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Vivendi : Le rachat d'Havas par Vivendi dans le viseur de l'AMF

(Tradingsat.com) - L’autorité des marchés financiers s’interroge sur la concomitance du rachat d’Havas par Vivendi et des mauvais résultats du groupe de publicité annoncés il y a dix jours.

Y a-t-il eu un délit d’initiés lors du rachat d’Havas par Vivendi? C’est la question qui plane depuis une semaine et la publication des mauvais résultats du groupe de publicité au deuxième trimestre. Il y a dix jours, Havas a renoncé à son objectif de croissance annuelle après une chute de 30% de son bénéfice au deuxième trimestre. Une alerte sur résultats qui intervient alors que Vivendi a présenté mi-mai un projet de rachat du géant de la pub de 3,9 milliards d’euros en cash. Une déconvenue qui sème le trouble alors que le groupe Bolloré est actionnaire des deux entreprises. Il contrôle Havas à 60% et détient 20% de Vivendi. À la fois acheteur et vendeur, Bolloré avait-il connaissance des informations sur la dégradation de l’activité d’Havas lorsqu’il a proposé son rachat?

"Il n’y a aucun lien entre les deux événements financiers" promet une source proche d’Havas. Pourtant, deux dirigeants d’Havas, le PDG Yannick Bolloré et Dominique Delport, siègent au conseil de Vivendi. "Ils se sont abstenus de voter pour le rachat d’Havas lors du conseil du 11 mai, justifie-t-on chez Vivendi, tout comme Vincent Bolloré". Pour autant, le calendrier de l’OPA est optimal: la vente d’Havas se fait à 9,25 euros, son cours le plus haut. Un niveau maintenu grâce à l’OPA alors que les analystes estiment désormais qu’il devrait être inférieur de 10% à cause de l’alerte sur résultats. "Le prix de l’offre reste raisonnable" se contente-t-on de répondre chez Vivendi. "Les actionnaires minoritaires peuvent penser que Vivendi paie trop cher" reconnaît une source proche du groupe.

Proxinvest s’interroge aussi

Quoi qu’il en soit, la concomitance des opérations n’a pas échappé à l’autorité des marchés financiers. Selon nos informations, l’AMF surveille de près le dossier. "Le calendrier de l’annonce du rachat d’Havas et de l’alerte sur ses résultats est troublant, voire suspect, confie une source proche du gendarme boursier. On va regarder le sujet". Pour le moment, aucune enquête n’est ouverte. Contacté, l'autorité des marchés financiers n'a pas souhaité commenter. Le doute s’installe aussi chez les investisseurs. "Il y a de quoi avoir des interrogations sur le calendrier de l’opération, explique Loïc Dessaint, directeur général de la société de conseil aux investisseurs Proxinvest. C’est un sujet sensible sur lequel seule l’AMF peut se pencher".

D’autant que la transparence des sociétés cotées impose que les alertes sur résultats soient communiquées aux marchés dès que possible. En interne, Havas a eu connaissance des mauvais chiffres du deuxième trimestre début juillet mais a attendu la publication de ses comptes le 25 août pour renoncer à ses objectifs. Pourtant, un cadre du groupe reconnait que la "dégradation a été observée mois après mois durant le deuxième trimestre", et pas du jour au lendemain. Un autre dirigeant va même plus loin: "On voit la première alerte au premier trimestre et on sait depuis six mois que l’activité va ralentir". Pourtant, l’objectif de croissance d’Havas pour 2017 est alors confirmé fin avril. "On peut se demander si cela a été fait pour maintenir le cours de Bourse au plus haut" ajoute Loïc Dessaint.

D’autant que la tendance était anticipée. Dès fin 2016, des grands annonceurs américains comme Procter & Gamble ont fait savoir qu’ils demanderaient des baisses de prix de leurs campagnes publicitaires. "Vincent Bolloré a décidé avant Noël 2016 qu’il lancerait le rachat d’Havas pour les résultats du premier trimestre de Vivendi" assure un de ses proches. Manière de dire que l’opération n’a pas été accélérée mais bien prévue de longue date. Ce que dément Vivendi: "Nous avons commencé à travailler sur le rachat d’Havas après l’assemblée générale du 25 avril" assure la direction. Ensuite le calendrier s’enchaîne. Vivendi annonce son offre sur Havas le 11 mai et signe le rachat des 60% détenus par le groupe Bolloré moins de quatre semaines après, le 6 juin. Le groupe évoque alors des "incertitudes" sur le marché de la publicité, sans en dire davantage. Une précaution un peu légère que Vivendi devra sans doute préciser.

Par la rédaction de BFM Business


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