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AIRBUS GROUP

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Airbus group : L'accord d'Airbus pour clore les enquêtes anticorruption salué par la Bourse

mardi 28 janvier 2020 à 10h44
Airbus rebondit en Bourse

(BFM Bourse) - Au lendemain d'un repli de 4,4%, le titre Airbus rebondit mardi après l'annonce d'un accord de principe trouvé par l'avionneur avec des autorités françaises, britanniques et américaines dans l'affaire dite des "pots de vin" qui menace le groupe depuis 2016. Le Financial Times avance une somme de 3 milliards d'euros déboursée par Airbus.

Les nuages se dissipent au-dessus de la tête de l'avionneur européen. Poursuivi depuis près de quatre ans au Royaume-Uni et en France -et depuis fin 2018 aux Etats-Unis- dans le cadre d'enquêtes sur des allégations de corruption, notamment sur des montants de commissions de consultants à l'étranger. Airbus confirme avoir conclu "un accord de principe avec le parquet national financier (PNF) en France, son équivalent britannique, le Serious Fraud Office britannique (SFO) et les États-Unis" indique le groupe dans un communiqué publié avant Bourse.

"Ces accords sont conclus dans le cadre d'enquêtes sur des allégations de corruption ainsi que sur la conformité avec la réglementation américaine sur la commercialisation d'armes (ITAR)", a poursuivi l'avionneur, sans toutefois en préciser les termes financiers. À partir de sources proches du dossier, le Financial Times a rapporté lundi qu'Airbus pourrait accepter de débourser plus de 3 milliards d'euros pour mettre fin à ces enquêtes qui lui faisaient craindre le pire.

"Attachez vos ceintures, ça va secouer !" avait prévenu l'ancien patron d'Airbus, Tom Enders, dans un mail envoyé à tous les salariés du groupe le 6 octobre 2017. Des mots qui avaient déclenché un vaste branle-bas de combat, jusqu'au sommet des États français et allemand, inquiets pour leur fleuron industriel qui allait devoir faire face à des enquêtes anticorruption. L'enquête ouverte par le Serious Fraud Office (SFO) en Grande-Bretagne et le Parquet national financier (PNF) en France sur les commissions versées à des intermédiaires ne pouvant se solder que par de lourdes amendes dont chacun savait qu'elles se calculeraient plutôt en milliards qu'en millions, Airbus a décidé de coopérer pleinement avec les autorités sur ce dossier.

Une réclamation d'un homme d'affaires chinois à l'origine de l'affaire

L'avionneur européen était notamment dans le collimateur par rapport à la manière dont il a eu recours à des intermédiaires pour ses ventes d'avions de ligne, une pratique qui n'a plus cours depuis 2014 selon ses dirigeants. Tout remonte à début 2014, lorsqu'un homme d'affaires chinois, Dilsat Atus, avait menacé Airbus de poursuites pour obtenir le versement d'une énorme commission liée à la commande de 150 avions par la Chine en 2010. Prise de court, la direction juridique d'Airbus n'avait pas trouvé trace de l'intermédiaire en question dans les documents entourant la transaction, dérogeant à la réglementation des agences gouvernementales de crédits à l'exportation (ACE).

En échange des prêts garantis délivrés par les agences, le constructeur aéronautique devait en effet mentionner le rôle et la rémunération des différents intermédiaires concernés par le contrat, sous peine de s'exposer à des poursuites pénales. Persuadé que les Etats-Unis se serviraient tôt ou tard de ces "irrégularités" contre Airbus, Tom Enders demande alors de suspendre le recours aux intermédiaires, d'abord sur la Chine, puis partout dans le monde, après la découverte d'un deuxième incident en Turquie. Et Airbus s'est lui-même dénoncé dès 2016 auprès des autorités judiciaires concernées pour se mettre à l'abri d'éventuelles poursuites.

Fin 2018, c'était au tour du parquet américain, le Department of Justice (DoJ), d'enquêter sur le fleuron industriel européen. Airbus avait découvert en 2013 qu'un certain nombre de transactions effectuées par une entité interne, baptisée Strategy and Marketing Organization (SMO) et surnommée le "bullshit castle par Tom Enders", n'étaient pas conformes.

Airbus rebondit en Bourse

L'heure est clairement au soulagement pour l'avionneur européen, dont le titre rebondit de 1,6% à 135,02 euros peu avant 10h30, après avoir ouvert en hausse de près de 3% au lendemain d'un recul de 4,4% dans un marché parisien en souffrance. "Nous saluons la clôture de ces enquêtes du PNF et du SFO, même si cela a un coût. Les informations de presse avancent un montant de 3 milliards d'euros, dans la partie haute de ce que nous jugions probable", écrivent ainsi les analystes de Jefferies. Une opinion partagée par ceux de Bank of America, pour qui ces accords enlèvent un "poids" pesant sur le titre en Bourse.

L'enquête en cours s'apparentait de fait à une épée de Damoclès au-dessus de la tête de l'avionneur. Tout l'enjeu étant d'échapper à un procès pénal puisqu'une condamnation pour faits de corruption barre l'accès aux marchés publics de très nombreux pays (pendant 5 ans dans l'UE par exemple). "Pour Airbus, ce serait une condamnation à mort" expliquaient alors plusieurs dirigeants de l'avionneur en off.

Si les accords conclus "restent soumis à l'approbation" du PNF, du SFO ainsi que du tribunal et du régulateur américain, Airbus semble donc avoir échappé au pire.

Quentin Soubranne - ©2020 BFM Bourse
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