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Lvmh : Comment LVMH a (encore) surpassé les attentes du consensus

vendredi 16 octobre 2020 à 11h40
LVMH prend la tête du CAC 40

(BFM Bourse) - Le géant mondial du luxe rassure les investisseurs en limitant l'érosion de ses revenus trimestriels, grâce au dynamisme des ventes en Chine et à la maroquinerie. Le titre LVMH remonte à proximité de son record historique, entraînant dans son sillage les autres valeurs du secteur - et l'ensemble de l'indice parisien.

La routine. Même en pleine crise sanitaire, LVMH ne peut pas s'empêcher de surprendre (positivement) le marché. Comme à son habitude, le n°1 mondial du luxe a fait part d'une résilience impressionnante au troisième trimestre, les chiffres dévoilés jeudi après Bourse ressortant nettement au-dessus des attentes des analystes. Le marché lui rend bien puisque le titre LVMH domine le palmarès du CAC 40 avec un bond de 6,8% à 430,3 euros qui le ramène à un sommet depuis le 21 janvier dernier, à moins de 2% de son plus haut historique touché quelques jours auparavant à 439,05 euros. L'action du géant mondial reprend ainsi 50,9% depuis son plancher touché mi-mars dernier. La valorisation du groupe, elle, s'établit à plus de 217 milliards d'euros, soit la première capitalisation boursière de la zone euro.

Dans son sillage, Hermès et Kering s'adjugent respectivement 3,7% et 3,6% vers 10h20, ce qui permet au premier cité d'atteindre un nouveau plafond historique à près de 85 milliards d'euros de valorisation (4e du CAC), quand le second revient à 2% de son plus haut récent (et historique), à 76 milliards de capitalisation boursière (6e du CAC). Plus que jamais, le luxe est au firmament de la cote parisienne.

Louis Vuitton et la Chine

"Le rapport positif de LVMH, premier des grands acteurs européens du luxe à publier des résultats trimestriels, est de bon augure pour les autres acteurs du secteur" estime Luca Solca, analyste chez Bernstein, qui s'attend "à ce que d'autres acteurs, notamment Hermès, suivent cette voie". Le point d'activité du n°1 mondial du secteur confirme en outre l'impression de l'analyste d'un "été fort" pour les produits de luxe. "À l'ère du Covid, le gap de performance entre les grandes et les petites marques aura augmenté de façon spectaculaire, Louis Vuitton (CA en hausse de 12% sur un an au T3, en organique, à 5,945 milliards d'euros, NDLR) se distinguant très nettement", renchérit l'analyste Erwan Rambourg chez HSBC.

Le ton est plus mesuré chez Crédit Suisse, où l'analyste Guillaume Gauville juge que "la performance trimestrielle [de LVMH] est largement due au marketing intelligent de marques clés telles que Louis Vuitton et Dior" et incite les investisseurs à faire a "preuve de prudence lorsqu'ils extrapolent ce rythme [de croissance] à d'autres marques de mode".

Outre Louis Vuitton, la Chine et la division Mode & Maroquinerie du géant du luxe lui ont permis de dépasser les attentes du marché entre juillet et septembre, période au cours de laquelle LVMH a engrangé 11,955 milliards de revenus, en repli de 7% (en organique) par rapport au troisième trimestre 2019, "battant notre prévision ainsi que celle du consensus le plus récent à respectivement 11,651 milliards (-9% en organique) et 11,24 milliards (-12% en organique)" souligne Jean Danjou, analyste en charge du dossier chez Oddo. Jefferies résume le sentiment général en parlant de "big big beat", pour qualifier ces résultats très largement supérieurs aux attentes.

Une performance d'autant plus remarquable que LVMH ne disposait pas vraiment d'une base de comparaison favorable, puisque le groupe avait déjà nettement battu le consensus au T3 2019 (croissance organique de 11% quand les analystes tablaient sur moins de 10%).

Le premier fabricant mondial de produits de luxe a enregistré une croissance comparable de 12% du chiffre d'affaires de sa division Mode & Maroquinerie pour atteindre 5,9 milliards d'euros, ce qui est bien mieux que la baisse de 1% attendue par les analystes. "La marque Louis Vuitton a renoué avec la croissance en Chine au cours du troisième trimestre", a également déclaré le directeur financier Jean-Jacques Guiony lors d'une conférence téléphonique. "De nombreux consommateurs chinois fortunés abandonnent les voyages internationaux pour des achats de luxe", constate Amrita Banta, directrice générale du cabinet de conseil en luxe Agility Research, basé à Singapour, qui a constaté "une montée en gamme avec un grand intérêt pour des marques plus emblématiques". Un sentiment partagé par l'analyste de Bryan Garnier, selon qui "la pandémie a renforcé les marques les plus fortes et les plus iconiques au détriment des plus petites". "Les chiffres (dévoilés par LVMH, NDMR) montrent clairement que l'appétit pour les produits de luxe n'a pas disparu avec la crise" constate-t-il également.

Après avoir vu ses revenus se contracter de 24% en Asie (hors Japon) sur les six premiers mois de l'année, LVMH a enregistré une croissance organique de ses ventes de 13% en organique au troisième trimestre dans la région, la seule en croissance sur la période (-24% en Europe, -4% aux États-Unis, -17% au Japon). Et selon un rapport publié en septembre par le Boston Consulting Group, en collaboration avec Tencent, les ventes de produits de luxe devraient bondir de 30% sur l'année en Chine, avec une accélération sur les derniers mois, ce qui offre des perspectives favorables à LVMH, le groupe tricolore ayant depuis longtemps ciblé ce relais de croissance.

"Le reste [du point d'activité] est sans vraie surprise" juge Jean Danjou, citant le recul de la division Montres et joaillerie (-14%), des Parfums et cosmétiques (-16%), ou encore de la Distribution sélective (Séphora, DFS et Bon Marché, à -29%).

Du coté de LVMH, on note que "les signes encourageants de reprise observés en juin pour plusieurs activités du groupe se sont confirmés au troisième trimestre dans toutes les régions, notamment aux Etats-Unis et en Asie". Mais si une "amélioration considérable" a été constatée au troisième trimestre, le groupe dirigé par Bernard Arnault avertit que, compte tenu des incertitudes persistantes sur les plans économique et sanitaire, il "continuera de faire preuve de vigilance et de renforcer sa politique de maîtrise des coûts et de sélectivité des investissements".

Dans le sillage de ce point d'activité, trois analystes ont déjà relevé leur cible sur le titre LVMH, de 427 à 437 euros chez Oddo BHF, de 452 à 460 euros chez Bryan Garnier et de 360 à 379 euros chez Invest Securities. Ce dernier pointe néanmoins "un facteur d'incertitude pour 2021" en "l'absence de redémarrage de flux touristiques", alors que "le cluster chinois fonctionne effectivement à plein régime, mais peine à compenser l'absence de relais sur les marchés de flux toujours soumis à la diète".

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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