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Tout sur les dividendes

Qui dit performance boursière, pense généralement aux plus (ou moins) values, c'est-à-dire la différence entre le prix de vente et le prix d’achat d’une action. Mais le dividende peut apporter une contribution tout à fait significative à ladite performance, dès lors que l’horizon de placement s’étend sur plusieurs années.

Parce qu’ils apportent un surcroît de performance toujours bienvenu lorsque la Bourse monte, et jouent le rôle d’amortisseur lorsqu’elle baisse, les dividendes constituent d’ailleurs une thématique suffisamment intéressante pour représenter une catégorie de fonds communs de placement (FCP) à part entière. De nombreux gérant l’affirment : le dividende peut facilement représenter un tiers de la performance sur longue période, soit sur 10 ou 15 ans, un atout non négligeable pour la clientèle de ces fonds, logiquement attachée à la préservation – et si possible à la progression - de son capital.

Le célèbre professeur et économiste Jeremy Siegel est plus catégorique encore : « 97% des gains sur le Dow [Jones] depuis 1900 sont constitués par des dividendes réinvestis », explique-t-il dans son livre « The Future for Investors ».

Qu’est ce que le dividende ?

Il constitue la rémunération accordée à l’actionnaire qui a pris le risque d’investir dans une entreprise cotée. Il est tiré du bénéfice net distribuée chaque année aux actionnaires, variable en fonction des résultats de l’entreprise. Mais il peut être aussi prélevé sur les bénéfices mis en report à nouveau ou en réserves. Le dividende est aussi appelé « coupon », en référence à la période d’avant la dématérialisation des actions dans les années 1980.

Le dividende n’est pas obligatoire

Toutes les sociétés ne versent pas de dividendes, parfois faute de moyens, c’est alors le signe d’une mauvaise santé financière, ou bien par choix, l’entreprise préférant utilisant ses ressources financières pour se développer.

Par exemple, une jeune société innovante qui cherche à imposer sa technologie sur un marché un plein essor va souvent préférer consacrer ses ressources financières à son développement. A l’inverse, une grande multinationale aux revenus récurrents évoluant sur un marché mature aura fréquemment une politique de distribution généreuse à l’égard de ses actionnaires. Exemple : France Télécom. Alors que dans le même secteur, le groupe de télécommunication Iliad (Free), ne verse aucun dividende. De fait, France Télécom peine à faire croître ses revenus depuis plusieurs années, au contraire de son challenger, dont le chiffre d’affaires a plus que doublé entre 2006 et 2009.

Le rendement

Pour comparer entre elles les valeurs qui versent des dividendes, on se réfère en premier lieu à la notion de rendement, soit le rapport entre le dividende versé et le cours de Bourse d’une action donnée. D’où l’expression « valeur de rendement » couramment utilisée pour désigner les actions qui versent des dividendes élevés.

Retrouvez le Palmarès des rendements.

Exemple : Total a versé au titre de son exercice 2009 un dividende de 2,28 euros. Pour un cours de Bourse de 37 euros fin juin 2009, le rendement conféré par le dividende de Total s’établit donc à 6,1%. Un niveau de rémunération nettement supérieur à celui du Livret A. Mais il y a mieux ! Le meilleur rendement du CAC 40 est depuis quelque temps l’apanage de France Télécom : l’opérateur a versé un dividende de 1,4 € au titre de l’exercice 2009, soit un rendement de 9,6%.

Plus globalement, les taux de rendement de nombreuses entreprises cotées ont atteint des niveaux historiquement élevés en 2010 au titre de l’exercice 2009, dépassant souvent celui des obligations d’entreprises les plus sûres.

Le taux de distribution

Si l’investisseur peut calculer le rendement de son investissement, il peut aussi mesurer la générosité de l’entreprise avec le taux de distribution. Ce taux met en rapport le montant des dividendes distribués avec le bénéfice de l'entreprise. Ainsi, d’après les données du cabinet Ricol Lasteyrie, sur la base des publications de résultats annuels, les entreprises du CAC 40 devraient verser autour de 35,5 milliards d’euros à leurs actionnaires en 2010 au titre de l’exercice 2009, soit un taux de distribution de près de 60 %, particulièrement élevé. Une preuve de la volonté des entreprises de continuer à contenter leurs actionnaires malgré le recul de leurs profits.

Cas particulier, France Télécom a axé sa communication sur un taux de distribution de 40% à 45%, non pas de son résultat net, mais de son cash flow organique annuel. Un choix dicté par la volonté de l’entreprise de souligner l’importance de ses flux de trésorerie (plus de 8 milliards d’euros depuis plusieurs années).

