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HERMES INTL

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Hermes intl : Lesté par le lourd impact du conflit au Moyen-Orient, Hermès faillit à sa réputation et livre sa croissance la plus faible depuis la pandémie, l'action s'effondre de 12%

Aujourd'hui à 09:44
Hermès plonge en Bourse

(BFM Bourse) - Le sellier-maroquinier a vu sa croissance tomber à 5,6% en données comparables au premier trimestre. Plusieurs analystes redoutent que le marché remette en question les qualités de l'action.

Les Cassandre avaient vu juste. En amont de la publication du premier trimestre d'Hermès, plusieurs analystes avaient prévenu que le sellier-maroquinier risquait de subir un violent coup de frein sur les trois premiers mois de 2026.

Certains, comme Barclays ou Royal Bank of Canada voyait même la croissance du groupe, habituée à flirter avec les 10% voire bien plus, chuter à 6% ou moins.

Ces craintes se sont totalement matérialisées. Sur les trois premiers mois de 2026, Hermès a annoncé ce mercredi 15 avril avoir dégagé des revenus de 4,07 milliards d'euros, en baisse de 1,4% en données publiées, en raison d'importants effets de changes défavorables.

En données comparables, c'est-à-dire hors effets de changes et de périmètre, la variable la plus scrutée par le marché, Hermès affiche une croissance de 5,6% sur le trimestre.

La plus faible croissance depuis près de six ans

Le sellier-maroquinier a largement manqué les attentes puisque le consensus (la prévision moyenne des analystes) était logé à 7,1% selon Bernstein.

Par ailleurs, cette croissance de 5,6% traduit la plus faible progression des revenus de la société depuis le deuxième trimestre 2020, période marquée par la pandémie de Covid-19.

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À la Bourse de Paris, l'action Hermès s'effondre de 13% vers 10h30, accusant de loin la plus forte baisse du CAC 40.

"Malgré l'abaissement pour le premier trimestre, Hermès a manqué les prévisions de croissance à taux de change constant de 1 à 2 points de pourcentage, avec une hausse de +5,6% à taux de change constant, ce qui suggère une croissance nulle des volumes sous-jacent compte tenu d'une augmentation des prix d'environ 6% et de l'ouverture de nouveaux espaces de ventes", décortique Deutsche Bank.

La société connue pour ses sacs Birkin et Kelly a évidemment été plombée par l'éclatement de la guerre contre l'Iran qui a lesté ses ventes au Moyen-Orient.

Hermès opère en direct trois magasins dans cette zone aux Émirats arabes unis, ce à quoi s'ajoutent trois magasins en concessions, au Qatar, à Barheïn et au Koweït, a rappelé aux analystes le directeur financier du groupe, Éric du Halgouët.

Ces magasins ont été contraints de fermer ou d'aménager leurs horaires durant le mois de mars, avec "des pertes de chiffres d'affaires de 20% à 30% suivant les jours dans les magasins opérés en direct", a expliqué le dirigeant.

Le Moyen-Orient a retranché 1,5 point de croissance

Ce qui explique le plongeon de 5,9% en données comparables des revenus de la société dans la région "Autres" (qui inclut surtout le Moyen-Orient) au premier trimestre.

Cette région "autres" ne pèse que pour 4,3% du chiffre d'affaires de la société. Mais au-delà de l'impact direct sur les ventes réalisées au Moyen-Orient, le conflit avec l'Iran a également pénalisé les flux touristiques, la clientèle du Golfe voyageant évidemment beaucoup moins. Rappelons qu'environ 30% des dépenses de luxe sont réalisées à l'étranger.

Éric du Halgouët a expliqué que la clientèle du Moyen-Orient était surtout présente à Londres, en Italie, en Suisse et en France.

En raison du plongeon des flux touristiques liés à la clientèle du Golfe, Hermès a vu ses revenus chuter de 2,8% en France, où plus de 50% des ventes sont réalisées par des touristes.

Au total, la société a estimé que la guerre avec l'Iran avait retranché près de 1,5 point de pourcentage à sa croissance au premier trimestre 2026. Éric du Halgouët a toutefois précisé avoir constaté "une légère amélioration début avril", tous les magasins du groupe étant désormais ouverts au Moyen-Orient.

Si le conflit avec l'Iran reste évidemment un élément exceptionnel, l'algorithme de croissance d'Hermès semble bien être remis en question par le marché.

Barclays estime d'ailleurs que la chute de l'action de la société n'est pas tant due au Moyen-Orient qu'à l'Asie Pacifique. Dans cette dernière région, qui inclut la Chine mais exclut le Japon, Hermès a accusé un net ralentissement, avec une croissance limitée à 2,2% contre 8% sur le trimestre précédent.

Éric du Halgouët a invoqué une base de comparaison exigeante, avec un fort Nouvel an chinois en 2025. Le directeur financier a également indiqué que Singapour et la Thaïlande avaient, sur la période, pâti de leur exposition au tourisme.

Faut-il se réinventer?

Deutsche Bank remarque qu'en dehors de la maroquinerie (9% de croissance au premier trimestre), la division phare de la société et celle sur laquelle l'héritage du groupe est le plus visible, les autres catégories (soies, vêtements, accessoires, horlogerie, beauté, parfums) affichent des baisses de volumes "mid single digit" (autour de 5%).

"Les craintes concernant le modèle d'activité d'Hermès et l'attrait des catégories autres que le cuir vont probablement refaire surface", prévient la banque allemande.

"La qualité des résultats (articles en cuir supérieurs à la moyenne, prêt-à-porter très faible mais soies et textiles solides malgré la faiblesse précédemment constatée de la clientèle aspirationnelle) est susceptible d'alimenter davantage le débat sur la résilience du modèle économique de l'entreprise", abonde UBS.

"Et, par conséquent, sur son taux de croissance terminal, ce qui exercera probablement une pression supplémentaire sur les multiples (de valorisation en Bourse"), ajoute la banque suisse.

Bernstein écrit pour sa part que le marché risque de s'interroger "sur la possibilité que le modèle 'more of the same' d'Hermès atteigne ses limites".

L'analyste en chef pour le luxe du bureau d'études, Luca Solca, a demandé à la direction du groupe si Hermès envisageait de se réinventer alors que les récentes données montrent que les renouvellements opérés par Chanel et Dior semblent fonctionner, notamment en Chine.

"Les fondamentaux d'Hermès vont être déterminants dans ses périodes un peu plus complexes, la création va jouer son rôle clef. Pour l'instant on ne va pas changer le modèle Hermès", a répondu Éric du Halgouët.

"Ce que l'on voit bien dans les dernières collections, c'est que toutes les nouveautés ont eu du succès", a assuré le dirigeant.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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