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Après une timide tentative de rééquilibrage jeudi, la lourdeur a fini par l'emporter en dernière partie de séance sur le CAC 40, qui a retrouvé des niveaux inédits depuis le 20 janvier. Depuis le début de l'année, le bilan est négatif (-1,27%), en raison des tensions provoquées par la flambée des cours du brut, consécutives à l'entrée en guerre, conjointement, des Etats-Unis et d'Israël contre l'Iran.
"La guerre en Iran rappelle à quel point l'économie mondiale reste dépendante de la stabilité des flux énergétiques, en particulier du pétrole. Au-delà de la réaction immédiate des marchés, c'est la capacité des prix à rester stables dans le temps qui constitue un enjeu majeur", explique Nicolas Domont, gérant associé chez Optigestion, qui étaie son raisonnement:
"Dans un contexte marqué par des tensions géopolitiques récurrentes et une forte sensibilité des marchés aux chocs d'offre, la stabilité des matières premières dépasse la seule dimension sectorielle. Elle devient un repère central pour l'analyse macroéconomique comme pour la gestion de portefeuille. Une énergie dont les prix restent contenus facilite la maîtrise de l'inflation, clarifie la trajectoire des banques centrales et améliore la visibilité sur les marges des entreprises. À l'inverse, une volatilité persistante entretient l'incertitude sur les coûts, les flux futurs et les valorisations financières. Elle conditionne l'inflation, la politique monétaire et la rentabilité des entreprises, et s'impose comme un élément structurant de l'équilibre économique et financier".
Au chapitre statistique, la semaine est placée sous le signe de l'emploi avec la publication ce vendredi, du rapport fédéral NFP (Non Farm Payrolls) sur la santé de l'emploi privé, hors secteur agricole. Le taux de chômage est attendu stable à 4,3% de la population active, et les créations de postes à 58 000, contre 130 000 en janvier. Publiées jeudi, les inscriptions hebdomadaires aux allocations chômage sont ressorties proches des attentes, à proximité du seuil des 200 000 unités, preuve de la résilience impressionnante de l'emploi outre Atlantique. Rendez-vous à 14h30 (Heure de Paris) pour le Non Farm Payrolls.
Côté valeurs, Airbus a terminé en baisse de 0,7% malgré le soutien de Citi qui a relevé sa recommandation à l'achat sur le titre. Kering a gagné 0,4% alors que Bernstein est passé de "sous-performance" à "performance de marché" sur l'action. Hors CAC 40, Rémy Cointreau a gagné 2% tandis que son comparable Davide Campari a rebondi de 10% à Milan après avoir publié ses résultats. GL Events a progressé de 3,3% soutenus par ses comptes annuels et ses perspectives 2026. Le compartiment de la défense subissait des prises de profits appuyées jeudi, à l'image d'Exosens (-3,86%), Thales (-5,70%), Dassault Aviation (-9,05%) et Exail Tech (-11,7%).
De l'autre côté de l'Atlantique, les principaux indices sur actions ont terminé la séance de jeudi dans le rouge, à l'image du Dow Jones (-1,61%) et du Nasdaq Composite (-0,26%). Le S&P500, baromètre de référence de l'appétit pour le risque aux yeux des gérants de fonds, a perdu 0,56% à 6 830 points.
Un point sur les autres classes d'actifs à risque: vers 08h00 ce matin
> Sur le marché des changes la monnaie unique se traitait à un niveau proche des 1,1620$.
> Le baril de WTI, l'un des baromètres de l'appétit pour le risque sur les marchés financiers, s'échangeait autour de 72,66$.
> Les Treasuries 10 years, rendement des obligations souveraines fédérales à échéance 10 ans, se négociaient légèrement au-dessus des 4,12%.
Le spread France / Allemagne, écart entre l'obligation souveraine française et son homologue référente allemande à 10 ans, vaut 60 points de base.
> Quant au VIX, il valait 21,15 à la dernière clôture du S&P500.
A l'agenda macroéconomique ce vendredi, à suivre en priorité le rapport fédéral sur l'emploi américain, à 14h30.
ELEMENTS GRAPHIQUES CLES
Après un deuxième gap très ample en autant de séance, l'indice phare français a tracé une bougie en marubozu noir d'école mardi 03 mars. Les dégagements se sont construits tout au long de la séance, marquant une mobilisation continue du camp vendeur. Au point de retracer en deux séances seulement les gains engrangés en deux mois. De qui corroborer l'adage boursier qui stipule que "la Bourse monte en prenant l'escalier et descend par l'ascenseur".
Naturellement, la dynamique des volumes d'échanges sera scrutée tout au long de la réaction technique amorcée le 04 mars, sans conviction. La prochaine zone d'achat franc se situe sur les 7 680 points.
PREVISION
Au regard des facteurs graphiques clés que nous avons mentionnées, notre avis est négatif sur l'indice CAC 40 à court terme.
Ce scénario baissier est valable tant que l'indice CAC 40 cote en dessous de la résistance à 8645.00 points.
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