Comment percevoir le dividende ?

Seule condition : détenir des actions la veille du jour du détachement du dividendedu dividende La date du détachement est communiquée par la société après vote des actionnaires en assemblée générale sur le montant du dividende. Au moment du détachement, le cours de l’action diminue du montant du dividende par action.

Retrouvez les derniers et les prochains versements distribués sur l’agenda des dividendes.

Le paiement du dividende intervient 3 jours ouvrables après le détachement, dans le cas « classique » d’un versement du dividende en numéraire.

Suite aux nouvelles règles en matière de règlement-livraison des transactions sur les marchés d’Euronext, applicables à partir du mois d’octobre 2014, le paiement du dividende pourra intervenir 2 jours ouvrables après le détachement.

Mais le délai s’allonge lorsque la société donne la possibilité à ses actionnaires de recevoir leur dividende sous forme d’actions. L’actionnaire dispose alors d’une semaine à un mois pour faire jouer son option, sans quoi il sera payé en numéraire.

Enfin, dans le cas particulier de l’achat d’une action au SRD avant le détachement du coupon, l’actionnaire percevra une « indemnité compensatrice », égale au dividende, le jour du règlement/livraison de ses actions (à la fin du mois). A l’inverse, le vendeur à découvert sera prélevé sur son compte du montant de cette même indemnité.

Le dividende payé en actions

Tombé en désuétude depuis le milieu des années 90, ce mode de paiement des dividendes est revenu très à la mode depuis la crise financière en 2008. Il a permis à de nombreuses entreprises de maintenir une politique de distribution significative sans entamer leur trésorerie, à un moment ou les liquidités se faisaient rares. Autre avantage de cette méthode pour les sociétés : l’émission d’actions nouvelles leur permet d’augmenter mécaniquement leur capital, donc leurs fonds propres. Effet collatéral : lorsque l’entreprise offre le choix du mode de paiement à ses actionnaires, ceux qui optent pour le dividende en numéraire se retrouvent pénalisés par la simple dilution mécanique de leur participation dans le capital.

En revanche les actionnaires qui choisissent le paiement en actions bénéficient d’une décote avantageuse, de 10% maximum sur la moyenne des cours des 20 dernières séances précédent l’assemblée générale (dont on déduit le montant du dividende). Un rabais qui explique le fort taux de souscription des actionnaires au paiement du dividende en actions lorsqu’il est proposé, en détriment du paiement en espèce. Mais si les investisseurs particuliers sont généralement friands de ce mode de paiement, il en va tout autrement des investisseurs institutionnels, très attachés au versement du dividende en numéraire, sur lequel ils se rémunèrent.

Calendrier, acompte et solde du dividende

Dans la pratique, la plupart des entreprises distribuent les dividendes entre mai et juillet et le versement du dividende a généralement lieu en une seule fois. Mais de nombreuses sociétés, comme Total, France Télécom, Pernod Ricard, procèdent en deux temps en versant par anticipation une fraction du dividende à venir, sans même connaître le montant exact de leur bénéfice net. Un procédé inspiré du versement trimestriel des compagnies américaines (d’ailleurs totalement adopté par ArcelorMittal), qui permet de fidéliser les actionnaires. Puis, à l'issue de l'assemblée générale ordinaire, qui arrête le montant définitif du dividende, les actionnaires reçoivent le solde.

Retrouvez l’agenda des dividendes.

Fiscalité du dividende

Quel que soit leur montant, les dividendes (avant abattements) sont d’abord soumis aux prélèvements sociaux aux taux de 13,5 % pour les dividendes versés entre le 1er octobre 2011 et le 30 juin 2012 ou de 15,5 % pour les dividendes versés à partir du 1er juillet 2012.

Ces prélèvements sont retenus à la source lors du paiement des dividendes lorsque l'établissement payeur est établi en France.

Ensuite - sauf bien sûr s’ils ont placés leurs actions au sein d’un PEA dans ce cas la fiscalité ne s’applique qu’à la sortie du capital -, les contribuables soumettent d'office leurs dividendes au barème progressif de l’impôt sur le revenu (dans la catégorie des revenus de capitaux mobiliers).

En effet, la possibilité d'opter pour le Prélèvement Forfaitaire Libératoire à 21 % sur les dividendes d'actions a été supprimée par la Loi de Finances 2013, qui a mis en place, par ailleurs, un système d'acompte obligatoire prélevé à la source au taux de 21%.

