(BFM Bourse) - L'indice parisien recule nettement à la clôture de ce jeudi 26 mars, alors que Donald Trump a appelé Téhéran à être "sérieux" avant qu'il ne soit trop tard. De son côté, Edenred s'enfonce dans son calvaire boursier.
Les marchés restent ballotés d'une information contradictoire à une autre sur d'hypothétiques négociations pour stopper le conflit au Moyen-Orient. À Paris, le CAC 40 abandonne 0,98% à 7.769,31 points à la clôture de ce jeudi 26 mars, mettant un terme à une série de trois séances de hausse.
Les investisseurs ne savent plus quelle information digérer tant Donald Trump multiplie les déclarations sur le conflit en Iran.
Le président américain a déclaré que prendre le contrôle du pétrole iranien est "une option" à sa disposition. Il a donné l'exemple du Venezuela, où les Etats-Unis ont selon ses termes établi "une sorte d'entreprise commune" ("joint venture") pour l'exploitation de brut.
Quelques minutes auparavant, il a affirmé que l'Iran avait autorisé le passage de dix pétroliers dans le détroit d'Ormuz en guise de "cadeau" dans le cadre de discussions indirectes menées avec les Etats-Unis.
Ces déclarations alimentent le long feuilleton sur d'hypothétiques négociations entre l'Iran et les États-Unis. Un responsable iranien de haut rang a déclaré jeudi à Reuters que Téhéran a jugé que la proposition américaine de sortie du conflit qui lui a été transmise par l'intermédiaire du Pakistan est "à sens unique et injuste" et n'ouvre aucune perspective de négociation. Donald Trump assure, en le menaçant, que le régime de Téhéran veut à tout prix conclure un accord de paix.
Donald Trump semble perdre patience
Le président américain semble perdre patience. Dans un message posté sur Truth Social, il a écrit que les négociateurs iraniens "étaient très différents et 'étranges'".
"Ils nous 'supplient' de nouer un accord, ce qu'ils devraient faire depuis qu'ils ont été terrassés militairement, avec aucune chance d'en revenir, et pourtant ils disent publiquement qu'ils ne font que 'regarder nos propositions'", a ajouté le milliardaire.
"FAUX! Ils feraient bien de devenir sérieux bientôt, avant qu'il ne soit trop tard, car une fois que cela sera passé, il n'y aura plus de retour en arrière possible et cela ne sera pas beau à voir", a-t-il conclu.
"Si les négociations ne progressent pas rapidement, le risque est celui de répercussions économiques plus importantes au-delà du seul secteur énergétique (à l'agriculture, à l'industrie, aux transports, au tourisme, etc.), ce qui pourrait entraîner une baisse de la croissance mondiale", pointe de son côté Grégoire Kounowski, Investment Advisor chez Norman K.
"Les principales banques centrales (Fed, BCE, BoE, BoJ, etc.) observent d'ailleurs attentivement l'évolution du conflit et certains analystes commencent à anticiper un éventuel resserrement de leurs politiques monétaires", poursuit-il.
Le pétrole remonte à la suite de cette confusion généralisée. Le contrat de mai sur le Brent de mer du Nord prend 5,7% à 108,02 dollars le baril tandis que celui de mai sur le WTI avance de 5% à 94,82 dollars le baril.
Du côté des valeurs, STMicroelectronics a gagné 1,9%, soutenu par Morgan Stanley qui est passé à "surpondérer", équivalent d'acheter, sur le groupe de semi-conducteurs. Soitec (-2%) n'a, en revanche, pas profité de la marque de confiance de la banque américaine.
Edenred a dévisse de 17,2% après avoir annoncé faire l'objet d'une instruction par les autorités italiennes pour des pratiques anticoncurrentielles présumées.
Sur les devises, l'euro rechute face au dollar et perd 0,23% à 1,1534 dollar.
