(BFM Bourse) - Les deux groupes d'agroalimentaire pris dans la tempête des rappels de laits infantiles montent en Bourse ce lundi. Selon plusieurs analystes, les nouvelles recommandations européennes en matière de laits infantiles sont déjà respectées par les deux sociétés.
Danone et (surtout) Nestlé ont été malmenés en Bourse par les nombreux rappels de laits infantiles opérés ces dernières semaines par les groupes agroalimentaires à la suite des recommandations de plusieurs autorités sanitaires.
Rappelons que ces rappels ont été motivés par des soupçons de contamination de plusieurs lots par la céréulide, une toxine produite par une bactérie, bacillus cereus.
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"Cette toxine est nocive pour l'organisme et provoque des symptômes tels que des vomissements et des nausées, mais dans la plupart des cas, elle disparaît en 6 à 24 heures. Il est important de noter que cette toxine n'est pas vivante et ne peut pas se reproduire. Elle n'apparaît qu'en présence d'une forte concentration de bactéries", explique Barclays.
Vendredi soir, la France a divisé par deux le seuil de sécurité de céréulide pour les laits infantiles, à 0,014 microgramme par kilogramme de masse corporelle.
Des seuils plus hauts que redouté
Ce lundi, tant Danone que Nestlé retrouvent de l'allant en Bourse. Le groupe français prend 4,7% vers 16h20, signant la plus forte progression du CAC 40, tandis que son rival suisse prend 3% à Zurich.
Plusieurs analystes lient cette réaction boursière à la publication des recommandations de la European Food and Safety Authority (EFSA), l'agence européenne de la sûreté alimentaire.
Les scientifiques de l'agence européenne ont proposé, ce lundi, une "dose aïgue référentielle", un seuil de sécurité, pour la céréulide dans le lait infantile, de 0,014 microgramme par kilogramme de masse corporelle. Soit donc comme la France.
Barclays a fait ses calculs pour convertir ces seuils en microgrammes par kilos de produits et en microgrammes par litre de formule infantile. Conclusion: ces seuils sont supérieurs à ceux des produits rappelés.
"Nos calculs montrent que les recommandations plus strictes de l'EFSA semblent correspondre aux chiffres publiés vendredi par la France et au niveau de rappel de Danone (…) Par conséquent, nous estimons que Danone et Nestlé sont tous deux couverts et nous ne prévoyons pas d'autres rappels", écrit Barclays.
"Il apparaît que les nouveaux seuils de l'EFSA sont au-dessus de ceux des produits rappelés par Danone et Nestlé", confirme un analyste.
"Il y a un certain soulagement de la part du marché car on savait que l'EFSA publierait ses recommandations ce lundi et le marché pouvait redouter de nouveaux rappels", poursuit-il.
"Il convient de souligner que, malgré le discours des groupes agroalimentaires qui assurent ne pas mettre en péril la vie des nouveaux nés et que leurs produits sont sûrs, on reste parfois dans l'irrationnel. Les investisseurs redoutent le bad buzz, l'emballement avec des épées de Damoclès. Ils ont en tête ce qui s'est passé en Chine en 2012-2013", ajoute cet analyste.
Rappelons que le lait infantile reste l'un des grands joyaux de la couronne de Danone en matière de croissance et de rentabilité.
Ce segment appartient à la division "nutrition spécialisée" de Danone. Au premier semestre 2025, cette division "nutrition spécialisée" avait généré une marge opérationnelle courante de 1 milliard d'euros, soit 55,6% du total. Cette division affichait par ailleurs la plus forte croissance, avec une progression des revenus de 7% au premier semestre en données comparables.
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