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EDENRED

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Edenred : Une nouvelle épée de Damoclès en Italie fait plonger Edenred de 15%, le titre lâche plus de 70% en moins de trois ans

Aujourd'hui à 11:48
Edenred plonge en Bourse

(BFM Bourse) - Le spécialiste des solutions de paiements dans le monde du travail prend une nouvelle fois le bouillon en Bourse après que l'autorité de la concurrence italienne a ouvert une instruction contre la société pour abus présumé de position dominante. L'Italie représente le deuxième marché d'Edenred derrière le Brésil.

Edenred subit une énième fois les foudres de la Bourse en raison de la régulation dans un de ses marchés clef.

Le spécialiste des solutions de paiement dans le monde du travail (titres-restaurant, titres cadeaux, cartes carburant, paiement interentreprises) plonge de 15% ce jeudi 26 mars vers 12h.

Ce nouveau coup de chaud sur le titre survient alors que la société a indiqué que l'Autorité de la concurrence italienne (Autorita Garante della Concurrenza del Mercato, AGCM) avait ouvert une procédure d'instruction à son encontre pour abus présumé de position dominante sur le marché des titres restaurant en Italie.

Cette instruction a fait suite au dépôt d'une plainte par certains acteurs de la grande distribution.

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Des transferts de coûts?

Dans son communiqué, l'autorité italienne de la concurrence reproche à la société des faits qui sont "susceptible d'entraver l'entrée ou le maintien des concurrents sur le marché, compte tenu de la position de l'entreprise sur ce marché et des effets d'exclusion qui pourraient en résulter".

L'AGCM écrit qu'en 2024, la société française détenait une part de marché de plus de 50% en valeur dans les titres repas. Si une quinzaine d'acteurs sont présents en Italie, quatre d'entre eux concentrent 90% de parts de marché.

L'an passé, l'Italie a instauré un plafonnement sur les commissions prélevées par les émetteurs (comme Edenred) aux restaurateurs et distributeurs sur les titres restaurant. D'après Jefferies, l'autorité reprocherait au groupe d'avoir potentiellement répercuté des "couts injustifiés" aux distributeurs à la suite de l'entrée en vigueur de cette mesure.

Le groupe aurait modifié "unilatéralement les modalités d'acceptation des chèques-repas électroniques : en supprimant l'intégration directe avec les systèmes de caisse des détaillants et en imposant des connexions indirectes via des prestataires tiers, ce qui a entraîné une augmentation des coûts opérationnels", développe la banque.

"Edenred est également accusée d'avoir imposé d'autres conditions pénalisantes, telles que des délais de remboursement plus longs", poursuit Jefferies.

Ces délais correspondant à la période entre le moment où un salarié a utilisé un titre-repas et celui où Edenred reverse l'argent consommé par le salarié au distributeur/restaurateur.

Il faut savoir que les émetteurs placent à court terme la trésorerie issue des titres qu'ils émettent à la demande des entreprises au bénéfice des salariés.

Autrement dit, allonger les délais de remboursement permet à ces groupes de toucher d'avantage d'argent issu du placement de ces fonds.

"L'AGCM met en garde contre le fait que ces pratiques pourraient, à terme, entraîner une augmentation des coûts pour les consommateurs et a procédé à des inspections dans les locaux d'Edenred et chez d'autres acteurs du marché avec le soutien de la Guardia di Finanza (la police douanière et financière italienne)", écrit encore Jefferies.

De son côté, Edenred ne commente pas cette instruction mais se dit "confiant" dans son issue. Le groupe assure être à la disposition des autorités italiennes et affirme respecter la réglementation des titres-restaurant en Italie.

"On déclare forfait" sur l'action

"Honnêtement la chute du titre paraît exagérée. Le caractère illégal des faits reprochés à Edenred semble discutable car on semble comprendre dans son communiqué que l'Autorité de la concurrence italienne juge que des pratiques légitimes chez des acteurs lambda ne le sont plus pour un acteur en situation de leader", explique un analyste.

"Le problème c'est que l'on a l'impression que tout le monde déclare forfait sur l'action, que le dossier devient compliqué à défendre et je ne vois pas de catalyseur sur le titre", déclare un autre intermédiaire financier pour qui cette annonce marque "le coup de grâce" sur l'action.

Cet intermédiaire financier rappelle qu'Edenred a connu plusieurs revers sur l'Italie. En 2024, la filiale italienne d'Edenred a été mise administrativement en cause par la justice locale pour des faits remontant à 2019. Le groupe avait alors remporté quatre lots sur quinze d'un appel 'offres.

"Il est reproché à Edenred Italia s.r.l de ne pas s’être conformé aux règles de cet appel d’offres", explique la société dans son document d'enregistrement universel, Edenred estimant toutefois que "ses arguments ont de forte chances d'aboutir".

Par ailleurs et comme dit précédemment, l'Italie a décidé de plafonner les commissions prélevées sur les restaurateurs pour les titres-repas. Entrée en vigueur en septembre 2025, cette mesure retranchera 120 millions d'euros en année pleine au résultat brut d'exploitation (Ebitda) du groupe, avait chiffré Edenred en octobre 2024. Or l'Italie est loin de constituer un petit marché pour la société. Selon l'un des intermédiaires précédemment cités, le pays transalpin est le deuxième pays du groupe en termes de proportion du chiffre d'affaires, avec 10% des revenus totaux, derrière le Brésil (environ 15%) et à peu près au même niveau que la France.

D'après Jefferies, l'Italie représenterait même le premier marché de la société sur la seule activité de titre-repas devant le Brésil et la France.

Un chemin de croix boursier

Le parcours boursier d'Edenred s'est récemment apparenté à un véritable chemin de croix.

Le groupe était entré en 2023 sur le CAC 40 avant d'en être expulsé fin 2025 par Eiffage. Entre temps, sa capitalisation boursière a fondu, passant de 15,5 milliards d'euros à ses plus hauts historiques de l'été 2023 à 3,7 milliards d'euros actuellement. L'action a plongé de 74% en un peu moins de trois ans.

La société a surtout été plombée par les impairs sur la régulation. Outre l'Italie, au Brésil, premier marché d'Edenred, le président Luiz Inacio Lula da Silva a signé en novembre un décret modifiant le "PAT", le programme d'alimentation des travailleurs, qui régit les règles des titres-alimentaires et titres-restaurant au Brésil. Ce qui avait alors fait plonger l'action Edenred.

Ce texte de loi inclut divers éléments (très) défavorables tels qu'un plafonnement des commissions payées par les restaurateurs et marchands à opérateurs de titres-restaurant, un raccourcissement du délai de remboursement maximal ou la mise en œuvre de l'interopérabilité.

Concrètement, ce dernier dispositif doit favoriser la concurrence en permettant à de plus petits opérateurs d'avoir accès aux réseaux des opérateurs historiques.

Edenred a attaqué en justice cette disposition. La société attend le jugement sur le fond qui est attendu fin 2026 ou début 2027.

En France, des risques sur la fiscalité des titres-restaurant ont également pesé sur le titre. Le projet de loi de finances pour 2026 prévoyait initialement une contribution patronale de 8% sur les avantages aux salariés (titres repas, titres cadeaux, etc…). La mesure n'a toutefois pas été retenue dans le texte final, l'ensemble des groupes politiques à l'Assemblée ayant manifesté leur opposition.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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