(BFM Bourse) - Le groupe a livré des résultats 2025 sans grand éclat. Mais l'entreprise a annoncé prévoir une hausse de ses revenus pour cette année et a relevé son objectif de réductions de coûts.
FDJ United - le nouveau nom de FDJ depuis mars - a mordu la poussière l'an passé. Censé constituer une valeur défensive en Bourse, le spécialiste des jeux de hasard a chuté de 36,5% en 2025.
Le groupe dirigé par Stéphane Pallez a livré des publications décevantes et a surtout été pénalisé par plusieurs tour de vis sur la régulation au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas. Ces deux marchés sont devenus cruciaux pour le groupe depuis le rachat de Kindred (propriétaire d'Unibet) en 2024.
"L'ensemble des activités au Royaume-Uni a été durement touché par des contrôles plus stricts de la solvabilité" des joueurs, soulignait en avril Deutsche Bank.
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Accumulation de régulations défavorables
Les autorités britanniques ont récemment limité les mises maximales pour les machines à sous, et ont pris des mesures pour réduire la fréquence et le volume des jeux en ligne. Des fonctionnalités donnant "une illusion d'un contrôle" ont par exemple été supprimées. Les contrôles de solvabilité ont par ailleurs été renforcés pour les joueurs effectuant des dépôts supérieurs à 150 livres par mois.
Aux Pays-Bas, le gouvernement a introduit de nouvelles limites pour les dépôts des joueurs et a augmenté, le 1er janvier, la taxe sur les paris sportifs et les loteries. Une deuxième augmentation aura lieu l'an prochain.
En France, la loi de Finances 2025 a acté un alourdissement des prélèvements sociaux sur différents jeux d'argent. FDJ United avait chiffré à 90 millions d'euros l'impact de ces changements fiscaux sur son résultat brut d'exploitation en année pleine.
Chute de l'Ebitda
Tout cela a conduit l'opérateur de jeux d'argent à connaître une "année de transition" en 2025, avec des résultats dégradés, publiés ce jeudi 19 février.
Sur l'ensemble de l'exercice, FDJ United a accusé une baisse de ses revenus en données comparables de 2,9% à 3,678 milliards d'euros.
Le produit brut des jeux, qui correspond aux mises des joueurs diminuées des gains qui leur sont restitués, a progressé de 0,8%. Le produit net des jeux, qui retranche encore les prélèvements au produit brut, a lui reculé de 2,7% à 3,493 milliards d'euros.
La loterie, l'activité la plus importante de la société, s'est bien comportée, avec une progression du chiffre d'affaires de 2,2%.
A contrario, les paris et jeux en ligne ont accusé une baisse de 11,8% de leurs revenus. Cette chute est notamment due à "une base de comparaison défavorable avec l’Euro de football en 2024", au durcissement de la régulation aux Pays-Bas à compter du 1er octobre, et à l'effet cumulé des hausses de fiscalité (23,2 millions d'euros) aux Pays Bas, en France, en Suède et en Roumanie.
Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) courant a reculé de 6,5% en données comparables sur un an pour atteindre 902 millions d'euros. La marge brute d'exploitation (Ebitda) s'est établie à 24,5% en baisse d'un point de pourcentage.
Le résultat net a été divisé par plus de deux à 176 millions d'euros dû essentiellement aux surtaxes d'impôts sur les sociétés en France et à la hausse des coûts de financement en lien avec l'acquisition de Kindred.
Le "scénario de reprise espéré"
Oddo BHF évoque des résultats "mitigés" avec des revenus inférieurs de 1% aux attentes (3,714 milliards d'euros), un résultat brut d'exploitation très légèrement supérieur (902 millions d'euros contre 900 millions d'euros), et un bénéfice net sensiblement inférieur au consensus (289 millions d'euros) en raison d'importants amortissements et dépréciations. Le dividende annoncé par FDJ au titre de 2025, à 2,1 euros par action, est a contrario supérieur de 2% aux attentes.
Toutefois, l'action FDJ bondit à la Bourse de Paris, prenant 9% vers 16h30, ce qui constitue la deuxième plus forte hausse du SBF 120, derrière Air France-KLM (-9,2%).
Un analyste lie la hausse de l'action aux perspectives pour 2026 communiquées par la société.
Pour l'année en cours, FDJ United a annoncé tabler sur une "légère croissance du chiffre d'affaires", ce que l'on peut traduire par une progression allant de 1 à 4%, et un taux de marge d'Ebitda courant stable à 24,5%.
Selon Citi, ces indications s'avèrent globalement en ligne avec le consensus, qui retient une croissance des revenus de 2,1% en 2026 et un taux de marge d'Ebitda courant de 24,4%.
"Ce qui porte l'action ce jeudi, c'est le retour à la croissance pour 2026 avec la confirmation que 2025 était une année de transition et qu'il n'y a pas de nouveaux impacts réglementaires qui n'étaient pas modélisé jusque-là. Cela valide le scénario de reprise espéré par certains analystes et montre que l'on en a fini avec les annonces négatives de 2025", explique l'analyste précédemment cité.
FDJ United précise avoir établi ces projections en retenant un produit brut des jeux en hausse en 2026 ainsi qu'une hausse de la fiscalité de 90 millions d'euros.
La société a également indiqué s'attendre à une baisse de sa dette nette de l'ordre d'une centaine de millions d'euros.
Le bureau d'études indépendant Alphavalue estime de son côté que le bond de l'action FDJ United peut être soutenu par les réductions de coûts.
La société a indiqué que ses économies avaient atteint 50 millions d'euros en 2025 soit plus du double de son objectif (20 millions d'euros). En conséquence, la société a relevé sa cible de réductions de coûts à 150 millions d'euros à horizon 2028, contre 120 millions d'euros précédemment.
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