(BFM Bourse) - Depuis l'éclatement du conflit au Moyen-Orient, les marchés actions sont à fleur de peau. Le CAC 40 a par exemple perdu près de 3,5% à la clôture du mardi 3 mars, encaissant sa plus forte baisse depuis avril 2025 et l'annonce des droits de douane "réciproques"de l’administration Trump. Pourtant, l'indice a connu bien pire depuis son lancement.
Les marchés ont une sainte horreur de l'incertitude. La semaine écoulée n'a pas fait exception. Les compteurs du CAC 40 se sont affolés ces dernières séances, réagissant au quart de tour au conflit au Moyen-Orient, ainsi qu'aux craintes inflationnistes qui découlent de la flambée des prix des hydrocarbures.
Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a, en effet, provoqué un rebond des prix du pétrole et du gaz alors que la région joue un rôle central dans la production et l'exportation des hydrocarbures consommés à travers le monde.
"Désormais, les regards se tournent de nouveau du côté du risque inflationniste que fait peser une telle hausse des cours du baril", notait en début de semaine, Valentin Urrutiaguer, responsable de la Gestion Cross-Asset chez Salamandre x Auris Gestion.
Depuis le début du mois de mars, l'indice vedette parisien enquille donc les séances de baisses dont une très marquée, le mardi 3 mars (-3,46%), la plus forte baisse depuis avril 2025, et l'annonce des droits de douane "réciproques" de l'administration Trump.
Sur l'ensemble de la semaine boursière écoulée, le CAC 40 a perdu près de 7%, affichant désormais une performance négative depuis le début de l'année (-1,91%).
Toute l'avance engrangée depuis le début de l'année, et notamment en février (+5,6%) est partie en fumée en l'espace d'une semaine boursière.
Ces séances de haute tension à la Bourse de Paris sont pourtant loin d'être les plus prononcées. Retour sur les pires séances de l'indice parisien depuis son lancement officiel, le 15 juin 1988.
> Le lundi 12 mars 2020 (-12,28%)
La dernière chute d'envergure de l'indice parisien remonte au lundi 12 mars 2020. Le baromètre de la Bourse de Paris s'était littéralement effondré, abandonnant 12,28% en clôture, plombé par la propagation du coronavirus. Le marché avait notamment mal réagi à l'annonce par la Banque centrale européenne (BCE) de nouvelles mesures pour lutter contre les retombées économiques de la pandémie de Covid-19, celles-ci n'ayant pas répondu aux attentes des investisseurs.
> Le lundi 6 octobre 2008 (-9,04%)
Dans le sillage de la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, les signes de la contagion de la crise financière aux banques européennes se multiplient. Le CAC 40 clôture en baisse de 9,04%, après avoir lâché jusqu'à 9,8% "intraday", du jamais-vu depuis sa création. La panique intervient alors que les États européens garantissent un à un les dépôts sur leur territoire.
> Le lundi 9 mars 2020 ( -8,39%)
Incotable à l'ouverture, en raison du trop grand nombre de valeurs réservées à la baisse, le baromètre du marché parisien a fini par ouvrir en reflux de 6,27% au bout de plus d'un quart d'heure. Les marchés ont connu une nouvelle déroute, minés par les craintes quant aux répercussions économiques de la crise sanitaire auxquelles s'ajoutaient celles d'un krach pétrolier provoqué par la décision de l'Arabie Saoudite d'inonder le marché de brut à prix cassé.
>Le vendredi 24 juin 2016 (-8,04%)
La Bourse de Paris a vécu un véritable "vendredi noir", connaissant sa pire séance depuis octobre 2008. Après avoir ouvert légèrement en retard et en baisse de près de 5%, le CAC 40 s'est rapidement enfoncé jusqu'à perdre plus de 10% "intraday", avant un léger sursaut en fin d'après-midi. C'est la victoire du "Brexit" à l’issue du référendum au Royaume-Uni qui provoque un tsunami sur l'ensemble des places boursières mondiales.
Pour en revenir au CAC 40, sa chute s'expliquait aussi par le précédent rebond du marché en début de semaine (+6,5% entre lundi et jeudi) lié à des sondages favorables à un "Bremain", c'est-à-dire donc un maintien du Royaume-Uni dans l'Union européenne. La déception des investisseurs était donc à la hauteur des attentes et de l'optimisme qui régnaient sur les marchés financiers depuis quelques jours.
>Le vendredi 10 octobre 2008 (-7,73%)
Malgré le vote du plan Paulson aux États-Unis pour enrayer la crise des subprimes, suivi d'une baisse coordonnée des taux de sept banques centrales, les investisseurs se détournent massivement des marchés actions tout au long de la semaine. Les opérateurs de marchés sont affolés par le blocage du marché interbancaire, qui manque toujours désespérément de liquidités. Alors que des ventes massives de titres, imputées aux fonds spéculatifs, aggravent la débâcle boursière, le CAC 40 clôture sur une chute de 7,73% qui porte son effondrement à 22,16% sur la semaine (plus mauvaise performance hebdomadaire de son histoire).
> Le mardi 11 septembre 2001 (-7,39%)
Peut-être la date la plus célèbre du XXIe siècle. Le jour où l'un des symboles du capitalisme américain (le World Trade Center) a été attaqué par Al-Qaïda, provoquant logiquement une grosse panique des marchés. Alors que le CAC évoluait en hausse (+2,2% vers 13h30), le baromètre parisien -qui s'est refusé à interrompre les échanges contrairement à plusieurs places européennes, latino-américaines et, naturellement, l'ensemble des marchés des États-Unis- s'est violemment retourné pour terminer la séance sur une chute de 7,39%, au plus bas depuis mars 1999. Les assureurs (-15% pour Scor, -13% pour Axa, -22% pour Coface) et le secteur aérien (-16% pour Air France, -12% pour EADS) figuraient parmi les plus gros perdants du jour.
>Le lundi 19 août 1991 (-7,29%)
Lors du "putsch de Moscou", Mikhaïl Gorbatchev est évincé par des tenants de la "ligne dure" au sein du Parti communiste. La baisse spectaculaire du CAC 40 (-7,29%) est toutefois de courte durée puisque le niveau précédant cette chute a ensuite été retrouvé en quatre séances. Les Bourses d'Asie et du Pacifique ont été les premières à réagir à l'annonce du renversement du président soviétique. La réaction a été d'autant plus forte qu'aucun commentaire n'accompagnait cette nouvelle et qu'elle se prêtait donc à toutes les spéculations possibles. Un afflux d'ordres de vente a alors submergé les intervenants de marché et des rumeurs sur la mort du numéro un soviétique ont accentué la panique.
