", il y voit "une réponse à l'annonce selon laquelle JP Morgan allait gérer l'or des clients de la banque de France". Autrement dit, les banques centrales détentrices du métal précieux ne seront plus obligées de passer par Londres pour réaliser des transactions sur ce marché. "Dans le fond, Londres craint surtout que sa position dominante sur ce marché historique et extrêmement juteux soit remise en cause avec le Brexit", juge Jean-François Faure.

Après les scandales, la transparence

Pour éviter d'être traduites en justice par les autorités américaines pour "manipulations concertées des marchés des métaux précieux, la Deutsche Bank, UBS et HSBC ont accepté de verser des amendes de dizaines de millions d'euros au DoJ américain en janvier dernier. Avant elles, la Financial Conduct Authority (FCA) britannique avait condamné Barclays à verser 32 millions d’euros pour manipulation du cours de l’or en mai 2014. Précision importante, l'établissement bancaire britannique était, à l'époque, l'une des quatre banques chargées de fixer le cours de l'or. Elles sont désormais 13 "market makers", dont BNP Paribas et Société Générale.

Ces deux scandales, et les soupçons de manipulations qui se sont amplifiés depuis, ont incité les différents marchés de l'or à améliorer la transparence. "Jusqu'au début des années 2000, on avait encore des marchés négociés presque à la criée ou des banquiers qui se passaient des coups de fil tous les jours à la même heure pour fixer les cours", raconte Jean-François Faure.

Pour mettre un terme à ces pratique, la LBMA a lancé en mars dernier un appel d’offres pour assurer la traçabilité sur le marché de l’or et prévenir la contrefaçon. Le 19 octobre, l'association a lancé la procédure d’homologation d’entreprises lui permettant d’assurer cette traçabilité et la plupart d'entre elles prévoient de s'appuyer sur la blockchain. La LBMA espère que cette technologie lui permettra d’exclure le métal "extrait de manière illégale ou utilisé dans le financement de conflits" précise Jean-François Faure.

Quentin Soubranne - ©2018 BFM Bourse
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