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CAC 40

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Cac 40 : La Bourse de Paris absorbe sans embardée un relatif durcissement du discours de la Fed

jeudi 17 juin 2021 à 11h45

(BFM Bourse) - Le relèvement des perspectives de croissance et d'inflation de la banque centrale américaine se ressent surtout sur les taux obligataires, tandis que les indices européens résistent plutôt bien avec un CAC 40 proche de l'équilibre.

Ils en ont parlé ! "Vous pouvez voir cette réunion comme celle où l'on a "parlé d'en parler" [de commencer à diminuer les rachats d'actifs, NDLR] si vous le voulez", a résumé mercredi soir le président de la Fed, Jerome Powell au terme de deux jours de réunions du comité de politique monétaire. Autrement dit, la banque centrale des États-Unis reconnaît que le sujet de la réduction du soutien monétaire va effectivement arriver sur la table dans un avenir proche, mais que le moment d'en fixer le calendrier et montant n'est pas tout à fait arrivé. Satisfaits d'avoir été prévenus avec suffisamment de ménagement, les investisseurs prennent acte sans s'alarmer, le CAC 40 demeurant proche de l'équilibre à la mi-séance jeudi. Vers 12h15, l'indice phare affiche 6.647,69 points, une baisse anecdotique de 0,07% après une belle série de progressions ces dernières séances.

"Jay" Powell cherche visiblement à éviter un remake du "taper tantrum", cet accès de volatilité sur les taux d'intérêt survenu en 2013 (le marché d'action n'avait guère bronché, lui, le S&P 500 bouclant l'année avec près de 30% de gains...) lorsque Ben Bernanke avait annoncé, apparemment un peu trop brusquement, que le soutien inédit mis en place face à la crise financière allait progressivement s'atténuer. L'actuel patron de la Fed a décidé de prendre un chemin opposé, mais "pas sans risque", estime Ronan Blanc, gérant obligataire à la Financière Arbevel.

Si le montant des achats d'actifs est maintenu à 120 milliards de dollars par mois pour l'instant, les projections des taux Fed laissent désormais entrevoir deux tours de vis monétaire en 2023, contre aucun auparavant (certains membres visant même 2022). L’institution en a profité pour revoir en hausse ses perspectives de croissance (7% contre 6,5%) mais surtout d’inflation (3,4% contre 2,4%) pour cette année. La Fed continue d’estimer que la hausse de celle-ci est transitoire (liée à l'effet réouverture de l’économie) les prévisions pour 2022 et 2023 n’ont donc été que modestement revues. "Pour autant on sent un Jerome Powell moins catégorique", souligne Ronan Blanc. "Si le scénario central reste celui d’une hausse transitoire des prix, il reconnait la difficulté qu’à l’institution à bien appréhender le contexte de reprise. Il se dit satisfait du niveau atteint par les anticipations d’inflation, mais s’attend à une dynamique forte de l’emploi cet été. Une telle perspective ouvrirait la voie à des annonces sur un calendrier précis de ralentissement des achats d’actifs dès la rentrée de septembre".

"La Fed ne pouvait que reconnaitre la poussée d’inflation que traversent actuellement les États-Unis. Les pénuries qui touchent de plus en plus de secteurs sont un phénomène global et pas seulement américain. Mais elles arrivent à un moment où la relance fiscale est forte et la politique sociale une priorité. La question centrale est donc de savoir dans quelle mesure les agents économiques vont ajuster leur comportement à ce nouveau contexte de prix. Si une partie de cette hausse est transitoire, le risque que les pressions sous-jacentes s'accentuent augmente (fameux effets de second tour). Il va donc falloir qu’elle continue d’ajuster son scénario dans les prochains mois si elle ne veut pas voir ce scénario se matérialiser et sa crédibilité écornée", conclut le gérant.

Pour le moment, la principale retombée est une remontée des rendements des obligations (le taux de l'OAT française à dix ans est à nouveau positif, l'équivalent américain dégage 1,56% après avoir frôlé 1,6% hier soir), ce qui fait les affaires des banques. Le podium du CAC 40 parle de lui-même : Société Générale (+3,3%), BNP (+3,2%) et Crédit Agricole (+2,9%). Axa n'est pas très loin avec 1,2% de gains.

Autre secteur en vue, l'automobile avec 1,5% de hausse pour Renault et 0,6% pour Stellantis, à la suite d'un rebond de 53,4% du nombre d'immatriculations neuves sur un an au mois de mai dans l'Union européenne.

Victime d'une note de Bank of America qui adopte un avis négatif (sous-performance attendue et valeur estimée à 36 euros), Alstom perd près de 2,5%.

Hors de l'indice phare, ADP monte de 2% après l'annonce d'une progression considérable du trafic en mai sur un an (même si, là aussi, les niveaux de mai 2019 sont encore très loin). Parmi les petites capitalisations, Metabolic Explorer se détache (+12%) tandis que moins de deux mois après le redémarrage de son site mosellan, le groupe a réussi à produire de premiers lots commerciaux de PDO, un composé habituellement issu de la pétrochimie que Metex fabrique avec un bioprocédé à partir de ressources renouvelables.

Ayant terminé jeudi sur une chute proche de 15%, McPhy perd encore 2,2% ce vendredi. Solutions 30 signe une troisième séance consécutive de repli, à -3,7%.

Très léger reflux pour ce qui concerne le pétrole (74,32 dollars pour le Brent et 72,11 dollars pour le WTI), tandis que le cuivre flanche de 1,9% après les initiatives de la Chine pour tenter de contenir la flambée des matières premières.

Sur le marché des changes, le billet vert profite d'un courant d'achat après la réunion de la Fed, entraînant une baisse de 0,53% de l'euro à 1,1931 dollar.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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