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Grâce à sa montée en gamme vers le premium et à la maîtrise de ses coûts, Air France-KLM pulvérise les attentes et bondit de 12,8% en Bourse

Aujourd'hui à 11:46
Soldies résultats pour Air France

(BFM Bourse) - Le groupe de transport aérien a publié des résultats nettement au-dessus des prévisions des analystes, porté notamment par la vigueur de la recette unitaire et une stabilité des coûts hors carburant.

L'éclatement du conflit au Moyen-Orient a évidemment compliqué la donne pour les compagnies aériennes.

Cette guerre a provoqué une envolée des cours du pétrole qui s'est répercutée sur les prix du "jet fuel", le carburant des compagnies aériennes. Sur la semaine achevée le 30 octobre, ces prix avaient augmenté de 112,8%, selon les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA).

Cette hausse des prix s'explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l'IATA. "Au lieu de cela, les raffineries optimisent leur gamme de produits en se concentrant sur les produits les plus demandés et les plus rentables, tels que le diesel et l'essence", souligne l'association.

En raison de cette flambée, la facture carburant des compagnies européennes grimpe en flèche et les groupes aériens réduisent leurs plans de vol.

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L'action s'envole

Encore ce jeudi, Air France-KLM a revu à la hausse sa facture carburant, l'évaluant à 9,2 milliards de dollars pour 2026, contre 8,9 milliards précédemment, soit une hausse de 33% sur un an.

Le groupe dirigé par Ben Smith a, pour la troisième fois cette année, abaissé ses prévisions de capacités pour 2026, c'est-à-dire pour simplifier le nombre de vols offerts.

Le groupe prévoit une capacité globale en hausse de 2%, contre 2% à 3% précédemment, ce qui traduit notamment la "priorité accordée à la profitabilité".

Pour autant, face à cet environnement compliqué, Air France-KLM active les bons leviers. La société franco-néerlandaise a livré des résultats de haut vol, ce jeudi 5 novembre. Le groupe a nettement battu les attentes au troisième trimestre, période estivale et donc par définition critique pour ses résultats financiers. L'an passé, le bénéfice opérationnel du troisième trimestre 2025 avait représenté 80% du total annuel.

À la Bourse de Paris, le marché salue la copie livrée par le groupe de transport aérien. L'action Air France-KLM bondit ainsi de 12,8% vers 11h50.

Sur la période allant de juillet à fin septembre, la société a généré des revenus de 9,92 milliards d'euros, en hausse de 12,3% hors effets de changes.

Le groupe a transporté 29,7 millions de passagers sur la période en hausse de 1,8%, tandis que le taux de remplissage de ces avions a reculé à 88,4%, contre 88,8% un an plus tôt.

L'augmentation des revenus est surtout passée par une hausse de la recette unitaire, c'est-à-dire la recette par passager transporté au kilomètre (ou par tonne de marchandises transportées au kilomètre pour le cargo). Cette recette unitaire a grimpé de 7% (6,9% chez Air France et KLM, 21,9% pour le cargo et 2,9% chez Transavia).

Le premier tous azimut

La société explique avoir été portée par "une demande soutenue, la poursuite de la montée en gamme".

La recette unitaire a plus particulièrement été tirée par la hausse des "yield'" (en gros l'environnement tarifaire) sur les liaisons vers l'Amérique du Nord (+9,3%) et sur la zone Asie-Moyen-Orient (+10,1%).

"La demande vers l’Asie a été soutenue par les passagers, notamment la clientèle corporate, qui ont privilégié des itinéraires évitant les hubs du Golfe", souligne l'entreprise.

Oddo BHF remarque également que les "yield" sur les offres haut de gamme de la société, à savoir La Première et la catégorie premium, ont grimpé de 11,5%.

"La forte exposition du groupe au premium soutient la croissance du chiffre d'affaires unitaire sur l'ensemble du réseau", remarque de son côté Barclays.

En parallèle, Air France-KLM a maîtrisé ses coûts. Les coûts unitaires, c'est-à-dire les coûts hors quota Co2 et carburant rapporté aux capacités de vols, ont été quasiment stables (+0,1%) sur la période.

In fine, le résultat opérationnel ajusté a progressé de plus de 10%, à 1,35 milliard, tandis que le bénéfice net a augmenté de plus de 18% à 908 millions d'euros.

Air France-KLM a pulvérisé les attentes, puisque le bénéfice opérationnel ajusté a dépassé le consensus (la prévision moyenne des analystes) à hauteur de 26% et le bénéfice net à hauteur de 29%.

Mesures d'économies chez KLM

Oddo BHF note par ailleurs que le flux de trésorerie libre s'est inscrit à 426 millions d'euros alors que le courtier s'attendait à un décaissement de 152 millions d'euros.

À l'issue de ce trimestre, le groupe a annoncé que KLM, la compagnie néerlandaise, allait prendre de nouvelles mesures d'économies de sorte à se rapprocher de son objectif d'une marge opérationnelle de plus de 8% à terme.

Ces mesures incluent notamment une amélioration de 8% de la productivité via la remise à plat des conventions collectives, la réorganisation de certaines activités (cargo, maintenance, opérations au sol). La société batave va aussi jouer sur l'optimisation de sa flotte en "équilibrant mieux la flotte avec un mix d'appareils de plus grande capacité et de nouveaux appareils de plus petite capacité, afin de pouvoir déployer les capacités avec davantage de flexibilité et de mieux les adapter à la demande".

"Les résultats à court terme restent tributaires des coûts du carburant, mais la reprise sous-jacente gagne en crédibilité, soutenue par la stratégie de montée en gamme, la maîtrise des coûts, les mesures structurelles supplémentaires prises par KLM et une flexibilité tangible en matière de capacité", apprécie Oddo BHF.

Pour Deutsche Bank, Air France-KLM "reprend sa croissance et ses coûts sont sous contrôle".

L'établissement apprécie "un troisième trimestre de bonne qualité, marqué par des progrès encourageants en termes de rentabilité par KLM". Deutsche Bank nuance tout de même, en notant que la hausse de 7% de la "recette unitaire du groupe bénéficie de facteurs tels que la situation géopolitique, les perturbations du transport de fret et les effets liés à certains événements, ainsi que la tendance à la premiumisation".

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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