(BFM Bourse) - L'avionneur européen a signé une belle performance à la Bourse de Paris ce jeudi malgré des résultats un peu mitigés. La direction du groupe s'est montrée confiante sur son objectif de livraisons.
Livrer des résultats un peu inférieurs aux attentes ne condamne pas forcément une société aux gémonies boursières.
Airbus le démontre ce jeudi 29 octobre. Le groupe européen et rival de Boeing a terminé la séance sur une hausse appréciable de 2,3%, alors que ses comptes trimestriels sont ressortis un tout petit peu sous les anticipations des analystes.
Au troisième trimestre, les revenus se sont inscrits à 17,5 milliards d'euros, soit 2,5% de moins que le consensus (la prévision moyenne des analystes) et le résultat opérationnel ajusté a été 0,5% inférieur aux prévisions.
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Objectifs confirmés
Le véritable écart provient du flux de trésorerie, négatif à hauteur de 102 millions d'euros quand les analystes tablaient sur un chiffre positif de plus de 320 millions d'euros.
Mais "cette consommation de cash reflète toutefois essentiellement une hausse des stocks de 2,8 milliards d'euros depuis fin juin destinée à soutenir l’accélération des livraisons au quatrième trimestre", explique Oddo BHF.
Autrement dit, Airbus s'arme pour se préparer à une fin d'exercice 2026 sous haute tension. Et tenir ainsi ses objectifs.
Le groupe les a confirmés mercredi soir. La société compte parvenir à environ 870 livraisons d'avions, un résultat opérationnel ajusté d'environ 7,5 milliards d'euros et un flux de trésorerie avant financement clients d'environ 4,5 milliards d'euros.
Airbus va devoir mettre les bouchées doubles pour tenir son objectif de livraisons. Selon Barclays, il lui faudra livrer plus de 320 avions au quatrième trimestre pour tenir cette cible, et donc dépasser le niveau du quatrième trimestre 2025 (286 avions) et surtout des trois derniers mois de 2018 (297 avions), qui constituait un record absolu.
Toutefois le fait d'avoir confirmé les cibles offre un point d'appui au marché. "La confirmation de la cible livraisons pour l'exercice fiscal est importante", tranche Citi.
Des indications rassurantes
La direction de la société s'est par ailleurs montrée rassurante sur plusieurs difficultés logistiques, rapportent les analystes.
Le groupe a confirmé que Pratt & Whitney, aux côtés de CFM (les deux motoristes de la famille A320 neo), continuera de constituer un frein à l’accélération de la production de l’A320 en 2027, "aucune amélioration n’étant prévue concernant les prévisions de livraison des moteurs", rapporte Alphavalue.
"Toutefois, la chaîne d’approvisionnement dans son ensemble s’est améliorée, et les récents problèmes de qualité sur les A321 et A330 ne devraient pas avoir d’incidence significative sur les livraisons. Airbus a également exclu la construction d’avions supplémentaires sans moteurs (avions-planeurs) en prévision d’une meilleure disponibilité des moteurs en 2028", ajoute le bureau d'études indépendant.
"Les récents problèmes de qualité sur certains A321neo et A330neo sont désormais contenus, et Airbus prévoit de livrer les appareils concernés avant la fin de l’année", confirme Oddo BHF.
Le groupe s'est ainsi montré "confiant dans l'accélération des livraisons en dépit de (ces) problèmes de qualité", poursuit le courtier.
"La direction s'est montrée plus confiante quant à la stabilisation de la chaîne d'approvisionnement pour la montée en puissance de la production de l'A320 et a confirmé ses prévisions pour l'exercice 2026, malgré des livraisons fortement concentrées en fin de trimestre au quatrième", abonde Deutsche Bank.
Une fin d'année sous haute tension
Les livraisons sur les trois derniers mois de 2026 d'Airbus seront ainsi critiques, pointe Jefferies, pour qui l'exécution se devra d'être "parfaite". La banque reconnaît toutefois que la direction a fourni des indications appréciables sur l'état de sa chaîne logistique.
Bank of America se montre confiant, jugeant qu'arriver à un chiffre proche de l'objectif de livraisons s'avère "tout à fait atteignable".
Barclays estime que si la société atteint un chiffre proche de sa cible, cela "renforcera la confiance dans la poursuite de la croissance des livraisons jusqu'en 2027".
"L’accélération des livraisons constitue le principal catalyseur des prochains mois. Le respect de l’objectif annuel aurait selon nous une portée importante puisqu’il validerait la capacité du management à exécuter dans un environnement industriel encore contraint", tranche Oddo BHF.
"Une telle démonstration devrait réduire la décote d’exécution et recentrer le débat sur l’amélioration structurelle des volumes, des résultats et de la génération de cash à moyen terme", poursuit le courtier qui ajoute que la valorisation d'Airbus en profiterait logiquement.
Si les perspectives inchangées devraient soutenir la confiance des investisseurs, "des interrogations subsistent quant à la montée en puissance prévue pour 2027, la disponibilité des moteurs restant le principal goulot d'étranglement", tranche pour sa part Alphavalue.
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