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CAC 40

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CAC 40 : Sous les 4 500 points, la configuration reste lourdement dégradée

mercredi 8 avril 2020 à 08h33

(BFM Bourse) - Le CAC 40 (+2,12% à 4 438 points) a poursuivi son mouvement haussier hier, après avoir débuté la semaine lundi par une hausse de 4,61%. Nous nous interrogeons plus que jamais sur la durabilité de ce mouvement, et mettons en garde contre le risque de bull trap (voir plus bas).

Alors que l'épicentre de la pandémie de Covid-19 est toujours positionné sur les Etats-Unis, à l'arrêt depuis les mesures de confinement d'Etats clefs dans l'économie américaine, et qu'un nombre croissants d'investisseurs tentent de s'auto-convaincre et satisfaire d'une issue proche, statistiques épidémiologiques à l'appui (!), il va s'agir de ne pas se laisser happer par la hausse de ce début de semaine.

Le bilan du coronavirus Covid19 est désormais, à l'échelle mondiale, de près de 1 450 000 cas confirmés, et de plus de 82 000 morts, selon les données compilées par l'Université Johns Hopkins. Si le nombre de nouveaux cas quotidiens en Chine chute et que le taux d'utilisation des capacités de production reprend pleinement le chemin de la hausse, la propagation incontrôlable du virus à l'échelle de la planète rend encore indéchiffrable les conséquences sur l'activité économique. Les quatre principales puissances économiques de la Zone Euro (Allemagne, France, Italie, Espagne) sont particulièrement touchées. En particulier, 17 127 décès sont à déplorer en Italie, et 14 045 en Espagne.

L'épicentre se positionne désormais sur les Etats-Unis, où près de 400 000 cas sont confirmés. Plus de 12 900 décès ont été recensés sur le sol américain, un chiffre en pleine accélération. L'inquiétude est d'autant plus forte que le système de santé, observé à l'aune de la puissance économique des Etats-Unis, est finalement fragile. Près de 2000 morts sont à déplorer en 24h, avec l'Etat de New York majoritairement touché: c'est le pire bilan quotidien pour une nation depuis le début de l'épidémie.

En outre,"étant donné la méthode de confinement partielle Etat par Etat mais également que les transports au niveau national permettent toujours de se déplacer entre les différents Etats au sein de la première puissance mondiale, le coronavirus pourrait se propager de façon importante dans d'autres parties des Etats-Unis et conduire à une nouvelle inquiétude puis à une rechute des marchés financiers", prévient Vincent Boy, analyste de marché chez IG France.

"Alors que ces augmentations représentent les plus fortes hausses depuis le début de l’épidémie, les gouverneurs des Etats les plus touchés persistent, dans un discours commun, sur le fait que le pic pourrait être atteint. Le président américain adoptait le même discours hier à la clôture des marchés lors de son allocution journalière sur la situation, poursuit l'analyste.

Au chapitre statistique, les investisseurs continuent de digérer le dernier rapport NFP catastrophique (emploi américain en mars), publié vendredi. Ils ont pris connaissance lundi matin de l'indice Sentix de confiance des investisseurs en Zone Euro, en chute libre, encore plus abyssale que ne le laissait augurer le consensus, à -42.9 ce mois-ci. Il faut remonter à mars 2009 pour retrouver un "score" comparable et encore était il très légèrement supérieur. Outre Atlantique, les nouvelles offres d'emplois (JOLTS) et les accords de crédits à la consommation ont agréablement surpris.

Côté valeurs, l'effet Bêta, puissant actuellement sur les secteurs banque & assurance, aéronautique, para-pétrolier, a ponctuellement joué pleinement en faveur de Safran (+6,89% à 72,00 euros), Crédit Agricole (+7,30% à 6,70 euros), CGG (+7,56% à 1,07 euro), CNP (+9,86% à 9,305 euros), ou encore Schlumberger (+15,22% à 15,90 euros).

Exception notable pour Vallourec (+2,78% à 1,1820 euro). Bpifrance s’est dit prête à monter au capital du spécialiste des tubes sans sourires pour l'industrie pétrolière et gazière en participant à l’augmentation de capital "quand les cours boursiers se seront stabilisés".

Sur le front des biotechs, l'heure semble à la mobilisation générale face au Covid-19. Medincell s'est envolé de près de 78% à 10,85 euros après avoir fait état d'un projet de programme clinique sur la base d'une formulation injectable de l'ivermectine, une molécule antipaludéenne et antiparasitaire bien connue. Biophytis a bondit encore plus fortement (+78,26% à 0,41 euro), la biotech travaillant plus spécifiquement sur un traitement de l'insuffisance respiratoire liée au Covid-19. Sa molécule Sarconeos devrait prochainement faire l'objet d'un essai à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, avec pour objectif de diminuer le recours à l'assistance respiratoire et a fortiori le passage redouté en réanimation.

De l'autre côté de l'Atlantique, en dépit d'une ouverture en vive hausse, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de mardi légèrement dans le rouge, l'appétit pour le risque se dégonflant progressivement: le Dow Jones a finalement perdu 0,12% à 22 653 points et le Nasdaq Composite 0,33% à 7 887 points. Le S&P 500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, s'est contracté de 0,16% à 2 659 points.

Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin sur le marché des changes, la monnaie unique se traite à un niveau proche des 1.0850$. Le baril de WTI, un baromètre de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 25,10$.

À l'agenda statistique ce mercredi, à suivre en priorité les stocks de pétrole à 16h30. L'agenda se densifiera dès demain très nettement, en particulier côté américain, avec l'indice des prix à la production, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage, les stocks des grossistes et les prévisions de l'inflation (Université du Michigan), en données préliminaires.

On notera que la Bourse de Paris sera fermée vendredi (Vendredi Saint) et lundi (Lundi de Pâques). Les cotations reprendront mardi.

ELEMENTS GRAPHIQUES CLES

Attention au bull trap, ce signal traitre qui fait miroiter des gains importants, alors que l'analyse froide de la situation dans sa globalité met en évidence une configuration profondément dégradée. Cette situation de bull trap se met souvent en place après un repli (ici 27 mars - 03 avril), consécutif à un mouvement de réaction contestataire (ici 19 - 26 mars).

Inverse du bear trap, le bull trap (piège à la hausse) est un phénomène classique en finance de marché comportementale: l'acheteur, appâté une première fois, l'est une seconde fois avec le sentiment de faire une affaire encore meilleure avec un point d'entrée jugé bon. Dès lors, la volatilité à la hausse progresse, et l'investisseur est de plus en plus persuadé d'avoir flairé la bonne affaire, sans se poser aucune question sur la justification de la hausse. Si le mouvement haussier ne prend pas corps, le piège se referme.

Avis négatif à l'échelle de la séance à venir.

PREVISION

Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.

Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 4500.00 points.

Le conseilLogo TradingSat

CAC 40
Négatif
Résistance(s) :
4500.00 / 5000.00 / 5081.00
Support(s) :
4117.00 / 3684.00 / 3500.00

Graphique en données horaires

CAC 40 : Sous les 4 500 points, la configuration reste lourdement dégradée (©ProRealTime.com)

Graphique en données quotidiennes

CAC 40 : Sous les 4 500 points, la configuration reste lourdement dégradée (©ProRealTime.com)
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