(BFM Bourse) - La banque sino-britannique est passée à l'achat sur le spécialiste des verres correcteurs et propriétaire des lunettes d'IA conçues conjointement avec Meta. HSBC estime que le marché pour ces 'smart glasses' atteindra 200 milliards de dollars en 2040.
Essilorluxottica reste une valeur qui, pendant longtemps, prenait assez peu la lumière sur le CAC 40. Ce en dépit d'un parcours boursier honorable depuis la création de la société, en 2018, et de fondamentaux robustes.
Le groupe franco-italien spécialiste des verres correcteurs et propriétaire de la marque Ray-Ban a affiché une croissance d'au moins 6% au cours des quatre dernières années.
La société a également innové. Sa gamme de verres optiques Stellest, destinée à corriger la myopie infantile, a rencontré un franc succès en Chine et a récemment obtenu le feu vert de l'autorité sanitaire américaine pour être commercialisée aux États-Unis.
La donne a radicalement changé l'an passé. Essilorluxottica a notamment impressionné le marché à l'automne dernier, après avoir publié son activité du troisième trimestre.
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Changement de statut
L'entreprise née de la fusion entre le français Essilor et l'italien Luxottica avait alors publié la plus forte croissance de son histoire, avec une progression de ses revenus de 11,4% hors effets de changes. Ce qui avait catapulté son action avec une hausse de près de 13% sur une seule séance.
Les "wearables" ("objets connectés") et plus exactement les lunettes d'intelligence artificielle ont largement alimenté cette croissance avec une contribution de quatre points de pourcentage.
Essilorluxottica développe depuis 2019 des lunettes d'intelligence artificielle (IA) en partenariat avec le géant américain de la tech Meta. Les "Ray-Ban Meta smart glasses" ont notamment été commercialisées dans le cadre de ce partenariat.
De nouveaux produits ont été lancés en 2025, comme les "Oakley Meta", des lunettes d'IA présentées comme à "haute performance", qui permettront, par exemple, l'enregistrement vidéo ultra-HD 3K et l'écoute de podcast.
Pour Bank of America, le bond des ventes de lunettes d'IA a conduit Essilorluxottica à changer de statut en Bourse l'an passé.
Éclipser les smartphones
L'essor de ces "smart glasses" n'en est peut-être qu'à ses prémices. Dans une note publiée ce mercredi 14 janvier, HSBC a relevé son conseil à "acheter" contre "conserver" précédemment tout en réhaussant son objectif de cours à 340 euros contre 300 euros.
Ce qui porte Essilorluxottica en Bourse, ce mercredi. Le titre gagne 1,7% en milieu d'après-midi, signant l'une des plus fortes hausses du CAC 40.
Ce changement d'opinion est due à l'optimisme de la banque sur les perspectives des lunettes d'IA.
HSBC explique dans sa note que les grands modèles de langage d'intelligence artificielle (les LLM, comme GPT-4, Llama ou Gemini) peuvent "transformer une paire de lunettes en un outil puissant: conversation vocale en temps réel avec l'IA, caméra intégrée pour obtenir des informations contextuelles".
"Ces fonctionnalités ouvrent la voie à une large gamme de services", ajoute l'établissement.
"Après 30 ans de bons et loyaux services, d'abord dans le domaine de la téléphonie vocale, puis dans celui des services numériques, les smartphones sont aujourd'hui menacés, sinon de disparition, du moins de relégation au second plan", prévient HSBC.
Selon ses estimations, 15 millions de personnes dans le monde possédaient des lunettes connectées à fin décembre dernier. L'établissement prévoit que ces lunettes afficheront un taux de pénétration de 25% (et même 50% dans son scénario le plus optimiste) en 2040 pour atteindre 289 millions d'utilisateurs.
Ce qui représenterait un marché potentiel total de 200 milliards de dollars à cet horizon (et 401 milliards de dollars dans son scénario optimiste).
Essilorluxottica conservera son avantage concurrentiel
Ces estimations conduisent HSBC à revoir sensiblement ses prévisions de ventes de lunettes d'IA pour Essilorluxottica, le leader actuel du marché avec 70% des volumes. La banque s'attend à ce que l'entreprise vende 35 millions de "smartglasses" en 2030 et 57 millions en 2040, contre des précédents chiffres de 18 millions et 48 millions.
Pour donner une base de comparaison, l'établissement, pour 2025, retient des ventes de 4 millions d'unités, chiffre qui passerait à 15 millions d'unités, en 2026.
Certes, la concurrence s'intensifie. Des mastodontes de la tech comme Alibaba, Alphabet ou encore Xiaomi commercialisent des lunettes connectées. Et HSBC s'attend à ce que d'autres sociétés s'engouffrent dans la brèche, citant Apple, Samsung ou encore Amazon.
La banque pense que la part de marché du groupe tombera à 20% en 2040. Toutefois cette concurrence a aussi une vertu critique: elle augmente l'étendue du marché en lui permettant d'arriver à une taille critique. Et "attire des efforts de R&D qui bénéficient à tous les acteurs", note HSBC.
De plus, Essilorluxottica devrait "continuer à offrir un avantage concurrentiel", poursuit l'établissement.
Ce grâce à un "modèle opérationnel verticalement intégré qui couvre la production et la distribution, mais aussi d'un large portefeuille de marques attractives (telles que Ray-Ban, Oakley, Supreme)", fait valoir HSBC.
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