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ILIAD

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Iliad : Comment le manque de reconnaissance boursière pousse Iliad hors de la cote

vendredi 30 juillet 2021 à 11h31

(BFM Bourse) - Simple fournisseur d'accès à internet (...bas débit) sur le marché français au moment de son entrée en Bourse, Iliad est devenu un des principaux opérateurs télécoms en Europe avec 42,7 millions d'abonnés. Pourtant, après une première décennie boursière faste, son parcours depuis 2015 se révèle décevant. Au point que son fondateur décide de tirer un trait sur une odyssée inachevée.

C'était la déconvenue de trop pour le fondateur et actionnaire majoritaire de l'opérateur télécoms, Xavier Niel. Jusqu'à l'annonce de ce vendredi matin, Iliad voyait sa capitalisation fondre de plus de 32% depuis le début d'année à 6,7 milliards d'euros (plaçant le groupe autour du 70e rang des entreprises françaises cotées), pénalisé notamment par l'annonce d'une intensification des efforts d'investissement dans les infrastructures 5G.

L'entrepreneur français, âgé de 53 ans (il en avait seulement 20 lorsqu'il avait arrêté ses études pour créer sa première société) a choisi de renforcer son engagement au capital du groupe "en affirmation d’une stratégie ambitieuse de long terme" pour Iliad, en lançant une offre publique sur la fraction du capital, soit un peu moins de 30%, qu'il ne détient pas encore.

"J’ai fondé Iliad en 1999 [NDLR : cette date correspond à la création de l'activité télécom, la création juridique de l'entreprise remontant à 1987 mais dans un domaine d'activité quelque peu différent à l'origine] et je suis très fier du parcours du groupe et de la valeur créée pour tous les actionnaires. Désormais, la nouvelle phase de développement d’Iliad exige des transformations rapides et des investissements significatifs qui seront plus aisément menés à bien en tant que société non cotée", a expliqué Xavier Niel. "Notre ambition pour Iliad nous pousse à accélérer son développement pour en faire un leader des télécommunications en Europe", a-t-il ajouté.

Le fondateur propose aux actionnaires minoritaires de racheter leurs actions au prix de 182 euros par action, soit une prime de 61% par rapport au dernier cours de clôture précédant l'annonce (ou une prime de 52,7% comparé à la moyenne des cours sur le mois précédant). Le conseil d’administration a accueilli favorablement le projet, et se prononcera formellement en août afin de se prononcer, sur recommandation d'un comité formé expressément et après réception du rapport d'un expert indépendant, sur les conditions de l'offre et sur son intérêt pour les différentes parties prenantes - actionnaires et salariés.

La mise en œuvre de l'offre nécessitera en outre qu'elle soit déclarée par l'Autorité des marchés financiers conforme aux procédures en vigueur, et sous cette réserve devrait débuter le 8 septembre. L'objectif de Xavier Niel est de réunir au moins 90% du capital à l'issue de l'offre, de manière à pouvoir lancer, comme la réglementation le prévoit, une procédure de retrait de la cote. En pratique, cela signifie qu'il ne lui faut plus récupérer qu'une quinzaine de pourcents du capital pour atteindre ce seuil de 90%, les managers et actionnaires historiques s'étant déjà engagés à apporter leurs actions.

Il est vrai que le parcours d'Iliad en Bourse a de quoi laisser un goût d'inachevé en regard du développement opérationnel, humain et financier de l'entreprise, qui incarne l'une des plus remarquables réussites dans le capitalisme français depuis vingt ans.

L'introduction en Bourse de la maison mère de Free fin janvier 2004, à 16,30 euros, avait été très bien accueillie. L'offre avait été largement sur-souscrite, attirant notamment 15.000 particuliers. Dès sa première séance, le cours s'était envole de 30,37%, à 21,25 euros - portant alors la capitalisation au-delà du milliard d'euros.

Par la suite, le titre avait progressé régulièrement (hormis 2008, début de la crise financière) et l'action était entrée au SBF 120 en 2012. Iliad n'a cependant jamais été considéré pour le CAC 40, car si le groupe aurait pu y prétendre du fait de sa capitalisation, la taille limitée du flottant constituait un frein aux yeux du conseil scientifique des indices. En 2012 toujours, Free faisait une entrée remarquée sur le marché français de la téléphonie mobile, venant bousculer Orange, Bouygues et SFR (groupe Altice, également propriétaire de ce site). Véritable tour de force, il ne lui avait fallu que 18 mois pour devenir rentable sur cette activité.

Célébrant la réussite éclatante du projet Free Mobile, le titre avait atteint courant 2014 un pic de près de 250 euros (Iliad valait alors davantage que la totalité du groupe Bouygues en Bourse). Mais à partir de là, le secteur télécom a commencé à perdre de plus en plus d'attrait aux yeux des investisseurs, refroidis par une nouvelle vague d'investissements à venir dans la fibre et dans la 5G.

Au contraire, l'appétit de Xavier Niel pour l'action de son groupe ne s'est jamais démenti. Il achetait déjà des titres sur le marché dans les mois suivant l'introduction en Bourse de janvier 2004. Après une baisse particulièrement appuyée entre 2017 et 2019, il s'est significativement renforcé au capital en finançant le lancement par Iliad d'une offre de rachat de ses propres actions, portant sur près de 20% du capital, à 120 euros par action. Très largement majoritaire, il supporte donc l'essentiel des investissements du groupe, ce qui rendait le maintien d'une cotation de moins en moins pertinent.

Pourtant, la création de valeur a bien été au rendez-vous, au-delà des espérances, si l'on compare la situation d'Iliad au terme de l'exercice 2003, donc juste avant son introduction, à celle atteinte l'an dernier.

À la veille de son arrivée en Bourse, le groupe opérait essentiellement dans la téléphonie fixe et la fourniture d'accès à internet, détenant 15% du marché ADSL avec 485.000 abonnés au "haut débit" internet (il opérait, à la marge, des services de téléphonie via Kertel). Son chiffre d'affaires de 2003 atteignait 293,05 millions d'euros.

L'an dernier, le groupe, présent aussi bien dans le mobile, le fixe et internet, comptait... 42,7 millions d'abonnés en France, Italie et Pologne. Son chiffre d'affaires s'est élevé a 5,871 milliards d'euros de chiffre d'affaires (soit vingt fois plus).

Encore plus impressionnant, le montant des capitaux propres (qui augmente avec la part des bénéfices mis en réserve chaque année, constituant donc une très bonne mesure de la création de valeur à long terme) est passé de 55,227 millions d'euros fin 2003, à 5,5 milliards d'euros l'an dernier, soit pratiquement une multiplication par 100.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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