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Ubisoft entertain : Avec un énième (et conséquent) avertissement sur résultats, Ubisoft s'est effondré de 39,8% en Bourse, la plus forte chute de son histoire

Aujourd'hui à 18:05
Ubisoft chute en Bourse

(BFM Bourse) - L'éditeur de jeux vidéo sombre en Bourse ce jeudi 22 janvier après avoir drastiquement abaissé ses prévisions financières pour son exercice clos en mars prochain.

"GAME OVER" pour Ubisoft en Bourse? L'éditeur de jeux vidéo, source récurrente de déceptions pour les investisseurs depuis plusieurs années, s'effondre à Paris, après avoir émis un avertissement sur résultats colossal la veille. Oddo BHF parle d'ailleurs, dans une note, d'un "méga profit warning".

L'action a plongé de 39,83% ce jeudi 22 janvier. Selon les données d'investing.com, il s'agit de la plus forte baisse du titre depuis son introduction en Bourse, en 1996. La précédente plus forte baisse du titre datait du 16 octobre 2013 (-26,15%).

Après la clôture mercredi soir, l'entreprise franco-canadienne a annoncé sa réorganisation en cinq "maisons de créations", chacune d'entre elles gérant des licences ou des types de jeux particuliers.

La société a surtout profité de l'occasion pour tailler à la hache ses objectifs financiers pour l'exercice 2025-2026, clos en mars prochain.

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Annulations de jeux

L'entreprise table sur des "net bookings", c'est-à-dire le chiffre d'affaires retraité de certains éléments, de 1,5 milliard d'euros, alors que la société visait précédemment un montant stable sur un an, c'est-à-dire autour de 1,846 milliard d'euros.

La société anticipe par ailleurs une perte opérationnelle d'environ 1 milliard d'euros alors qu'elle visait un chiffre "proche de l'équilibre" auparavant.

Par ailleurs, Ubisoft s'attend à brûler entre 400 et 500 millions d'euros de trésorerie sur l'exercice alors que le groupe évoquait simplement une variation de trésorerie "négative", précédemment.

Plusieurs éléments expliquent le "profit warning" passé par l'entreprise. Le groupe cite "la modification du 'pipeline' de sorties du trimestre en cours à la suite de la mise à jour de la feuille de route".

Ubisoft a décidé d'arrêter le développement de six jeux dont celui d'un titre phare, le remake du jeu "Prince of Persia: The Sands of Time", qui était sorti en 2003.

"En parallèle, le groupe accordera un temps de développement supplémentaire à sept jeux afin de garantir l’atteinte de standards de qualité renforcés et de maximiser la création de valeur à long terme", a ajouté l'entreprise.

"Cela inclut le titre non annoncé initialement prévu pour l’exercice clos en mars 2026, qui a été reporté à celui clos en mars 2027", ajoute Ubisoft.

Les analystes n'y croyaient pas et ils sont quand même déçus

L'entreprise explique être confrontée à "un environnement de marché durablement plus sélectif" pour justifier ces décisions.

Les annulations et reports de jeux contraindront le groupe à passer une dépréciation de 650 millions d'euros au niveau du résultat opérationnel.

En sus, l'entreprise a indiqué avoir "reporté les négociations de certains partenariats".

Ubisoft a un "track record" (un bilan) abominable en matière de respect de ses objectifs financiers.

"Au cours des six dernières années, Ubisoft a manqué ses prévisions initiales (…) en matière de 'net bookings' et de résultat opérationnel hors IFRS cinq fois sur six", soulignait d'ailleurs Barclays en décembre. Ce qui explique aisément la chute de l'action de 92,22% en cinq ans. Et dire qu'Ubisoft tapait sérieusement aux portes du CAC 40 en 2018…

D'ailleurs, les analystes ne s'attendaient clairement pas à ce que le groupe respecte ses objectifs. Mais l'avertissement sur résultats s'avère plus conséquent qu'ils le redoutaient.

À titre d'exemple, UBS et Barclays tablaient sur des "net bookings" de 1,7 milliard d'euros pour l'exercice 2025-2026 soit quand même nettement plus que la nouvelle cible de 1,5 milliard d'euros d'Ubisoft.

Par ailleurs, le consensus (la prévision moyenne des analystes) retenait un décaissement de trésorerie de 239 millions d'euros quand le groupe prévoit de brûler entre 400 et 500 millions d'euros de cash.

