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Dopé par son SUV Urus, Lamborghini pourrait prétendre à 10 milliards d'euros de capitalisation

samedi 31 août 2019 à 12h00
Et si Volkswagen ouvrait le capital de Lamborghini ?

(BFM Bourse) - Si le groupe Volkswagen dit ne pas avoir de projet arrêté concernant son pôle de marques premium/luxe, qui comprend Audi, Ducati et Lamborghini, cette dernière voit sa valeur potentielle monter en flèche au vu de ses spectaculaires résultats commerciaux, tirés par l'Urus, selon Bloomberg Intelligence.

Avec la Miura dans les années 1960, l’extravagante Countach, dont la carrière s’étendit sur près de deux décennies suivantes, la Diablo pendant les années 1990, ou plus près de nous les Murciélago ou Huracán : la société des Automobili Lamborghini s’est fait une spécialité de coupés sportifs aux lignes audacieuses (abstraction faite du LM-002, un 4X4 de plus 2,7 tonnes qui fit couler beaucoup d’encre à l’époque, mais dont la production resta anecdotique). C’est pourtant en cédant à la mode des SUV que Lamborghini a atteint l’an dernier des résultats sans précédents en 55 ans d’existence. Pardon, des "super SUV" puisque c'est ainsi que la firme désigne son dernier-né, l'Urus.

Installée depuis son origine à Sant’Agata Bolognese, une petite ville entre Modène et Bologne, Lamborghini a été bien inspiré de doubler la taille de son usine historique en vue de la montée en puissance de l’Urus, un gros joujou de 4 litres de cylindrées capable de passer de 0 à 100 kilomètres/heure en moins de quatre secondes et dont le tarif ne débute pas à moins de 205.000 euros TTC.

Bien que les livraisons n’aient débuté qu’à la mi-2018, l’essor commercial de ce « SSUV » a massivement contribué aux ventes du groupe l’an dernier. Pas moins de 1761 exemplaires ont été vendus, ce qui a permis à Lamborghini de pulvériser la barre de 5000 véhicules vendus, avec un total de 5750 voitures. Soit un bond de plus de 50% par rapport à 2017, d’autant plus remarquable qu’il fait suite à déjà sept exercices de croissance consécutive !

"Nous n’avons pas seulement réalisé une nouvelle année de croissance des ventes, mais accédé à des niveaux totalement inédits", a expliqué Stefano Domenicali, l’ancien patron de la Scuderia Ferrari, devenu PDG du groupe en 2016.

En termes financiers, ce succès commercial -partagé dans une moindre mesure par les autres gammes de Lamborghini, l’Aventador et l’Huracán, dont les ventes ont battu des records- a permis au chiffre d’affaires de croître de 40% à 1,415 milliard d’euros. À un tel rythme, le rêve de rattraper Ferrari d’ici quelques années n’est plus vraiment une utopie. Par comparaison, sa voisine de Maranello (à une trentaine de kilomètres de Sant’Agata) a vendu 9251 bolides l’an dernier, générant un chiffre d’affaires certes plus élevé dans l’absolu à 3,42 milliards d’euros, mais en croissance de "seulement" 10%…

Quoi qu’il en soit les revenus de Lamborghini dépassent d’ores et déjà ceux d’Aston Martin Lagonda, le constructeur britannique introduit en Bourse l’an dernier, dont le chiffre d’affaires s’est élevé à 1,096 milliard de livres (un peu plus de 1,2 milliard d’euros au cours actuel), malgré des volumes supérieurs à 6.441 véhicules.

De quoi donner des idées au groupe Volkswagen, le propriétaire de Lamborghini depuis 1998, suppute Bloomberg Intelligence. Le bureau d’études affilié à Bloomberg estime, au vu du succès de l’Urus mais aussi dans la perspective du lancement l’an prochain d’une supercar à technologie hybride, que la société fondée en 1963 par Ferruccio Lamborghini pourrait prétendre à une valorisation de 11 milliards de dollars (près de 10 milliards d’euros).

Interrogé par Bloomberg, le groupe automobile a affirmé qu’aucune décision visant à modifier la structure d’Audi Group n’avait été prise.

Néanmoins, selon les analystes de Bloomberg Intelligence Michael Dean et Gillian Davis, l’ouverture du capital de Traton, la branche poids-lourd de VW (MAN, Scania) pourrait ouvrir la voie à de nouvelles évolutions de la structure complexe du groupe allemand, "ce qui selon nous passerait par une introduction en Bourse de Lamborghini".

Rappelons qu’Audi Group est une entité contrôlée par Volkswagen (lui-même détenu au plus haut niveau par la holding des familles Piëch et Porsche, Porsche SE) qui en tant que telle comprend la marque Audi AG, mais aussi Lamborghini, Ducati et enfin Italdesign, le célèbre bureau de style turinois créé par Giugiaro qui dessina, entre autres, la première Volkswagen Golf, la Renault 19 ou l’Audi 80. Racheté en 2010, Italdesign œuvre aujourd’hui pour des projets internes au groupe allemand.

Le club des constructeurs de voitures de sport cotés est à ce jour très fermé. Les deux principaux, Ferrari et Aston Martin, connaissent des trajectoires quasi opposées. L’Italien, qui a confirmé son objectif d’une hausse des cash-flows cette année lors de son point semestriel, est valorisé près de 36 milliards d’euros.

Au contraire, Aston Martin Lagonda a fortement déçu depuis son IPO. Menacée par le Brexit, la firme britannique a revu en baisse son objectif de production 2019 (de 7200 à 6400 véhicules) et des analystes commencent à pronostiquer la nécessité d’un prochain refinancement. La société ne vaut plus qu’un milliard de livres actuellement.

Guillaume Bayre - ©2021 BFM Bourse
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