(BFM Bourse) - La banque britannique a rehaussé de deux crans son conseil sur le groupe de transport aérien franco-néerlandais. L'établissement estime que la société est désormais exposée à une demande "saine" sur le segment premium.
Air France-KLM a passé avec brio l'épreuve des résultats du troisième trimestre. Le groupe de transport aérien franco-néerlandais a vu son action s'envoler de 12% jeudi, dans la foulée de résultats trimestriels largement supérieurs aux attentes.
Le groupe a tiré parti d'un environnement tarifaire porteur sur les vols vers les États-Unis et l'Asie. Sur ces dernières liaisons, le groupe a notamment bénéficié du fait que les voyageurs (surtout la clientèle affaires) évitent de transiter depuis plusieurs mois par les "hubs" du Moyen-Orient, ce qui crée un surplus de demande. Les revenus de l'entreprise ont également été soutenus par le "pricing power" d'Air France-KLM ainsi que la montée en puissance de la premiumisation de ses cabines.
Les prouesses opérationnelles de la société ont impressionné les analystes. Alphavalue évoque un trimestre "bien exécuté". Le groupe franco-néerlandais "a renoué avec la croissance avec des coûts sous contrôle", apprécie Deutsche Bank.
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Une baisse du carburant doublement bénéfique
Air France-KLM a même poussé Barclays à opérer un virage à 180 degrés sur le titre. La banque britannique a relevé, ce vendredi 6 novembre, sa recommandation de deux crans sur l'action de l'entreprise née en 2004 de la fusion entre Air France et KLM, passant de "sous-pondérer" à "surpondérer", soit de "vendre" à "acheter".
L'action de la société franco-néerlandaise est portée par ce relèvement de recommandation. Le titre bondit de 8% vers 16h30, ce vendredi 6 novembre.
Barclays se montre, dans un premier temps, plus optimiste sur les compagnies européennes en général, la banque anticipant un environnement plus favorable sur les cours du pétrole et donc sur le kérosène des sociétés.
Rappelons qu'avec l'envolée des prix de l'or noir, Air France-KLM anticipe une facture carburant de 9,2 milliards d'euros cette année contre 6,9 milliards d'euros en 2025.
"Les compagnies aériennes sont très sensibles au prix du carburant et, par conséquent, à la situation géopolitique. Le résultat des élections de mi-mandat aux États-Unis a entraîné une baisse des prix du carburant au comptant et à terme, ce qui suggère que le marché accorde une probabilité plus élevée à un apaisement des tensions au Moyen-Orient", observe Barclays.
Même si l'incertitude demeure élevée, la banque britannique estime que la probabilité de voir les cours du pétrole baisser a augmenté, ce qui par ricochet portera la rentabilité des compagnies. Non seulement parce que leur facture carburant diminue mais aussi parce qu'une diminution des cours du carburant aura des effets de second ordre positifs sur les recettes des compagnies aériennes.
Un premium qui tient
"Nous estimons que des prix élevés du carburant réduiraient le revenu disponible des voyageurs ne voyageant pas en classe affaires, nuiraient à l'économie dans son ensemble, affaibliraient les marchés boursiers et, par conséquent, freineraient la demande actuellement dynamique en matière de voyages haut de gamme de la part des voyageurs d'affaires et des vacanciers aisés", explique Barclays.
"Ainsi, si les perspectives en matière de carburant pour les compagnies aériennes s'améliorent, nous pensons que les perspectives de chiffre d'affaires s'amélioreront également, car la demande devrait alors augmenter", poursuit la banque.
Dans le cas plus particulier d'Air France-KLM, Barclays estime que la société est "désormais exposée à une saine demande sur le premium, avec des conséquences limitées des troubles sociaux en France".
Barclays a radicalement changé d'opinion en quelques mois. Au début de l'année, l'établissement s'attendait à ce que la demande pour le segment premium se tasse.
"Nous pensons que tout futur coup de mou des marchés financiers affaiblirait la confiance des consommateurs fortunés et que l'effet de richesse disparaîtrait de ce marché des loisirs haut de gamme. Pour résumer cet argument à sa forme la plus élémentaire, la vigueur de cette demande semble trop belle pour être vraie. À un moment donné, nous nous attendons à ce qu'elle s'affaiblisse", développait la banque britannique.
Toutefois, dès août, Barclays avait reconnu que cette thèse ne semblait pas fonctionner et que la demande premium résistait.
La banque britannique observe par ailleurs que les résultats du groupe au troisième trimestre ont montré une amélioration de la rentabilité de KLM, grâce notamment au cargo.
Le groupe aérien a d'ailleurs annoncé jeudi de nouvelles mesures d'amélioration de la performance de KLM.
Ces mesures incluent notamment une amélioration de 8% de la productivité via la remise à plat des conventions collectives, la réorganisation de certaines activités (cargo, maintenance, opérations au sol). La société batave va aussi jouer sur l'optimisation de sa flotte en "équilibrant mieux la flotte avec un mix d'appareils de plus grande capacité et de nouveaux appareils de plus petite capacité, afin de pouvoir déployer les capacités avec davantage de flexibilité et de mieux les adapter à la demande".
"Nous estimons que la nouvelle vague de restructuration prévue chez KLM semble prometteuse : la réduction de la taille moyenne de sa flotte devrait permettre à KLM de limiter son exposition aux correspondances entre vols court-courriers, qui sont particulièrement peu rentables", apprécie sur ce point Barclays.
La banque britannique note que les effets d'aubaine dont bénéficient les compagnies sur les liaisons asiatiques et dans l'activité cargo (en raison de la baisse temporaire de l'offre du côté des compagnies du Golfe) vont s'estomper.
Mais Air France-KLM devrait moins pâtir de cet élément que les autres compagnies européennes en raison de son "réseau particulièrement diversifié".
"Non seulement elle dispose de liaisons solides à travers l'Atlantique Nord et l'Asie, mais elle possède également des réseaux importants vers l'Amérique latine, l'Afrique et les territoires d'outre-mer", apprécie Barclays.
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