(BFM Bourse) - La maison de disques a publié une croissance décevante du streaming payant au deuxième trimestre, ce qui provoque une dégringolade de son action à Amsterdam. Cette baisse se répercute sur Vivendi, dont la participation de 10% dans UMG constitue de loin l'actif le plus important.
Sacrée fausse note pour Universal Music Group (UMG). La maison de disques qui compte dans son écurie nombre de grands artistes, tels que Taylor Swift, Kendrick Lamar, Snoop Dogg, Sting, s'effondre de 24,24% à la Bourse d'Amsterdam, où la société est cotée depuis l'automne 2021.
UMG subit la foudre du marché après avoir livré des résultats du deuxième trimestre décevants.
Sur la période allant d'avril à juin, le groupe a publié des revenus tirés des abonnement streaming en progression de 13,3% hors effets de changes en incluant la consolidation de Downtown, un label spécialisé dans le hip hop et racheté en février par UMG. En excluant cette opération, la croissance hors changes s'est inscrite à 6,4%.
Le résultat brut d'exploitation (Ebitda) a reculé de 0,2% hors variations de périmètre à 610 millions d'euros.
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Olivia Rodrigo à la rescousse?
Selon UBS, le groupe a largement manqué les attentes, les analystes tablant sur une croissance des revenus du streaming hors Downtown de 9,3% tandis que le résultat brut d'exploitation était attendu à 703 millions d'euros.
Sur l'ensemble du premier semestre, le résultat opérationnel hors acquisition de Downtown a reculé de 0,8% à 901 millions d'euros tandis que le flux de trésorerie a été divisé par huit à 24 millions d'euros.
"Nous nous attendons à ce que les investisseurs se concentrent sur le ralentissement de la croissance des abonnements, les révisions à la baisse significatives de l'Ebitda et la baisse de la génération de flux de trésorerie disponibles. À ce titre, ces résultats risquent fort de renforcer l'argument baissier selon lequel la croissance d'Universal Music Group a un effet de plus en plus dilutif sur les rendements", tranche UBS.
Oddo BHF reconnaît que le deuxième trimestre est décevant mais considère que le troisième trimestre devrait "se normaliser et surprendre positivement" grâce aux récentes sorties des albums d'Olivia Rodrigo et de Drake.
"La faiblesse du deuxième trimestre est présentée comme liée à des effets de calendrier, de parts de marché et de comparaison, tandis que la dynamique de parts de marché serait meilleure à l’entrée du troisième trimestre", développe le courtier.
En attendant, l'action UMG prend le bouillon. Ce qui ne fait guère les affaires de Vivendi, qui plonge de 18,5% à la Bourse de Paris vers 14h30 ce vendredi 31 juillet.
Rappelons que Vivendi avait introduit en Bourse UMG à Amsterdam en 2021 dans le cadre d'une cession-distribution à ses actionnaires.
Décote de holding
La société dont le groupe Bolloré détient un peu moins de 30% du capital possède toujours 9,9% du capital d'UMG.
Or cette participation constitue de loin le plus important actif de Vivendi. Au 20 avril, dernier point communiqué par l'entreprise, les quelque 9,9% détenus par le groupe dans UMG valait 3,7 milliards d'euros, ce qui représente 71% du portefeuille de participations cotées de la société, qui comprend aussi 19% de Banijay, 15,92% de MediaforEurope ou encore 11,19% de l'espagnol Prisa.
Rappelons qu'en dehors de l'éditeur de jeux vidéo Gameloft, Vivendi, depuis sa scission avec Canal+, Havas et Louis Hachette Group, ne possède pas d'activité en propre, et reste une société de portefeuille avec des participations minoritaires.
Sa participation dans UMG vaut actuellement 2,7 milliards d'euros soit bien davantage que l'ensemble de sa propre capitalisation boursière d'1,635 milliard d'euros.
Ce paradoxe s'explique par l'énorme décote de holding dont pâtit Vivendi, à hauteur de quasiment 50% de sa valeur comptable, selon une note de Barclays du 8 juillet.
De nombreuses raisons expliquent l'existence de ce type de décote chez des sociétés disposant de participations minoritaires dans de nombreux groupes.
L'absence de synergies entre les activités en est une, de même que les frais de fonctionnement, la faible liquidité des participations (notamment dans les groupes non cotés) ou encore les "frottements fiscaux" liés à l'imposition des plus-values en cas de cession d'actifs. Autre cause : "l’impossibilité pour l’investisseur de procéder à des arbitrages au sein des actifs détenus par la holding", expliquait le cabinet Finexsi en 2024. Plus généralement, la perception du marché peut amener ces décotes à se creuser ou à se réduire.
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