(BFM Bourse) - L'éditeur de jeux vidéo a drastiquement révisé à la baisse ses prévisions pour l'exercice actuel.
Ubisoft va de Charybde en Scylla sur son exercice actuel. Après avoir connu un épisode rocambolesque avec ses comptes semestriels – qui avaient été décalés sans donner de raisons dans un premier temps – l'éditeur de jeux vidéo émet un lourd avertissement sur résultats ce mercredi 21 janvier.
Le groupe a drastiquement abaissé ses perspectives pour l'exercice 2025-2026 clos en mars prochain.
L'entreprise table sur des "net bookings", c'est-à-dire le chiffre d'affaires retraité de certains éléments, de 1,5 milliard d'euros, alors que la société visait précédemment un montant stable sur un an, c'est-à-dire autour de 1,846 milliard d'euros.
La société anticipe par ailleurs une perte opérationnelle d'environ 1 milliard d'euros alors qu'elle visait un chiffre "proche de l'équilibre" auparavant.
Par ailleurs, Ubisoft s'attend à brûler entre 400 millions et 500 millions d'euros de trésorerie sur l'exercice alors que le groupe évoquait simplement une variation de trésorerie "négative", précédemment.
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Six jeux annulés
La société franco-canadienne cite plusieurs éléments expliquant le violent abaissement de ces objectifs.
Le groupe mentionne "la modification du 'pipeline' de sorties du trimestre en cours à la suite de la mise à jour de la feuille de route".
Ubisoft explique avoir arrêté le développement de six jeux dont celui d'un titre phare, le remake du jeu "Pince of Persia: The Sands of Time", qui était sorti en 2003.
"En parallèle, le groupe accordera un temps de développement supplémentaire à sept jeux afin de garantir l’atteinte de standards de qualité renforcés et de maximiser la création de valeur à long terme", a ajouté l'entreprise.
"Cela inclut le titre non annoncé initialement prévu pour l’exercice clos en mars 2026, qui a été reporté à celui clos en mars 2027", ajoute Ubisoft.
L'entreprise explique être confrontée à "un environnement de marché durablement plus sélectif" pour justifier ces décisions.
Les annulations et reports de jeux contraindront le groupe à passer une dépréciation de 650 millions d'euros au niveau du résultat opérationnel.
Un "profit warning" plus lourd que redouté?
Le "profit warning" d'Ubisoft est également dû à la "décision de reporter les négociations de certains partenariats dans le contexte de la refonte du modèle opérationnel du groupe", ajoute la société fondée par les frères Guillemot.
Ubisoft a annoncé ce mercredi une réorganisation en cinq entités dites "maisons de création". Par exemple la première, Vantage Studios, sera dédiée aux franchises majeurs (Assassin's Creed, Fary Cry Rainbow Six), une autre aux jeux de tir, un autre aux "mondes immersifs" (Prince of Persia Rayman), etc...
"Le recentrage du portefeuille aura un impact significatif sur la trajectoire financière à court terme du Groupe, notamment sur les exercices 2026 et 2027, mais cette refonte renforcera Ubisoft et lui permettra de renouer avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste", veut croire Yves Guillemot, le directeur générale de la société, cité dans un communiqué.
Dans les faits, les analystes ne s'attendaient pas à ce qu'Ubisoft tiennent ses objectifs. Notamment parce que les ventes du dernier jeu phare du groupe, "Assassin's Creed Shadows" n'avaient pas été transcendantes.
"Malgré des débuts apparemment prometteurs, le jeu se serait vendu bien en deçà des attentes, avec seulement 4,3 millions d'exemplaires écoulés depuis son lancement le 25 mars (selon Alinea Insights)", expliquait Deutsche Bank en novembre.
"Cela représente un ralentissement important par rapport aux 3 millions d'exemplaires vendus lors de la première semaine (qui étaient clairement liés aux précommandes des fans inconditionnels) et une performance nettement inférieure à celle d''Assassin's Creed Mirage' (5 millions en 3 mois)", poursuivait la banque.
"Au cours des six dernières années, Ubisoft a manqué ses prévisions initiales (…) en matière de 'net bookings' et de résultat opérationnel hors IFRS cinq fois sur six", notait pour sa part Barclays en décembre.
Pour autant, les analystes ne retenaient pas des chiffres aussi mauvais que ceux indiqués par la société.
Barclays retenait des "nets bookings" de 1,7 milliard d'euros et UBS était sur le même chiffre. Or Ubisoft a , donc, évoqué un chiffre de 1,5 milliard d'euros.
Face à ces difficultés, Ubisoft a décidé de serrer davantage les coûts. Son programme d'économies de 100 millions d'euros (en coûts fixes) "sera entièrement réalisé d’ici mars 2026, soit un an avant l’objectif initial fixé à l’exercice 2026-27", assure le groupe.
L'entreprise va engager une troisième et dernière phase de son programme en se fixant un nouvel objectif de réduction de sa base de coûts fixes d’au moins 200 millions d’euros supplémentaires sur les deux prochaines années.
L'entreprise indique par ailleurs avoir généré des "net bookings" d'environ 330 millions d'euros au troisième trimestre de son exercice 2025-2026, contre 305 millions d'euros initialement prévu, grâce à des partenariats.
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