(BFM Bourse) - Le titre du sellier-maroquinier évolue en nette baisse ce lundi 22 janvier alors que les analystes font leurs comptes avant la publication du deuxième trimestre, qui risque de ne pas marquer une accélération conséquente.
Le marché reste sous le choc de l'activité du premier trimestre dévoilée en avril dernier par Hermès.
L'entreprise avait alors dégagé une progression de ses revenus de seulement 5,6% en données comparables, un chiffre à des années lumière de ses standards, plus proches de 10%. Il s'agissait de la plus faible croissance publiée par le sellier-maroquinier depuis le deuxième trimestre 2020.
"La confiance dans la capacité d'Hermès à générer une croissance solide a été ébranlée par des résultats décevants au premier trimestre", résume Jefferies.
L'entreprise avait subi de plein fouet l'impact du conflit au Moyen-Orient qui a non seulement plombé ses ventes dans la région mais également pénalisé celles en France.
En raison du plongeon des flux touristiques liés à la clientèle du Golfe, Hermès avait vu ses revenus reculer de 2,8% dans l'Hexagone, où plus de 50% des ventes sont réalisées par des touristes.
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Plus forte baisse du CAC 40
Au total, la société a estimé que la guerre avec l'Iran avait retranché près de 1,5 point de pourcentage à sa croissance au premier trimestre 2026. Le directeur financier, Éric du Halgouët, avait toutefois précisé avoir constaté "une légère amélioration début avril", tous les magasins du groupe étant désormais ouverts au Moyen-Orient.
Certains analystes remettaient également en question de façon plus structurelle la croissance de la société à la suite de cette publication. Bernstein écrivait, par exemple, que le marché risque de s'interroger "sur la possibilité que le modèle 'more of the same' d'Hermès atteigne ses limites".
Ces inquiétudes semblent revenir à la surface. Ce lundi 22 juin, l'action du groupe chute de 5,32% vers 16h05 et accuse la plus forte baisse du CAC 40.
Selon un intermédiaire financier, la chute du titre s'explique par le fait que le groupe a tenu une conférence téléphonique en amont de la publication de ses résultats semestriels, à la suite de quoi les analystes ont publié des notes plutôt négatives.
Barclays souligne que l'impact de la guerre contre l'Iran sur la zone Moyen-Orient sera plus important au deuxième trimestre (tout simplement parce que cette guère aura pesé d'avril à juin, contre seulement sur le mois de mars au premier trimestre).
Repli des marges
Outre le Moyen-Orient, la banque s'attend à ce qu'Hermès souffre encore dans la région Asie-Pacifique "en raison notamment de la faiblesse persistante, liée à des facteurs macroéconomiques, ainsi qu'à la demande des consommateurs aspirationnels (une clientèle plus jeune et moins riche que la clientèle traditionnelle) chinoise".
La banque anticipe une progression des revenus en données comparables de 3,5% dans la région Asie-Pacifique. En France la croissance devrait se redresser à 4% après une baisse de 2,8% au premier trimestre, en raison d'un retour des touristes dans l'Hexagone.
In fine, Barclays anticipe une croissance encore modeste sur le deuxième trimestre, de 6,4%, soit moins que le consensus (la prévision moyenne des analystes) logé à 6,8%.
La banque anticipe, par ailleurs, un repli d'un point de pourcentage de la marge opérationnelle courante de la société au premier semestre, à 40,4%.
De son côté, Jefferies se montre plus positif, réitérant son conseil à l'achat. La banque estime que les résultats semestriels, le 29 juillet, permettront de "confirmer une nouvelle accélération de la dynamique et la capacité du groupe à maintenir des marges et des rendements parmi les meilleurs du secteur".
Pour autant, Jefferies a abaissé son objectif de cours à 2.000 euros, contre 2.400 euros, en raison des "performances toujours mitigées en Chine".
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