Vous aviez la possibilité de demander, avant le 31 mars 2013, à être dispensé du paiement de cet acompte sur les revenus perçus en 2013, si votre situation personnelle en 2011 respectait certaines conditions : le revenu fiscal de référence de votre foyer fiscal ne devait pas excéder 50 000 euros pour un célibataire, veuf ou divorcé et 75 000 euros pour un couple marié ou pacsé soumis à une imposition commune.

L'imposition d'office au barème progressif de l'impôt sur le revenu s'applique après un abattement forfaitaire de 40% sur les dividendes perçus, sauf en ce qui concerne les dividendes versés par les Société d'Investissements Immobiliers Cotées (SIIC), qui n'en bénéficient pas.

Autre avantage supprimé par la Loi de Finances 2013, avec effet rétroactif au 1er janvier 2012, l'abattement fixe d’un montant de 1525 euros (personne seule) ou de 3050 euros (couple marié ou pacsé), qui permettait de ne payer aucun impôt sur les dividendes si ceux-ci ne dépassaient pas 2542 euros (ou 5084 euros pour un couple marié ou pacsé).

Les droits de garde restent déductibles des dividendes et le choix du barème progressif permet toujours de déduire la CSG prélevée sur les dividendes, mais à hauteur de 5,1% et non plus de 5,8%. Enfin, pour rappel, le crédit d'impôt de 50% (plafonné à 115 € pour un célibataire et 230 € pour les couples mariés ou pacsés) avait été supprimé par la Loi de Finances pour 2011.

Comment choisir une valeur de rendement ?

Les dividendes passés ne préfigurent pas les dividendes futurs. Les actionnaires des banques ou des constructeurs automobiles peuvent en témoigner. Leur coupon a en effet été réduit à la portion congrue ou supprimé, après la crise financière, sous la pression des pouvoirs publics venus au secours de ces grands groupes.

D’une manière générale, prendre le classement des dividendes versés au titre de l’exercice passé pour faire son choix peut conduire à des désillusions. Par exemple, les plus forts rendements attendus en 2009 parmi les valeurs du SRD sont ceux de M6 Métropole TV (14% avec le cours de Bourse de fin juin), Icade (10,7%), et Générale de Santé (10,2%). Or, dans ces trois cas, les niveaux de rendement record enregistrés s’expliquent par des distributions « exceptionnelles », qui ont peu de chances d’être reconduites. Le dividende de 2,35 euros de M6 comprend un dividende exceptionnel de 1,50 euro par action. Icade verse un dividende « ordinaire » stable de 3,25 euros, auquel s’ajoute au moins 4 euros de distribution exceptionnelle liée à la cession par le groupe de son patrimoine de logements. Enfin, le dividende de 7,67 euros de Générale de Santé correspond à une distribution exceptionnelle de prime d’émission.

D’autre part, il faut parfois se méfier des dividendes trop élevés qui peuvent simplement s’expliquer par une forte baisse du cours de Bourse, et donc refléter une dégradation de la situation économique de la société. Pour choisir une valeur de rendement, il semble donc judicieux de vérifier au préalable l’historique de distribution, le versement régulier et croissant de dividendes démontrant la capacité bénéficiaire d’une société. Le bon sens recommande tout simplement ensuite d’analyser la situation de la société en question, ses perspectives de développement et de rentabilité.

L’identité des principaux actionnaires peut aussi donner un indice sur la pérennité du dividende d’une société. Il n’aura échappé à personne que l’Etat est très présent au capital de France Télécom (27%), d’EDF (84,5%), de GDF Suez (35,9%), qui versent des coupons confortables chaque année. Le groupe de distribution Casino verse aussi traditionnellement un dividende élevé. Sa maison mère, Rallye, elle-même contrôlée par Foncière Euris qui est détenue majoritairement par le financier Jean Charles Naouri, a besoin de ce dividende pour payer sa dette et verser à son tour des dividendes à ses actionnaires. La présence du milliardaire belge Albert Frère, au capital de nombreux groupes français tels que Lafarge, Total, Suez Environnement, Pernod Ricard, en tant qu’actionnaire de long terme, est parfois aussi considérée comme une sorte de garantie implicite quant à la politique de distribution de ces sociétés.

Enfin, certains secteurs versent traditionnellement des coupons élevés. C’est en particulier le cas des foncières, autant par choix que pour des raisons liées à leur régime fiscal dit SIIC (Société d’Investissement Immobilier Cotée). Pour être exemptées d’impôt sur leur résultat récurrent et sur les plus-values sur cessions, les sociétés foncières SIIC doivent en effet distribuer 85 % des bénéfices exonérés aux actionnaires.

Retrouvez le Palmarès des rendements.

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