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Edf : Hinkley Point représente un risque "raisonnable" pour EDF

mercredi 13 juillet 2016 à 11h53
Hinkley Point représente un risque

PARIS (Reuters) - Le risque financier lié au projet d'EDF de construire deux réacteurs nucléaires de type EPR en Angleterre à Hinkley Point peut être porté par le groupe "de manière raisonnable", selon un rapport parlementaire publié mercredi.

EDF a clos début juillet la consultation de son comité central d'entreprise sur ce projet controversé de 18 milliards de livres (21 milliards d'euros environ), pour lequel le groupe estime être désormais arrivé au stade de la décision finale d'investissement.

Dans un rapport d'information de la commission des finances de l'Assemblée nationale, les députés Marc Goua (PS) et Hervé Mariton (LR) estiment que, compte tenu notamment de la recapitalisation du groupe envisagée par l'État et de l'importance de son plan de cessions, "le risque financier peut aujourd'hui être porté par EDF de manière raisonnable".

Evoquant une décision d'investissement qui devrait "théoriquement" intervenir courant septembre, ils estiment que le projet Hinkley Point "est sans doute la dernière occasion pour EDF de restaurer la notoriété de l'industrie française nucléaire à l'international et gagner de nouvelles parts de marché sur un marché fortement concurrentiel".

Les rapporteurs, qui se disent "confiants quant à la réalisation de cet investissement majeur", s'interrogent toutefois sur les conséquences de la sortie de l'Union européenne du Royaume-Uni tout en soulignant que, selon EDF, le vote ne modifie pas les éléments fondamentaux du projet.

Evoquant la réorganisation en cours de la filière nucléaire française, qui doit en particulier se traduire par la vente de l'activité réacteurs (NP) d'Areva à EDF en 2017, le rapport pointe cependant les risques liés au différend qui oppose Areva à son client TVO au sujet du réacteur EPR en cours de construction en Finlande (OL3).

Areva avait indiqué mi-juin que, dans le cas où TVO refuserait le transfert du contrat OL3 à la structure Areva SA - un schéma privilégié par le groupe -, une solution plus complexe consisterait à isoler ce contrat avant de céder l'activité réacteurs à EDF.

"Le transfert d'Areva NP pourrait (...) être retardé de 18 à 24 mois, repoussant d'autant la réalisation de la cession vers EDF, ainsi que l'apport de liquidités pour [Areva]", estiment les députés, évoquant une situation "particulièrement préoccupante compte tenu des besoins de financement à très court terme de l'entreprise".

Les rapporteurs jugent en conséquence essentiel d'assurer la réalisation effective des augmentations de capital d'Areva "le plus tôt possible", sans attendre la cession d'Areva NP à EDF.

Concernant le cadre réglementaire français, Marc Goua et Hervé Mariton jugent que l'Etat doit "respecter ses engagements dans le temps concernant l'évolution des tarifs réglementés (...) tout en envisageant de nouveaux dispositifs conformes aux exigences d'investissements de long terme du secteur".

Ils appellent notamment le gouvernement à publier "dans les meilleurs délais" une programmation pluriannuelle de l'énergie comprenant "des lignes directrices pour le secteur nucléaire pour la période 2016 à 2025".

Evoquant Fessenheim (Haut-Rhin), les rapporteurs plaident en outre en faveur d'une indemnisation de la fermeture de centrales nucléaires dont le montant résulterait d'un "calcul financier objectivable".

(Benjamin Mallet, édité par Jean-Michel Bélot)

Copyright © 2016 Thomson Reuters

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