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Ipsen : Comment Ipsen vise une "nouvelle vague de croissance" de 40% d'ici 2022

mardi 14 mai 2019 à 17h14
La journée investisseurs d'Ipsen bien accueillie

(BFM Bourse) - Dans un entretien à BFM Bourse, le directeur général d'Ipsen, David Meek, détaille les nouveaux objectifs financiers de l'entreprise. Le groupe vise 3,2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2022 et prévoit d'investir plus d'un milliard d'euros pour renforcer son portefeuille de traitements.

Après être retombé la semaine dernière à un plus bas niveau en Bourse depuis la fin 2017 en raison de la crainte d'une éventuelle concurrence générique de son principal produit, Ipsen se reconnecte visiblement avec la communauté financière mardi, à l'occasion d'une journée investisseurs organisée à Paris par le groupe qui célèbre cette année le 90e anniversaire de sa fondation. Dans ce cadre, le laboratoire a dressé un panorama de son portefeuille de recherche et développement et livré des objectifs financiers à horizon 2022 appréciés du marché. Parmi les plus fortes hausses du SBF 120, le titre rebondissait de 3,67% à 104,60 euros vers 16h00.

L’objectif premier de cette rencontre est de partager avec les investisseurs l’avancement du "pipeline" de projets thérapeutiques, en regard notamment des ambitions stratégiques détaillées en 2017, peu après l’arrivée à la tête du groupe d'un vétéran américain de l'industrie, David Meek, passé par Johnson & Johnson, Novartis et Baxter/Baxalta.

5 nouvelles molécules déjà en développement clinique

Le groupe s'était à l'époque donné pour but de réaliser une croissance supérieure à 14% l'an sur la période 2016-2020 tout en dégageant plus de 30% de marge opérationnelle, en établissant des positions de leader dans les spécialités liées à trois domaines thérapeutiques d'élection : l’oncologie, les neurosciences et les maladies rares. Des objectifs qui ont été largement dépassés en 2017 et l'année dernière.

"La vision donnée en mai 2017 était de devenir un leader mondial dans nos spécialités biopharmaceutiques et c’est ce que nous avons accompli, en ayant conquis une place de numéro 1 ou numéro 2 mondial dans chacune, et ce avec une présence géographique très équilibrée entre l’Amérique du Nord, l’Europe et le reste du monde (dont la Chine)", a noté David Meek.

En poursuivant les efforts d'innovation à partir de ressources tant externes qu'internes, Ipsen compte susciter une "nouvelle vague de croissance" susceptible d'alimenter ses revenus au moins pour la prochaine décennie, a confié David Meek à BFM Bourse. En se limitant strictement au contenu actuel de son portefeuille, le groupe compte cinq nouvelles molécules actuellement en développement clinique (à l'essai chez l'homme) et devrait déposer neuf demandes de mise sur le marché d'ici à 2022.

Un concurrent générique pour son blockbuster Somatuline

En termes financiers, ces atouts cliniques devraient aboutir à un chiffre d'affaires d'environ 3,2 milliards d'euros d'ici 2022 (soit 42% de plus qu'en 2018, où il avait atteint 2,25 milliards d'euros), accompagné d'une marge opérationnelle supérieure à 32% du chiffre d'affaires. Les hypothèses sur lesquelles le laboratoire fondé par Henri Beaufour a bâti ce plan sont prudentes, reconnaît le directeur général, puisqu'elles se basent uniquement sur le portefeuille de produits existants dans leurs indications actuelles - supposant non seulement que l'entreprise ne parvienne à faire éclore aucun autre nouveau produit mais qu'elle n'affiche également aucun succès à l’enregistrement. Ces prévisions intègrent de plus l’arrivée dès 2021 d'un concurrent générique pour Somatuline. Avec 847 millions d'euros de ventes en 2018, ce peptide à libération prolongée destinée à traiter les tumeurs neuroendocrines (hormonales) et l'acromégalie est entrée l’an dernier dans le club des "blockbusters" (ces médicaments, au nombre de 131 dans le monde selon le dernier décompte de Med Ad News pour 2017, dépassant la barre du milliard de chiffre d’affaires exprimé en dollars).

Le dirigeant a souligné que l’arrivée d’un générique de Concordia/Advanz en 2021 représentait un scénario idéal mais pas acquis pour ce labo indo-canadien, dont les deux premières demandes d’homologation ont été retoquées par les autorités et dont la santé financière n'est pas au mieux.

À court terme, la trajectoire actuelle de croissance d’Ipsen se poursuivra, assure David Meek. "Nous figurons parmi les leaders mondiaux en termes de croissance", a rappelé le dirigeant. Le laboratoire a en effet dégagé en 2017 et l’an dernier une croissance supérieure à 20%, une performance difficilement égalée parmi les groupes pharmaceutiques de cette taille.

Le groupe continuera à investir pour construire un portefeuille innovant et durable, projetant de dépenser en R&D l'équivalent de 15% de ses revenus annuels. "Dans R&D, l'accent est bien mis sur le D", a déclaré le directeur général en référence à la partie développement (essais cliniques), moins risquée que la mise au point de nouvelles molécule. Ipsen ne mène pas aujourd'hui de recherches fondamentales à l’exception d’un domaine, les neurotoxines.

Plus d'un milliard à dépenser d'ici 2020 pour des acquisitions

Le groupe, qui a finalisé en avril le rachat du québecois Clementia Pharmaceuticals pour 1,04 milliard de dollars, restera également "très actif" en termes de croissance externe.

En termes concrets, le laboratoire se fixe un budget de 300 millions d'euros pour le reste de l'année et 1 milliard d'euros pour 2020.

S'il admet que la correction des marchés financiers fin 2018 a sans doute ramené à la réalité certaines prétentions de la part d'éventuelles cibles, David Meek affirme qu'Ipsen continuera à observer une approche prudente en matière d'acquisitions. "Nous réfléchissons d’abord en termes de stratégie, seulement ensuite de financement et de prix, et enfin d’intégration. Se retrouver dans un processus d’enchères est plutôt ce que nous voulons éviter. Dans ce cas de figure, c’est d’une façon ou d’une autre celui qui sort le plus gros chèque qui remporte la mise, et comme tous les candidats sont pressés, le risque est de négliger la due diligence, et faire des erreurs", détaille-t-il.

L'exemple de Clementia illustre tout à fait cette démarche, explique David Meek "Les actifs de Clementia et l'approche de ses dirigeants correspondaient à nos yeux parfaitement à notre stratégie. Nous étions convaincus de l'intérêt de la molécule développée par Clementia, palovarotène, dans le traitement de maladies rares et sévèrement invalidantes sans option thérapeutiques [la fibrodysplasie ossifiante progressive et à un stade plus précoce les ostéochondromes multiples]. Nous avions approché la société très en amont pour bien identifier ce que nous pouvions mutuellement nous apporter et lorsque nous avons présenté notre offre, l'entreprise était à peine sur le radar de nos concurrents", relate le DG. "Nous avons désormais des équipes dans le monde entier à Cambridge, Boston, Londres, Paris et en Chine, qui chassent l'innovation très tôt, partout où se concentre l’écosystème des biotechs".

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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