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AIR FRANCE -KLM

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Air france -klm : La lutte d'influence des Etats au capital d'Air France-KLM plombe le titre

mercredi 27 février 2019 à 10h41
AIR FRANCE -KLM chute après l'entrée de l'Etat néerlandais au capital

(BFM Bourse) - Au lendemain d'un plus haut depuis plus d'un an en Bourse, l'action du groupe franco-néerlandais de transport aérien dégringole de plus de 10% mercredi matin. Témoignant d'une rivalité accrue entre les deux États, l'irruption des Pays-Bas au capital risque de compliquer singulièrement la tâche du nouveau directeur général.

La spectaculaire accélération boursière d'Air France-KLM (près de 25% de hausse au cours des six précédentes séances, dans des volumes d'échanges nettement accrus) a trouvé son explication mardi soir avec la révélation d'une prise de participation de l'Etat néerlandais. Le ministre néerlandais des Finances, Wopke Hoekstra, a fait savoir que La Haye avait investi 680 millions d'euros pour détenir actuellement 12,68% du capital du groupe binational, avec l'objectif de se renforcer jusqu'à un niveau équivalent à celui de l'Etat français (14,3%), dans l'objectif explicite de protéger les intérêts du pays et en particulier de l'aéroport d'Amsterdam-Schiphol.

Conclu en 2003, le rapprochement du français Air France et du néerlandais KLM reste à ce jour partiellement inabouti, à mi-chemin entre une alliance simple et une fusion complète. Alors que l'un des axes stratégiques mis en avant par Ben Smith, qui a pris cet été la direction du groupe, était d'améliorer les synergies entre les deux pavillons, le risque de voir s'opposer deux factions au sein du groupe entraîne une chute du titre mercredi. Vers 10h45, Air France-KLM cède 14,5% à 10,9 euros dans un volume d'échanges encore très nourri correspondant à 2,2% du tour de table.

Escalade des tensions franco-néerlandaises

"À plusieurs reprises ces dernières années, les intérêts néerlandais n'ont pas été suffisamment pris en compte dans les décisions concernant l'entreprise dans son ensemble", a affirmé Wopke Hoekstra mardi. Selon lui, l'organisation actuelle du groupe ne prend pas suffisamment ces intérêts en considération.

Le caractère inamical de cette prise de participation transparaît clairement dans le fait qu'elle ait été opérée sans en informer ni le conseil d'administration de l'entreprise ni le gouvernement français, comme l'a souligné le ministre de l'Economie Bruno Le Maire. "Il est essentiel de respecter les principes de bonne gouvernance et qu'Air France-KLM soit géré dans l'esprit de son intérêt social sans interférence étatique nationale", a ajouté le ministre.

Certes, "voir l'Etat français, qui n'a cessé d'intervenir dans les affaires de l'entreprise Air France-KLM au point de la mettre en péril, s'insurger de la montée au capital opérée par l'État hollandais, c'est quand même un sommet..." raille le rédacteur en chef de la lettre Propos Utile. Mais quoi qu'il en soit, l'escalade des tensions franco-néerlandaises jusqu'au plan du capital de l'entreprise apparaît comme préoccupante pour la mise en oeuvre d'une stratégie cohérente à long terme, ce qui fait fuir les investisseurs mercredi.

Équilibrer les pouvoirs

L'histoire du groupe est émaillée de tensions au niveau de l'organisation et de la gouvernance, avec une jalousie accrue du côté néerlandais par le fait qu'en dépit de résultats structurellement plus élevés, KLM est peu représentée au niveau de la direction générale. Récemment, Benjamin Smith a dû se résoudre à reconduire le néerlandais Pieter Elbers au poste de président du directoire de KLM, après un manifestation en sa faveur de la part de salariés de KLM, mais le Canadien a en parallèle décidé de siéger lui-même au conseil d'administration de la compagnie basée à Schiphol.

"Nous avons précédemment indiqué que réduire les tensions et équilibrer les pouvoirs entre les deux organisations était un prérequis indispensable pour permettre au groupe aérien d'aller de l'avant", rappellent les analystes de Bernstein mercredi. "La prise de participation des Pays-Bas ne nous rend pas plus positifs sur le titre, et nous craignons que des intérêts nationaux divergents ne ralentissent la très nécessaire restructuration du groupe", regrette le bureau d'études, qui table sur une évolution du titre en ligne avec son marché avec un objectif de cours de 10 euros.

Désormais, le capital du groupe se trouve tiraillé entre trois types d'investisseurs stratégiques très différents : ses partenaires Delta et China Eastern (qui pointent conjointement à 17,6%), l'État français et l'État néerlandais. De quoi anticiper des tensions au niveau du conseil d'administration qui devraient rendre la tâche du directeur général de construire un avenir viable pour le groupe significativement plus difficile qu'elle ne l'était au départ, d'après Bernstein.

Guillaume Bayre - ©2019 BFM Bourse
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