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Vivendi : La mauvaise trajectoire boursière d'UMG et une baisse de l'activité chez Gameloft pèsent sur les comptes de Vivendi qui recule en Bourse

Aujourd'hui à 10:14
Vivendi recule en Bourse après ses comptes

(BFM Bourse) - La société de portefeuille a dévoilé un repli de ses comptes du premier semestre, pénalisés par les mauvaises performances de l'éditeur de jeux vidéo Gameloft sur la période. La valeur du portefeuille a aussi pâti de la forte baisse de l'action UMG, son actif le plus important.

Depuis sa scission en décembre 2024 avec Canal+, Havas et Louis Hachette Group, Vivendi est désormais une société de portefeuille, gérant de nombreuses participations minoritaires. Seul l'éditeur de jeux vidéo Gameloft est désormais consolidé dans ses comptes.

Or, les performances contrastées de l'éditeur de jeux vidéo ont pénalisé les comptes du premier semestre de Vivendi. Le chiffre d'affaires semestriel de Vivendi atteint 140 millions d'euros, en repli de 3,5% en données publiées et de 6,4% sur une base comparable.

Des résultats mitigés pour Gameloft

L'activité du groupe a pâti de la baisse d'activité de Gameloft, dont le chiffre d'affaires a reculé de 6,1% à taux de change et périmètre constants, du fait d'un effet de saisonnalité défavorable, les lancements de jeux et mises à jour majeures étant concentrés sur le deuxième semestre. Vivendi met aussi en cause "un marché des jeux vidéo sous forte tension".

Un peu plus bas dans les comptes, le résultat opérationnel ajusté (Ebita) du groupe chute à 4 millions d'euros au premier semestre 2026 contre 18 millions d'euros sur les six premier mois de l'année 2025. Cette ligne de compte a été plombée par les coûts liés à la rupture conventionnelle collective mise en œuvre au siège du groupe pour 21 millions d'euros.

Retraité de ces frais non-récurrents, l'Ebita ressortirait à 25 millions d'euros en amélioration de 7 millions d'euros, à la faveur d'une baisse des frais de structure. Vivendi précise qu'il "poursuit l'adaptation des frais de structure de son siège avec une baisse des frais récurrents de 13,8%".

L'Ebita de Gameloft a progressé de 10,1% sur un an à 9 millions d'euros grâce à un strict contrôle des dépenses.

A fin juin 2026, le bénéfice net part du groupe de Vivendi atteignait 28 millions d'euros sur les six premiers mois de 2026, contre 30 millions d'euros un an auparavant.

"Vivendi a publié des résultats mitigés au premier semestre, marqués par des progrès en matière de réduction des coûts du groupe et par les mauvaises performances de Gameloft", résume le bureau d'études indépendant Alphavalue.

Au 30 juin 2026, l'endettement financier net s'établissait à 1,59 milliard d'euros contre 1,5 milliard d'euros à fin mars. Vivendi attribue cette hausse de l'endettement à l'acquisition fin mars pour 10 millions d'euros du Pôle luxe de Prisma Media, qui porte désormais le nom de V Collection ainsi qu'au versement du dividende au titre de l'exercice 2025.

"Le processus de désendettement n'a guère progressé", remarque le bureau d'études indépendant.

Un portefeuille de participations affecté par la baisse d'UMG

Concernant la valeur du portefeuille de ses participations dans des entreprises cotées, celle-ci atteignait 4,77 milliards d'euros à fin juin 2026 contre 5,53 milliards au 31 décembre 2025. Elle a même reculé à 4,1 milliards d'euros à fin août, en raison de la forte dégradation du cours de bourse d’UMG dont Vivendi détient une participation de moins de 10%, et qui constitue de loin son actif le plus important.

Sa participation dans UMG vaut actuellement 3,33 milliards d'euros soit bien davantage que l'ensemble de sa propre capitalisation boursière d'1,52 milliard d'euros.

Depuis le début de l'année, l'action UMG perd plus de 35% à la Bourse d'Amsterdam.

Le 31 juillet, la maison de disques avait connu une séance cauchemardesque en Bourse. Son action avait alors chuté de 25,4%, sanctionnée après la publication de comptes décevants au deuxième trimestre. La claque prise par UMG en Bourse a aussi atteint Vivendi, qui avait alors plongé de 19,5% vendredi 31 juillet.

"Le placement d’une importante participation par Pershing Square a également pesé ponctuellement sur le titre en juin", ajoute Antoine Fraysse-Soulier, responsable de l'analyse des marchés pour etoro.

En tenant compte de Gameloft, de V Collection et de la participation de 13,58% dans Prisma Group ainsi que des actions d'autocontrôle, la valeur globale du portefeuille d'investissement s'élève à 5,12 milliards d'euros au 30 juin 2026, contre 5,88 milliards d'euros au 31 décembre 2025.

Étant désormais une société de portefeuille d'investissements, Vivendi met aussi en avant dans ses publications son Actif net réévalué (l'ANR), soit, pour simplifier, une mesure comptable des fonds propres, à la manière d'autres sociétés d'investissement comme Eurazeo et Wendel.

L'ANR est déterminé en calculant à part la valeur de chaque actif et passif de la société puis en faisant la somme, l'endettement étant soustrait à l'actif brut pour donner l'actif net.

"L'ANR du portefeuille global au 31 août atteint 2,809 milliards d'euros, rapporté au nombre de titres donne un ANR/action à 2,82 euros à comparer à un cours de 1,60 euro", détaillent les analystes d'Allinvest Securities. Ce qui traduit une importante décote de près de 57%.

Les analystes d'Alphavalue tablaient la veille sur une réaction légèrement négative du titre, notamment en raison des résultats mitigés de Gameloft. Effectivement, la copie semestrielle livrée par Vivendi ne remporte pas l'adhésion des investisseurs, avec un titre qui recule de plus de 4% vers 10h30 ce vendredi 4 septembre à la Bourse de Paris.

"Le principal catalyseur pour le titre sera désormais l’actualité concernant une éventuelle amende infligée par la Commission européenne au sujet de l’acquisition de Lagardère", remarque Alphavalue.

Le bureau d'études rappelle que Vincent Bolloré a logiquement (au vu de la décision antérieure de la Cour de cassation) obtenu gain de cause en deuxième instance devant la Cour d’appel de Paris, celle-ci ayant estimé qu’il n’y avait pas de contrôle de fait sur Vivendi et qu’il ne serait donc pas tenu de racheter les actions des actionnaires minoritaires de Vivendi.

Le bureau d'études réitère donc sa position prudente sur le titre, car la décote actuelle par rapport à la valeur d’actif net n’offre pas, selon lui, une marge suffisante pour compenser les lacunes en matière de gouvernance.

"Vivendi tente parallèlement de reconstruire un périmètre opérationnel autour des médias premium avec V Collection et sa participation dans Prisma Group. Ces investissements restent toutefois modestes. Le groupe devient plus léger et plus efficace, mais son principal défi reste inchangé, à savoir réduire la décote de holding et mieux valoriser ses participations, sans dépendre presque exclusivement de la trajectoire boursière d’UMG" remarque pour sa part, Antoine Fraysse-Soulier.

Sabrina Sadgui - ©2026 BFM Bourse
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