Baisse des coûts

Ubisoft a notamment pâti, au cours des derniers mois, des ventes pas franchement transcendantes d'"Assassin's Creed Shadows", son dernier "AAA" (les blockbusters du jeu vidéo).

"Malgré des débuts apparemment prometteurs, le jeu se serait vendu bien en deçà des attentes, avec seulement 4,3 millions d'exemplaires écoulés depuis son lancement le 25 mars (selon Alinea Insights)", expliquait Deutsche Bank en novembre.

"Cela représente un ralentissement important par rapport aux 3 millions d'exemplaires vendus lors de la première semaine (qui étaient clairement liés aux précommandes des fans inconditionnels) et une performance nettement inférieure à celle d''Assassin's Creed Mirage' (5 millions en 3 mois)", poursuivait la banque.

Certes, la société va activer le levier des coûts pour défendre du mieux possible sa rentabilité.

Ubisoft a annoncé que son programme d'économies de 100 millions d'euros (en coûts fixes) "ser(ait) entièrement réalisé d’ici mars 2026, soit un an avant l’objectif initial fixé à l’exercice 2026-27".

L'entreprise va engager une troisième et dernière phase de son programme en se fixant un nouvel objectif de réduction de sa base de coûts fixes d’au moins 200 millions d’euros supplémentaires sur les deux prochaines années.

Un "big reset"

Cela fait quand même bien peu au regard des récentes et nombreuses déceptions opérationnelles de la société. Et les analystes ne sont pas optimistes pour la suite.

"Nous pensons que leur approche consistant à abandonner certains projets et à travailler dur sur les coûts est la bonne, mais cela n'empêche pas que ce 'reset' (une remise à plat des attentes, NDLR) ait un impact très significatif sur les progrès à court terme, ce qui sera bien sûr une source de préoccupation pour les investisseurs", écrit Barclays.

"Il est également vrai que l'exécution est remise en question depuis plusieurs années chez Ubisoft. Il serait peut-être possible d'améliorer l'exécution en se concentrant sur un nombre réduit de projets de jeux et en disposant de cinq studios créatifs dotés d'une direction ciblée, mais nous ne pensons pas que les investisseurs accorderont une grande confiance à cette stratégie avant de voir un succès significatif issu de ce nouveau processus", poursuit la banque britannique.

"Il s’agit d’un 'big reset' pour Ubisoft (…) il faudra attendre au moins trois ans pour que la nouvelle organisation permette au groupe de retrouver sa capacité à lancer régulièrement des jeux à succès, renouant avec une croissance durable et une génération de trésorerie robuste", assène Oddo BHF.

En attendant, malgré un cours de Bourse au plus bas le bureau d'études confirme son opinion à "sous-performance" sur le titre.

"La perspective d’un retour à une génération de cash nous semble lointaine et la structure financière devrait de nouveau être fragilisée à court terme", abonde TP ICAP Micap. Le bureau d'études évoque notamment l'arrivée à échéance d'un emprunt obligataire de 675 millions d'euros en novembre 2027.

Échaudé par cette nouvelle déception, TP ICAP Midcap a abaissé sa recommandation à "vente" contre "conserver" auparavant.

"Ubisoft a 675 millions d'euros d'obligations arrivant à échéance fin 2027, alors que nous ne prévoyons pas de retour à un flux de trésorerie disponible positif avant l'exercice 2030, ce qui souligne le risque de refinancement sur cette période", appuie, sur ce dernier point, UBS.

Selon Pitchbook LCD, une division de Morningstar spécialisée dans l'analyse crédit, cette obligation d'Ubisoft plonge sur le marché secondaire (celui où les investisseurs s'échangent entre eux les titres de dette).

L'obligation cote avec avec un ratio demande/offre de 86/89,5 contre 92,5/93,5 précédemment, d'après les données de Tradeweb citées par l'intermédiaire financier.

Pour rappel, le prix d'une obligation est coté en fonction de sa valeur nominal. Si ce prix dépasse 100, elle s'échange avec une prime, s'il est inférieur, elle s'échange avec une décote.

Lors de la conférence téléphonique organisée, mercredi soir, "Ubisoft a déclaré aux investisseurs qu'il allait examiner différentes options de refinancement au cours des 18 prochains mois, notamment la vente d'actifs pour rembourser sa dette. Ubisoft a déclaré qu'il était 'trop tôt pour partager' les détails avec les investisseurs", rapporte Pitchbook LCD.

Julien Marion - ©2026 BFM Bourse
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