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Bnp paribas act.a : Pour les banques, le risque vient davantage du numérique que d'un manque de cash

samedi 26 juin 2021 à 07h00
Les ratios bancaires sont solides, contrairement à 2008

(BFM Bourse) - Au sortir de la pandémie, les banques apparaissent dans une situation bien plus robuste qu'elles ne l'étaient dans les décombres de la crise financière de 2008, si l'on raisonne au sens des ratios prudentiels bien connus. Mais le secteur est plus exposé à un risque de bouleversement par le numérique, bien plus difficile à évaluer.

Dans l'ensemble, les groupes bancaires européens sortent plutôt en bonne forme d'une année (et quart) de pandémie. Elles ont bénéficié des mesures de soutien mises en place par la BCE, préservant ainsi leur bilan (sans que leur activité en aie littéralement dépendu pour autant). Leur coût du risque et le niveau de leurs bénéfices revient globalement au niveau d'avant la pandémie, et alors que l'économie rebondit, leurs revenus vont s'améliorer. Et si la Banque centrale européenne lève comme prévu l'interdiction, les actionnaires peuvent en outre espérer un retour du dividende à la fin de l'année.

Si l'on compare à la période pré-crise financière de 2008, la rentabilité des banques européennes demeure certes sensiblement inférieure -elles ont dû renoncer aux activités les plus lucratives mais aussi les plus risquées- mais elles affichent donc un profil financier et opérationnel significativement plus solide, note Sam Theodore, analyste chez Scope.

De façon assez parlante, les pertes importantes essuyées par divers établissements européens en relation à leur exposition au hedge fund Archegos n'ont aucunement été perçue comme susceptible de poser un risque systémique au secteur (dans les années suivant la crise des subprimes, cela n'aurait pas manqué de relancer les craintes qu'une prise de risque démesurée de la part des banques ne précipite l'ensemble de l'économie dans une grave crise).

Pas de dégradation des actifs à prévoir

Autrement dit, les investisseurs sont moins inquiets du risque prudentiel aujourd'hui, considérant que les contraintes règlementaires ont progressivement réduit l'éventualité de voir le secteur auto-englouti par des prises de risques inconséquentes.

Pour Sam Theodore, une brusque dégradation de la qualité des actifs bancaires une fois que le soutien monétaire / budgétaire se retirera est peu probable : "je ne crois pas que les banques recommenceront à prêter sans retenue à des projets et des emprunteurs risqués comme à l'occasion de nouvelles Années Folles [Roaring Twenties, les années d'exubérance 1920]. Lorsqu'une banque se trouve confrontée à un défaut spécifique de gestion du risque -comme Credit Suisse plus tôt cette année- elle est rapidement rattrapée par le marché et par le régulateur", souligne-t-il.

Cependant, si le risque systémique en provenance des banques apparaît en recul, le spécialiste estime que les risques pour les banques augmentent. "En particulier, la numérisation de la finance va amener davantage de menaces de disruption au modèle d'intermédiaire financier. Les banques les moins bien préparées sur le plan numérique et les moins capables de prendre en charge les coûts hérités de leurs anciens modèles subiront des pertes de parts de marché et une baisse de leurs bénéfices, estime le spécialiste.

Des fintechs qui se développent moins vite en Europe

Ce qui veut dire qu'une banque affichant pourtant de solides ratios de capital et de liquidité, des niveaux de coûts apparemment acceptables, et une qualité d'actifs gérables, pourra obtenir de bonnes notes de la part des agences de notation de crédit (et encore plus si elle y ajoute des efforts ESG, c'est-à-dire les critères environnementaux, sociaux et de bonne gouvernance)... Mais une incapacité ou une lenteur à opérer sa transformation -notamment par manque de culture numérique du management- peuvent dans le même temps en faire un mauvais candidat parmi les acteurs qui réussiront à l'avenir.

Or, il existe aujourd'hui peu de critères pour évaluer et mesurer objectivement le degré de préparation d'une banque aux bouleversements technologiques (d'autant que ces technologies évoluent très vite), et parallèlement à appréhender le niveau de cyber-vulnérabilité.

Petite consolation pour les établissements européens : ils sont sans doute un peu moins menacés que leurs homologues dans d'autres régions du monde, estime Scope. "Si les cyber-risques sont l'une des plus grandes menaces pour toutes les institutions financières, sans exception, je crois que le danger de la disruption par le numérique est, à la marge, moins prégnant en Europe", note le spécialiste. En Europe, le degré d'intermédiation financière y est très profond depuis des décennies, aussi bien dans la banque de dépôt qu'en gestion d'actifs ou en assurances. La pénétration du marché bancaire par les fintechs est donc beaucoup plus rapide dans des régions du monde jusqu'ici beaucoup moins bancarisées (dans beaucoup de pays, c'est seulement en obtenant l'accès à la téléphonie mobile que les ménages ont pu accéder aux services bancaires). Enfin, les barrières réglementaires sur le vieux continent sont suffisamment élevées pour empêcher des intervenants peu ou pas régulés d'évincer les banques, très supervisées, du système.

"Il n'est pas surprenant que la plupart des fintechs ou néobanques en Europe ne parviennent pas à être rentables. Pour générer des revenus, beaucoup cherchent à se développement du côté des Etats-Unis ou des marchés émergents. Et ce que les fintechs accomplissent n'est pas hors de portée des banques en place", note Sam Theodore, citant l'exemple de l'offre "achetez maintenant, payez plus tard sans intérêts" de la fintech suédoise Klarna, d'ores et déjà copié au Royaume-Uni.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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