(BFM Bourse) - Le fabricant finlandais d'équipements télécoms va faire son retour dans cet important indice européen, évinçant le constructeur automobile allemand Volkswagen qui traverse d'importantes perturbations.
Nokia retourne dans l'élite boursière européenne. L'équipementier télécoms finlandais va réintégrer l'indice Eurostoxx 50, un an après en avoir été évincé. Il sera accompagné du groupe français Engie, qui gagne 40% sur un an. L’énergéticien français est parvenu à quitter son costume de valeur mésestimée des investisseurs pour celui d'une solide action génératrice de croissance de ses bénéfices.
Cette promotion, qui offre aux heureux élus une meilleure exposition aux fonds indiciels, prendra effet le 21 septembre. Elle se fera au détriment de Volkswagen qui est confronté à des défis de taille sur des marchés clés, notamment en Chine et aux États-Unis, où des difficultés structurelles telles que l'intensification de la concurrence et les droits de douane persistent.
Le constructeur automobile allemand a abaissé ses perspectives de revenus en juillet dernier et se restructure actuellement à coups de dizaines de milliers de suppressions de postes.
Pour en revenir à l'heureux promu, il figurait déjà dans l'indice Stoxx Europe 600 et son récent parcours boursier lui a ouvert les portes de l'échelon supérieur. La société gagne encore près de 56,3% depuis le début de l'année, et quasiment 140% sur un an.
Connue pour ses modèles iconiques et à la réputation d'être increvables comme le Nokia 3310 avant de frôler la disparition avec l'arrivée des smartphones, la société est désormais sur un créneau bien éloigné de celui qui a fait sa renommée dans les années 90 et 2000.
L'histoire boursière de Nokia est en effet désormais intimement liée au développement des infrastructures nécessaires à l'intelligence artificielle (IA).
La société propose aux entreprises des solutions de commutation pour les centres de données, de routage IP et de réseaux optiques afin d'offrir une connectivité réseau hautement performante au sein des centres de données et entre eux. Ce qui devient une nécessité avec l'augmentation de la demande générée par les charges de travail liées à l'IA.
Les comptes de Nokia témoignent de cette forte demande pour ses solutions destinées à l'IA. "Au deuxième trimestre, nos prises de commandes d’IA et de Cloud étaient de 2,8 milliards d'euros, tandis que les ventes ont plus que doublé d’une année sur l’autre", a déclaré son dirigeant Justin Hotard, qui a pris les rênes du groupe finlandais en fin d'année dernière.
"Nous avons sécurisé des commandes à long terme dans les réseaux optiques et les réseaux IP. Nous nous attendons à ce que la moitié de ces commandes se convertissent en revenus au cours des douze prochains mois", avait ajouté le dirigeant lors de la publication des résultats du deuxième trimestre en juillet dernier.
Selon Deutsche Bank, les commandes du segment IA & Cloud de Nokia pour 2026 semblent désormais en voie de plus que tripler, "ce qui témoigne d'une excellente dynamique dans les réseaux optiques et la commutation chez les principaux hyperscalers".
Nokia, une société "proxy" de Nvidia
Le parcours boursier de Nokia est aussi intiment lié aux annonces et performances du géant des puces Nvidia. Le groupe basé à Espoo a développé en collaboration avec Nvidia la première plateforme commerciale AI-RAN, un réseau d'accès radio piloté par l'intelligence artificielle.
La société souligne que cette technologie a déjà permis d'améliorer l'efficacité spectrale (capacité d’un réseau sans fil à transmettre des données sur une bande passante donnée de la manière la plus efficace possible, NDLR), de plus de 20% et vise un gain de 50% d'ici 2027, puis de plus de 100% d'ici 2028.
Nokia prévoit des installations pilotes pour la fin de l'année 2026, suivies d'un lancement commercial attendu en 2027.
Ce lien entre les deux sociétés est aussi capitalistique depuis l'an passé. En octobre 2025, la première capitalisation mondiale nokia.com/newsroom/nokia-partners-with-nvidia/">a investi 1 milliard de dollars pour acquérir 2,9% du groupe finlandais. Cet investissement s'accompagne d'un partenariat stratégique entre les deux sociétés. Le titre du groupe finlandais avait alors flambé de 20,9% en réaction à cette annonce.
Rappelons que Nvidia a livré la semaine dernière des résultats trimestriels stratosphériques, et des prévisions supérieures aux attentes. Le groupe américain ne constate pas de véritable essoufflement, tablant sur environ 108 milliards de dollars de chiffre d’affaires au troisième trimestre, bien plus que les 105 milliards de dollars anticipés par les analystes.
Le dirigeant de Nvidia, Jensen Huang, avait même évoqué des perspectives "énormes" pour 2027. La directrice financière, Colette Kress, avait indiqué pour sa part, que le groupe tablait sur une progression de 70% de ses revenus lors de l'exercice fiscal 2028 (clôturé fin janvier 2028), contre plus de 100% actuellement. Autrement dit, Nvidia est davantage confrontée à des tensions d'approvisionnement qu’à un manque de demande.
Un ancien pensionnaire du CAC 40
Pour en revenir au groupe finlandais, celui-ci a annoncé mardi 1er septembre l'ouverture d'un nouveau centre de recherche et développement en Arabie saoudite. Il sera dédié au développement de logiciels d'automatisation pour les réseaux pilotés par IA, avec l'objectif de permettre aux infrastructures télécoms de pouvoir s'auto-configurer et s'auto-réparer.
A la Bourse de Helsinki, Nokia grimpe de 0,6% ce mercredi 2 septembre. Jusqu'à la fin de l'année 2025, le groupe finlandais était aussi coté à la Bourse de Paris.
Cette cotation à Paris tirait son origine du rachat en 2015 de son concurrent français Alcatel-Lucent, une opération qui s'était réalisée en titre. Ce qui avait abouti en 2016 à la radiation d'Alcatel-Lucent de la Bourse de Paris.
Nokia avait alors pris la place d'Alcatel-Lucent au sein du CAC 40 en janvier 2016. Le groupe finlandais avait ensuite été expulsé de l'indice parisien par STMicroelectronics en septembre 2017.
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