(BFM Bourse) - Le groupe de transport aérien a dégagé un résultat opérationnel supérieur aux attentes au deuxième trimestre, grâce notamment à une hausse de la recette unitaire, elle-même soutenue par la montée en puissance du premium.
Air France-KLM tourne la page d'une première partie d'année marquée par le conflit au Moyen-Orient.
Cette guerre a entraîné une flambée des cours du pétrole qui s'est répercutée sur les prix du "jet fuel", le carburant des compagnies aériennes. Sur la semaine achevée le 24 juillet, ces prix avaient augmenté de 78%, selon les données de l'Association internationale du transport aérien (IATA).
Cette hausse des prix s'explique par les coûts de raffinage mais également par le fait que le kérosène ne constitue pas une priorité pour les raffineurs, ne représentant que 9% de la production de produits raffinés, selon l'IATA. "Au lieu de cela, les raffineries optimisent leur gamme de produits en se concentrant sur les produits les plus demandés et les plus rentables, tels que le diesel et l'essence", souligne l'association.
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Abaissement de prévisions de capacités
La hausse de ces prix a conduit les groupes aériens à revoir leurs prévisions de capacités, c'est-à-dire, pour simplifier, le nombre de vols offerts.
Air France-KLM avait déjà révisé son plan de vol en avril, tablant sur une hausse de capacités de 2 à 4% dans son activité de long courrier chez Air France et KLM, (contre environ 4% auparavant), et stable dans l'activité court et moyen-courrier. Chez Transavia, la société entendait relever ses capacités de 8 à 10% contre environ 10% précédemment.
À l'occasion de ses résultats du deuxième trimestre, le groupe a encore abaissé ses prévisions de croissance de capacités. Le groupe anticipe désormais une hausse de 2% sur le réseau long-courrier d'Air France et KLM, une progression de 8% chez Transavia et une croissance totale comprise entre 2 et 3% (contre 2 à 4% précédemment).
Toutefois, la société a publié des résultats nettement au-dessus des attentes au deuxième trimestre, grâce notamment à la montée en puissance de son offre premium.
"Comme anticipé, la forte hausse des prix du carburant a pesé sur nos résultats du deuxième trimestre. Grâce à notre agilité sur le plan tarifaire et à notre discipline en matière de coûts, nous avons pu compenser une grande partie de cet impact, démontrant une nouvelle fois la résilience de notre modèle économique", a déclaré Ben Smith, le directeur général de la société.
Le groupe estime avoir compensé 85% de l'impact liée à la hausse des prix du jet fuel et donc à l'augmentation de la facture carburant (804 millions d'euros sur le trimestre) par une amélioration des recettes, dépassant son objectif de 60%.
"Nous avons par ailleurs réalisé une solide performance commerciale, portée par une demande toujours soutenue pour les voyages dans les classes Premium, notamment de et vers l’Asie et l’Amérique du Nord", a ajouté Ben Smith.
Rachat de TAP
D'avril à fin juin, Air France-KLM a dégagé des revenus de 9,28 milliards d'euros en hausse de 9,9% et de 12,7% hors effets de changes.
Le nombre de passagers a progressé de 3,9% à 28,32 millions. La recette unitaire, c'est-à-dire la recette par passager transporté au kilomètre (ou par tonne de marchandises transportées au kilomètre pour le cargo), a progressé de 8,7% hors effets de changes.
Cette recette a été "portée par la montée en gamme, la réduction des capacités consécutives au conflit au Moyen-Orient et la hausse des prix des billets", a expliqué la société. La recette unitaire de la seule activité cargo a grimpé de 26,7% hors effets de changes grâce à une forte demande, notamment en Asie, où le taux de remplissage a été particulièrement élevé.
Air France-KLM a dégagé un résultat opérationnel ajusté de 484 millions d'euros contre une perte de 251 millions d'euros un an plus tôt.
Le groupe a par ailleurs renoué avec un bénéfice net de 190 millions d'euros contre une perte de 459 millions d'euros au deuxième trimestre 2026.
Selon un consensus publié par la société sur son site internet, les analystes tablaient sur des revenus de 9,19 milliards d'euros et un résultat opérationnel ajusté de 327 millions d'euros.
À la Bourse de Paris, l'action Air France-KLM prend 2,8% en début de séance à 12,165 euros.
Barclays évoque une publication qui bat "solidement" les attentes, grâce à la dynamique du cargo et des revenus en Asie.
Concernant ses perspectives, outre ses objectifs de capacités, Air France-KLM a confirmé anticiper une hausse de ses coûts unitaires comprise entre 0 et 2% et des dépenses d'investissement situées à moins de 3 milliards d'euros.
Juste avant la publication de ses résultats, Air France-KLM a annoncé mercredi soir avoir déposé une offre pour racheter la compagnie portugaise en cours de privatisation TAP, entrant en concurrence frontale avec l'allemand Lufthansa.
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